<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913</id><updated>2012-01-29T17:58:04.505+01:00</updated><title type='text'>S'entendre ?</title><subtitle type='html'>...plus de cent ans après...les signes gestuels ne disparaîtront jamais...</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>25</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-2605230694889733397</id><published>2007-03-14T20:16:00.001+01:00</published><updated>2007-03-14T20:16:52.961+01:00</updated><title type='text'>Introduction</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;Quand on a coupé la parole aux Sourds.... &lt;br /&gt;Quand on a décidé d'imposer le choix d'une éducation, &lt;br /&gt;il y avait plusieurs raisons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'abord à cette époque-là, &lt;br /&gt;on était au seuil du totalitarisme.... &lt;br /&gt;On voulait créer une race de personnes intelligentes.... &lt;br /&gt;Ensuite, on disait que les Sourds ne pouvaient "entendre" la parole de Dieu... &lt;br /&gt;Par la suite, on a dit que la Langue des Signes était un vecteur de la tuberculose,&lt;br /&gt; car la plupart des sourds étaient issus des classes sociales défavorisées....&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a dit plein de choses idiotes, &lt;br /&gt;mais je crois qu'il y avait aussi d'autres raisons &lt;br /&gt;qui ont été à la base de conflits entre les sourds et les entendants. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La décision d'interdire aux sourds le droit à l'éducation en Langue des Signes et à la parole est non seulement une décision éducative, mais surtout une décision scientifique appuyée par les mandataires politiques qui ont cautionnés les décisions de Milan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme le dit souvent &lt;strong&gt;Bernard le Maire&lt;/strong&gt;, c'est pour les Sourds : l'un des pires crimes contre l'humanité. &lt;br /&gt;Pendant 100 ans, des milliers de Sourds ont été privés d'une éducation adaptée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;strong&gt;Maurice Hayard&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Source : &lt;a href="http://www.ffsb.be/forum/read.php?2,6139,6177#msg-6177"&gt;FFSB&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non, il n'y a pas de troisième monde. &lt;br /&gt;Il y a deux mondes, les Sourds et les entendants.&lt;br /&gt;Ceci, parce qu'on a interdit l'usage de la Langue des Signes au Congrès de Milan en 1880. &lt;br /&gt;On a interdit aux Sourds de recevoir une instruction appropriée, une instruction adaptée à leurs problèmes, on a appauvri cette langue et détruit une grande partie de leur Culture. &lt;br /&gt;Cette injustice, cette discrimination a causé bien des dégats dans tous les milieux de Sourds et malentendants, parce qu'ils ont perdu une bonne partie de leurs repères mais aussi parce que cette décision idiote a rendu une grande majorité de Sourds doublements handicapés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si il n'y avait pas eu les ridicules décisions de Milan, nous serions probablement mieux instruits, nous aurions probablement des écoles supérieures et des universités adaptées, nous aurions certainement moins de problèmes d'information et nous trouverions plus facilement un emploi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant, il faut que tous, nous nous unissions pour que jamais plus cette histoire scandaleuse ne refasse surface. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous devons tout faire pour mettre sur pied des services d'information pluridisciplinaires où les Sourds auraient un rôle à jouer autant que les médecins, les experts et les pédagogues. Nous devons faire tout pour proposer une INFORMATION claire, objective et précise aux parents. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De nombreux Sourds sont mal dans leur peau parce qu'on leur à fait croire pendant toute leur éducation et leur scolarité que le mieux était d'être "entendant" pour être comme tout le monde. J'ai mal au coeur pour eux et je me bats pour que les générations futures ne connaissent jamais plus cette situation honteuse et dramatique pour beaucoup d'entre eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;strong&gt;Maurice Hayard&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Source : &lt;a href="http://www.ffsb.be/forum/read.php?1,3319,3434#msg-3434"&gt;FFSB&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Milan est loin? &lt;br /&gt;Peut-être, mais j'ai encore parlé avec des sourds adultes à qui on a lié les mains pour qu'ils ne signent pas... à mon fils qui n'a que 13 ans le centre de Montegnée a refusé d'apprendre les signes. &lt;br /&gt;L'éducation des enfants sourds est encore top pensée en termes d'intégration à la culture entendante. &lt;br /&gt;Il y a pas mal d'intérets économiques en jeu aussi. &lt;br /&gt;Si une reconnaissance de la langue des signes signifie que l'on va être enfin à l'écoute des demandes et des besoins réels des sourds, avec un accompagnement convenable et moins hypocrite que maintenant des parents en prise avec la surdité de leur enfant, cela va changer. &lt;br /&gt;Mais ne leur demandons pas de nous sauter dans les bras, il y a encore trop d'adultes ou d'enfants qui ont souffert de la politique précédente. &lt;br /&gt;C'est d'abord à nous, entendants, de prouver notre sincérité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonne journée&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;strong&gt;Lucienne Souka&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Source : &lt;a href="http://www.ffsb.be/forum/read.php?1,3319,3377#msg-3377"&gt;FFSB&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne serais pas étonnée, si une étude était sérieusement réalisée sur la réussite des enfants sourds en intégration, n’aboutissait sur le constat que les meilleures réussites viennent des enfants nés de familles sourdes. &lt;br /&gt;Nos enfants, nés de familles entendantes, ont besoin des écoles pour sourds, où ils retrouvent d’autres sourds, où ils seraient éduqués et non pas rééduqués. &lt;br /&gt;Ils auraient besoin d’y trouver des adultes sourds qui leur apprendraient qu’ils appartiennent à une communauté qui a une histoire, une culture, et ne sont pas simplement de petits handicapés, qui de toute façon qu’ils travaillent ou pas à l’école, auront une pension à l’âge adulte. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est content : la langue des signes est reconnue, et nos enfants ont une petite heure de LS par semaine (dans les écoles pour sourds !), et l’examen final consiste à signer les capitales du monde…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi n’y a-t-il pas de « consultant sourd » accompagnant les directeurs des écoles spéciales ? &lt;br /&gt;Pourquoi n’y a-t-il pas de sourds adultes dans les services ORL, pour accompagner les parents et leur expliquer ce qu’est un sourd et que leur enfant n’a pas nécessairement besoin des psychologues, kinés, médecins de toutes sortes pour évoluer normalement ? &lt;br /&gt;Pourquoi, à côté des documents édités à l’usage des parents d’enfant sourd par des entendants, n’y a-t-il pas sur les tables des services d’ORL, des livrets écrits par des sourds, présentant leur communauté, leur vie, leurs réussites… ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En intégration, seuls les plus intelligents, et/ou les mieux accompagnés réussissent. &lt;br /&gt;Et les autres ? &lt;br /&gt;Est-ce vraiment cela que vous voulez ? &lt;br /&gt;Cette triste copie de notre monde ? &lt;br /&gt;(...)&lt;br /&gt;Si au lieu de vous battre pour améliorer cet enseignement, vous vous résignez à ce que ces écoles disparaissent, ne craignez-vous pas de creuser la tombe de votre communauté ?&lt;br /&gt;Ne craignez-vous pas que votre langue et votre culture ne disparaissent avec elles ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus besoin de congrès de Milan. &lt;br /&gt;Cela se fera silencieusement, lentement et sûrement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A propos du mot culture : je trouve que c’est un des plus vilains mots de notre vocabulaire : il signifie à la fois enfermement et rejet. &lt;br /&gt;Enfermement des cultivés sur eux-mêmes et rejet des autres. &lt;br /&gt;37 ans de travail à l’université ont renforcé cette conviction. &lt;br /&gt;Bien à vous &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Lucienne Souka&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Source : &lt;a href="http://www.ffsb.be/forum/read.php?1,10855,10993#msg-10993"&gt;FFSB&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(...)Ce qui me paraît effarant, après avoir vu ce document [&lt;strong&gt;&lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/01/la-voix-au-chapitre.html"&gt;La voix au chapitre&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, diffusé dans &lt;a href="http://www.france5.fr/oeil-et-main/archives/24195747-fr.php"&gt;l'oeil et la main&lt;/a&gt;], c'est que le simple fait d'être riches, a permis aux &lt;strong&gt;Pereire &lt;/strong&gt;(dont je n'ai trouvé d'autre lien avec les sourds que leur ancêtre enseignant) d'influencer aussi radicalement l'éducation des enfants sourds. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceci amène une autre réflexion à propos de la culture sourde: mon fils à l'IRHOV de Liège a une heure de langue des signes par semaine. &lt;br /&gt;Entendons-nous, si la Communauté Française ne l'y obligeait, la direction se passerait volontiers de ce cours, qui malheureusement, selon eux, ampute d'une heure le cours de français. &lt;br /&gt;Ce cours est donné par un entendant. Aussi bon signeur soit-il, il n'a pas la sensibilité d'un adulte sourd, et du coup, au niveau de la transmission de la culture sourde, en particulier à des enfants sourds de parents entendants, ce n'est pas gagné. &lt;br /&gt;On dit que celui qui ne connaît pas sont histoire est condamné à la revivre. &lt;br /&gt;Aussi je ne comprends pas, qu’il n’y ait pas, parallèlement aux autres combats menés par l’élite sourde de Bruxelles, une exigence de l’enseignement de leur histoire à nos enfants. &lt;br /&gt;Et aussi à leurs parents. &lt;br /&gt;Avec le recul, je me dis que cela pourrait avantageusement remplacer l’armada de paramédicaux qui nous tournent autour et qui nous enfoncent dans le handicap plutôt que de nous en sortir. &lt;br /&gt;Bonne journée à tous. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Lucienne Souka&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Source : &lt;a href="http://www.ffsb.be/forum/read.php?2,10896,10921#msg-10921"&gt;FFSB&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Graham Bell&lt;/strong&gt; (1847-1922) a découvert le téléphone(...) mais ce n'était pas nécessairement pour faire écouter les sourds, mais surtout pour que les entendants se fassent entendre... &lt;br /&gt;Pour que le fils &lt;strong&gt;Bell &lt;/strong&gt;puisse se sentir compris de sa mère et de sa femme, toutes deux sourdes (explication psycho-machin ou pas, le fait est là)... &lt;br /&gt;La nuance est fine mais porte à conséquence : aucun respect de la personne sourde... juste un intérêt personnel de reconnaissance affective : "&lt;em&gt;me faire écouter, ma voix, ma pensée audible, me faire entendre -à tout prix- par la personne que j'aime&lt;/em&gt;" (et le "à tout prix" est cher à payer, encore aujourd'hui...) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa volonté de faire parler les sourds était forcément liée à sa lutte farouche contre leur langage naturel... la langue des signes... &lt;br /&gt;Il est à noter que &lt;strong&gt;Jacob Rodrigues Pereire &lt;/strong&gt;(et ses petits-fils) et &lt;strong&gt;Alexander Graham Bell&lt;/strong&gt; sont les plus ardents, les plus fortunés et les plus influents défenseurs de l'oralisme... à noter aussi que les uns tiennent les lignes de chemins de fer et l'autre les nouvelles lignes de téléphone... &lt;br /&gt;Nous noterons également que ce sont les &lt;strong&gt;Pereire &lt;/strong&gt;qui financent tous les participants -ainsi cooptés- au Congrès de Milan. &lt;br /&gt;Et nous remarquerons ironiquement que ces messieurs fortunés ont continué et continuent toujours de s'enrichir par générations successives... que l'entreprise de &lt;strong&gt;Bell &lt;/strong&gt;(appareillages et autres) continue notamment d'asservir les populations sourdes en les reléguant au rang d'assistés... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(ce fameux "contrôle du corps" bio-politique et techno-scientifique... voir le document "&lt;strong&gt;&lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/01/la-voix-au-chapitre.html"&gt;voix au chapitre&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;") &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut prétendre que &lt;strong&gt;Bell &lt;/strong&gt;est une sorte de bienfaiteur : il permettrait aux sourds d'entendre... mais il faut bien analyser les faits avant de prétendre une pareille chose... &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Bell&lt;/strong&gt;, qui est à l'origine de l'appareillage, était aussi un homme absolument irrespectueux de la langue des signes, pour ne pas dire de la personne sourde elle-même... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les sourds font ce qu'ils veulent, ils ont le droit de se faire appareiller ou implanter (si on leur laisse le choix)... seulement il y a des éléments du passé qui doivent être reconnus, et l'information doit circuler...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Exoseth&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Source : &lt;a href="http://www.ffsb.be/forum/read.php?1,10855,10920#msg-10920"&gt;FFSB&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A ce propos, il est intéressant de noter l'une ou l'autre chose. &lt;br /&gt;Il y a des tas d'éléments qui se recoupent... qui expliquent clairement ce qui s'est produit à l'époque et ce qui continue de se produire à d'autres niveaux aujourd'hui... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a eu beaucoup de fervents opposants à l'existence même des sourds et à la langue des signes... &lt;br /&gt;Pour moi, ce qui compte c'est de bien comprendre pourquoi les entendants se sont opposés à la libre expression des sourds... et même à leur existence... &lt;br /&gt;Ce qui m'importe également, c'est de bien voir les éléments-clés en action au XVIII et XIXème siècle, car leurs ombres se prolongent actuellement... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'âge d'or des sourds coïncide avec l'ouverture révolutionnaire des français... &lt;br /&gt;L'âge obscur du Congrès de Milan coïncide avec le renforcement des extrémismes, des totalitarismes et plus tard du nazisme... &lt;br /&gt;Les sourds auraient-ils été au premier rang d'une nouvelle sorte de guerre qui se préparait ou qui s'évissait déjà : l'imposition totalitariste d'un modèle idéal en matière de communication et d'éducation. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si la personne sourde ne correspond pas au modèle idéal, alors la disparition de sa culture, de sa communauté, de sa langue... et en fait sa disparition pure et simple ne représentent plus rien... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut bien analyser toutes ces informations... &lt;br /&gt;Certaines personnes voudraient nous faire croire qu'il n'y a aucun danger pour la communauté des sourds. &lt;br /&gt;J'ai vu que ce n'est pas le cas. &lt;br /&gt;Ce qu'il faut bien voir, c'est que les "acteurs" en place actuellement dans la guerre subtile (invisible) sont les héritiers et les continuateurs des événements du passé... &lt;br /&gt;Aujourd'hui, je ne cesse de le dire, ils ont la main mise sur "le contrôle du corps" par l'entremise des techno-sciences. Et l'idée qu'on peut "guérir" complètement les hommes de la surdité va devenir de plus en plus présente. Autrement dit, et selon eux, l'éradication pure et simple d'une maladie : la surdité. &lt;br /&gt;Pour les sourds, ces mots choquent et signifient clairement qu'ils agissent comme des génocidaires. &lt;br /&gt;Tout ce qui se passe de nos jours n'est que la répétition du passé. &lt;br /&gt;(...)&lt;br /&gt;Je radicalise mon propos pour mettre en exergue certaines données... mais il ne s'agit pas non plus de diaboliser la "médecine" et les lobbies de la communication... il s'agit juste de mettre en lumière une certaine part de vérité dans les événements actuels... qui sont liés au passé et engendreront un futur A PARTIR DES DECISIONS QUE NOUS PRENONS AU PRESENT... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je dis peut-être une seule chose : les décisions que nous prenons au présent ne sont pas adéquates si nous n'avons pas compris le passé... et ces inadéquations provoqueront un futur en conséquence... &lt;br /&gt;C'est simple...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Exoseth&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Source : &lt;a href="http://www.ffsb.be/forum/read.php?1,10855,10913#msg-10913"&gt;FFSB&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est très important que l'histoire des sourds soit inclue dans les cours de LS proposés comme les cours options : il faut apprendre aux enfants sourds ce que les sourds ont fait dans le passé ; par exemple, entre 1830 et 1880, ce fut l'apogée de la culture des sourds avec le célèbre &lt;strong&gt;Ferdinand Berthier&lt;/strong&gt;... &lt;br /&gt;Les sourds d'autrefois devraient servir de modèles à ces enfants qui, devenus adultes plus tard, ne devraient pas se laisser abuser par les politiciens et administrateurs entendants comme cela qui est arrivé au congrès de Milan ...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Bernard le Maire&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Source : &lt;a href="http://www.ffsb.be/forum/read.php?2,6139,6188#msg-6188"&gt;FFSB&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour moi, notre histoire des sourds contient quatre points essentiels tels que :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Premier point :&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;création de la première école publique des sourds du monde, par l’Abbé &lt;strong&gt;de l’Epée &lt;/strong&gt;vers 1760.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Deuxième point :&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;congrès désastreux de Milan (1880), interdisant notre langue des signes et forçant l’oralisme pur : c’est la catastrophe pour notre culture des sourds.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Troisième point : &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;changement de mentalité ; on commence à comprendre la grande importance de notre langue des signes à partir de 1980 (après 100 ans de "silence" et d’oppression morale dans la vie des sourds).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Quatrième point : &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;reconnaissance officielle de notre langue des signes, en Belgique, le 21 octobre 2003 (avant-projet de décret relatif à cette reconnaissance reconnu le 4 juillet 2003) !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Bernard le Maire&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Source : &lt;a href="http://www.ffsb.be/forum/read.php?2,6086,6094#msg-6094"&gt;FFSB&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1880, c'était l'époque du nationalisme : on voulait faire la grande France bien forte : les dialectes comme le breton, le provençal... donc la LS devraient être supprimés pour être remplaçés par la belle langue française. De plus, la LS paraît trop difficile à apprendre pour les entendants. En bref, une sorte d'unification linguistique en France =&gt; influence politique&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1880, c'était l'époque de l'eugénisme : chacun devrait copier l'homme parfait donc le sourd doit prendre la peau de l'homme entendant, beau et intelligent etc ... Donc, le sourd devrait s'exprimer oralement comme un entendant =&gt; influence politique&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1880, toutes les écoles italiennes se sont déjà converties à l'oralisme pur depuis déjà longtemps : l'italien abbé &lt;strong&gt;Balestra&lt;/strong&gt;, le défenseur le plus fanatique de l'oralisme pur, en est la principale cause (...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De plus, le congrès de Milan a invité surtout ceux qui prônent l'oralisme et seulement, un seul sourd américain y a assisté (un sourd sur 200 ou 300 entendants !) et les sourds français brillants et cultivés comme &lt;strong&gt;Berthier&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Lenoir&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Pélissier&lt;/strong&gt;, etc., sont superbement ignorés... &lt;br /&gt;Vraiment une "parodie" de congrès et surtout une honte ! ... =&gt; influence éducative ...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Actuellement, la LS est heureusement remontée sur le podium mais on ne néglige pas l'oralisme (pas une obligation mais un des atouts des sourds)... &lt;br /&gt;De plus, les linguistiques s'intéressent fort bien aux dialectes et même au langage "codé" des sms !!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Bernard le Maire&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Source : &lt;a href="http://www.ffsb.be/forum/read.php?2,10896,10928#msg-10928"&gt;FFSB&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Causes du Congrès de Milan &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Epoque de l’Abbé de l’Epée (18è siècle) = Les Lumières&lt;br /&gt;(...)&lt;br /&gt;sous de l’Epée, tout le monde est très ouvert et curieux aux nouvelles découvertes dont par exemple notre belle langue des signes : donc la langue des signes était fort appréciée et avait beaucoup de succès à cette époque-là. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dr Paddy Ladd&lt;/strong&gt;, professeur (lui-même sourd) de la culture des sourds (= Deaf Studies) à Bristol : c’est lui qui a dit au 6è congrès international de l’histoire des sourds à Berlin que notre langue des signes est très proche de la nature alors que les langues orales sont considérées « artificielles »… &lt;br /&gt;De plus, &lt;strong&gt;Dr Ladd &lt;/strong&gt;a créé le mot « &lt;em&gt;deafhood &lt;/em&gt;» &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Epoque du Congrès de Milan =&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) Industrialisation = &lt;br /&gt;Aussi époque triste de l’émigration des paysans ruinés vers les villes, de la misère ouvrière … &lt;br /&gt;Les esprits sont beaucoup renfermés, structurés, rationnels contrairement à l’époque de la philosophie des lumières : le progrès technique apportera aux sourds, avec le début de l'appareillage, l'espoir de rejoindre en toutes choses le monde des entendants. &lt;br /&gt;L'industrialisation aussi va dans ce sens par son credo volontariste : le progrès technique apportera aux sourds, avec le début de l'appareillage, l'espoir de rejoindre en toutes choses le monde des entendants.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2) Contrôle du gouvernement : &lt;br /&gt;à partir de 1800 ,l'Etat subventionne les établissements pour sourds et y introduit des instances de contrôle. &lt;br /&gt;Vers le milieu du XIXè siècle, le nombre des écoles de sourds a grandi plus vite que celui des enseignants formés à la langue des signes. Les enseignants entendants ont toujours été majoritaires, mais l'éducation s'est trouvée de nouveau dominée par des gens n'ayant aucune attache avec la culture des sourds. Ces entendants n’ont pas le « courage » d’apprendre notre propre langue des signes considérée comme une langue étrangère pour eux …. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3) Médicalisation : &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dr Itard&lt;/strong&gt;, premier médecin ORL à St Jacques à Paris, a fait des expériences aussi ridicules qu’inutiles (et surtout douloureuses !!) : il a essayé de faire entendre les sourds en vain mais il a fait casser plusieurs tympans des sourds Sur le plan pédagogique, Itard a un objectif précis : il faut, pour leur plus grand bien, faire parler les sourds à tout prix en stimulant leurs restes auditifs. Il crée des classes d'enseignement de la parole. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a aussi dit que l’apprentissage de la parole et son usage constitueraient un élément prophylactique essentiel pour la santé même de l’élève sourd, que la mauvaise respiration et l’inaction des poumons prédisposeraient aux phtisies pulmonaires. L’angoisse de la phtisie pulmonaire, fléau majeur en cette fin de siècle, s’accompagne d’un intérêt particulier pour le souffle et d’une grande attention pour la respiration. L’articulation exercerait une influence salutaire sur la santé des élèves en donnant « &lt;em&gt;de la souplesse et de la vigueur aux poumons &lt;/em&gt;». L’air sera donc aussi au centre des nouvelles préoccupations en matière d’éducation des enfants sourds. (&lt;a href="http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=STA&amp;ID_NUMPUBLIE=STA_058&amp;ID_ARTICLE=STA_058_0021"&gt;source&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Conclusion : les sourds sont devenus des infirmes, des malades qu’il faut soigner, en bref des êtres inférieurs =&gt; les écoles des sourds ne seront plus contrôlés par le ministère de l’éducation mais par celui de la santé … &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4) Nationalisme : &lt;br /&gt;La poussée en faveur de l'instruction obligatoire pour tous, qui va aboutir à la loi de &lt;strong&gt;Jules Ferry&lt;/strong&gt;, appelle l'uniformisation des matériaux et méthodes d'éducation et l'étouffement des langues minoritaires comme le breton, le provençal … et donc la langue des signes !! Tout le monde doit parler en français pur en France = une sorte d'unification linguistique en France ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;5) C’était en 1883 que le terme de l'eugénisme est apparu : chacun devrait copier l'homme parfait donc le sourd doit prendre la peau de l'homme entendant, beau et intelligent, etc ... Donc, le sourd devrait s'exprimer oralement comme un entendant &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;6) En 1880, toutes les écoles italiennes se sont déjà converties à l'oralisme pur depuis déjà longtemps (cad vers 1870) : l'italien abbé &lt;strong&gt;Balestra&lt;/strong&gt;, le défenseur le plus fanatique de l'oralisme pur, en est la principale cause et veut même "imposer" l'oralisme pur dans toute l'Europe : il est parvenu à toutes ses fins au congrès de Milan !! &lt;br /&gt;Ses mots préférés sont : "Vive la parole ! Vive la parole !". &lt;br /&gt;Après cela, il est même allé prêcher l'oralisme pur en Argentine et y attrapa une maladie mortelle et y mourut mais on le considère comme un fou (plus exactement une personne gravement deséquilibrée)... &lt;br /&gt;En Italie (plus tard en Europe), on dit que "le sourd parle" mais en réalité, ce sont les malentendants qui sont désignés à répondre oralement aux questions des visiteurs émerveillés (beaucoup de politiciens ont visité les écoles des sourds italiens) tandis que les sourds profonds (= vrais sourds) sont mis en cachette au fond de l'école et vite oubliés... &lt;br /&gt;On ne comprenait pas bien la différence entre un sourd profond et un malentendant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notes supplémentaires : Comme directeur de l’école des sourds de Côme, Abbé &lt;strong&gt;Balestra &lt;/strong&gt;a réussi à imposer l’oralisme pur déjà vers 1854 et a même convaincu le directeur de l’école des sourds de Milan, l’abbé &lt;strong&gt;Tarra &lt;/strong&gt;(déjà âgé de 70 ans) d’abandonner la langue des signes (que ce dernier aimait particulièrement avant) au profit de l’oral pur !! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suite : influence des écoles oralistes allemandes et la mauvaise organisation du Congrès = très mauvais système de vote&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Bernard le Maire&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Source : &lt;a href="http://www.ffsb.be/forum/read.php?1,10855,10938#msg-10938"&gt;FFSB&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'après le livre de &lt;strong&gt;Claude Gerday &lt;/strong&gt;et de &lt;strong&gt;Valérie Thomas&lt;/strong&gt; : 255 personnes (157 Italiens, 67 Français, 12 Anglais, 8 Allemands, 6 Américains (dont un sourd), 1 Belge, 1 Canadien, 1 Norvégien, 1 Russe et un Suédois) ont participé au Congrès de Milan. &lt;br /&gt;Seulement cinq personnes ont voté contre la parole pure : trois Américains : Dr &lt;strong&gt;Edward Gallaudet&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Dr Thomas Gallaudet &lt;/strong&gt;(son frère) et &lt;strong&gt;Mr Denis &lt;/strong&gt;(sourd américain) et deux Anglais &lt;br /&gt;MAIS les Américains représentent 6000 élèves sourds donc beaucoup plus que l'ensemble des élèves sourds représentés par les congressistes européens : le système de vote est fort mauvais : comment résister aux 157 italiens férocemment oralistes et champions de l'éloquence (et aussi de la manipulation) ?? &lt;br /&gt;20 ans plus tard, &lt;strong&gt;Dr Edward Gallaudet &lt;/strong&gt;est revenu en Europe pour participer à un autre &lt;strong&gt;Congrès à Paris &lt;/strong&gt;et a très sévèrement critiqué ce système de vote (un vote par personne et non par nombre d'élèves représentés)... &lt;br /&gt;[Voir "&lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/01/paris-lchec-total-de-loralisme-pur.html"&gt;&lt;strong&gt;Le Contre-Pouvoir&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;"]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Revenons en 1880 : &lt;strong&gt;Edward Gallaudet &lt;/strong&gt;n'a jamais voulu supprimer la langue des signes à &lt;strong&gt;Gallaudet University &lt;/strong&gt;mais encourage plutôt deux systèmes : la LS et l'oral, d'après les décisions du Congrès de 1879. &lt;br /&gt;Mais vers 1920, toutes les écoles secondaires américaines ne permettent plus la LS mais &lt;strong&gt;Gallaudet University &lt;/strong&gt;ne laisse jamais tomber la LS américaine (= ASL) jusqu'à nos jours... &lt;br /&gt;Après 1880, tous les pays (la Suède y compris) interdissent la LS mais les enfants sourds peuvent utiliser la LS au dehors des cours, 20 ou 40 ans après : ce fut le cas dans l'école des sourds de Woluwe... &lt;br /&gt;Donc, je considère &lt;strong&gt;Gally &lt;/strong&gt;(= Gallaudet University) comme un oasis LS au milieu d'un désert oraliste : sans &lt;strong&gt;Gally&lt;/strong&gt;, comment la LS pourrait-elle renaître dans le monde ??? &lt;br /&gt;A noter qu'en 1960, l'ASL est déjà reconnue comme une vraie langue par &lt;strong&gt;Dr Stokoe &lt;/strong&gt;: [&lt;a href="http://gupress.gallaudet.edu/excerpts/SOSLpreface3.html"&gt;gupress.gallaudet.edu&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Suède s'est réveillée plus tôt (cad vers 1977) que nous et a pu avancer plus vite que nous... &lt;br /&gt;Mais, à mon avis, les Suédois ne mettent pas assez de poids sur l'apprentissage de la langue orale qui est plutôt un atout pour nous, les sourds ...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Bernard le Maire&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Source : &lt;a href="http://www.ffsb.be/forum/read.php?2,6139,6187#msg-6187"&gt;FFSB &lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-2605230694889733397?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/2605230694889733397/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=2605230694889733397&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/2605230694889733397'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/2605230694889733397'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/03/introduction.html' title='Introduction'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-1223842814859739969</id><published>2007-02-25T23:02:00.000+01:00</published><updated>2007-02-25T23:22:00.939+01:00</updated><title type='text'>A votre propos</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;Si vous avez un &lt;strong&gt;commentaire &lt;/strong&gt;à faire sur ce blog en général... ou sur un témoignage ou un texte...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si vous avez des choses à dire, un &lt;strong&gt;témoignage &lt;/strong&gt;à proposer...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si vous voulez laisser le trait libre d'une &lt;strong&gt;parole libre&lt;/strong&gt;...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vos écrits seront compilés sur cette page...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;a href="http://www2.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=1223842814859739969&amp;isPopup=true" target="_blank"&gt;&lt;strong&gt;Ecrire&lt;/strong&gt;...&lt;/a&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-1223842814859739969?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/1223842814859739969/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=1223842814859739969&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/1223842814859739969'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/1223842814859739969'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/votre-propos.html' title='A votre propos'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-4828326215992212841</id><published>2007-02-22T18:23:00.002+01:00</published><updated>2007-02-22T19:15:10.871+01:00</updated><title type='text'>La Libre Parole</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;Se pourrait-il qu'un seul témoignage sincère puisse annuler l'hypocrisie accumulée durant des siècles ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous pourrions presque en avoir l’intuition...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le monde scientifique, le monde rationnel nous discrédite automatiquement parce qu'un témoignage est considéré sans valeur objective, scientifique et juridique. &lt;br /&gt;C'est un peu comme les mythes et légendes, totalement discrédités par les penseurs (depuis &lt;strong&gt;Socrate &lt;/strong&gt;et après lui, en Occident) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ceux qui ont témoigné avec une profonde intensité et authenticité... de cet acte et de l’intention ; c’est comme une rupture brutale qui dissout en partie l'espèce de nuage dans lequel certains établissent une désinformation organisée... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le poids mensongé du passé peut-il être allégé par ce travail individuel, en face à face avec &lt;em&gt;la liberté de parole &lt;/em&gt;(silencieuse ou orale)... ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le poids de ce qui a été amoncelé comme "idéologie dominante", ce poids du passé a pu se maintenir tant que les "témoins" se tenaient dans l'obscurité et dans la mutité... &lt;br /&gt;Dès que le "dire" libre s'opère, cet amoncellement s'effrite... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De la nécessité de se libérer à travers cette &lt;em&gt;Parole&lt;/em&gt;... qui est "&lt;strong&gt;sons&lt;/strong&gt;" ET "&lt;strong&gt;gestes&lt;/strong&gt;", et qui appartient à tout le monde, dont personne n'est exclu... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est une affaire avec soi-même, un face à face avec l'Etre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a plus de valeur dans un témoignage que dans n'importe quelle science exacte. &lt;br /&gt;Le témoignage est l'expression d'un vécu intérieur : c'est &lt;em&gt;la science exacte de ce qui est bon pour vous&lt;/em&gt;, et c'est une vérité inaliénable, que personne ne peut vous voler... c'est votre "pouvoir personnel"&lt;br /&gt;Ce même pouvoir que, nous le savons bien, la politique et la techno-science s'évertuent à utiliser à leur guise et à notre insu, en nous faisant croire que nous en sommes dépossédés... &lt;br /&gt;Voilà l'usurpation... &lt;br /&gt;Voilà en quoi le témoignage est révolutionnaire... en quelque sorte... voilà la rupture brutale...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si on entre dans la "&lt;em&gt;Parole Libre&lt;/em&gt;", le coeur s'ouvre, cette ouverture peut être utile aux autres... et cette circulation du &lt;em&gt;libre échange &lt;/em&gt;est un acte qui rompt avec la stagnation et le sentiment d'impuissance généralisé... et alimenté. &lt;br /&gt;La révolution se produit surtout à l'intérieur même de l'être... à travers &lt;strong&gt;la Libre Parole&lt;/strong&gt;...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà mon ressenti, en tant que témoin de mon époque... &lt;br /&gt;et mes engagements en vis à vis de mes propres responsabilités citoyennes... qui passent nécessairement par le "Dire"... et la "Libre Parole" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voyez aussi que cette "Libre Parole" nous unit tous : sourds, entendants, aveugles... etc.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-4828326215992212841?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/4828326215992212841/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=4828326215992212841&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/4828326215992212841'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/4828326215992212841'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/la-libre-parole_3144.html' title='La Libre Parole'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-8806720441861679431</id><published>2007-02-08T13:09:00.000+01:00</published><updated>2007-02-27T15:43:08.581+01:00</updated><title type='text'>Langages Premiers</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;em&gt;En 1815, &lt;strong&gt;Gallaudet &lt;/strong&gt;rencontra &lt;strong&gt;Sicard &lt;/strong&gt;et trois de ses meilleurs élèves, &lt;strong&gt;Massieu&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Godard &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Clerc&lt;/strong&gt;, qui avaient fui le retour de &lt;strong&gt;Napoléon &lt;/strong&gt;lors des Cent Jours. &lt;br /&gt;Au cours de séances, &lt;strong&gt;Massieu &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Sicard &lt;/strong&gt;répondaient par écrit aux questions subtiles du public sur l’entendement, l’imagination, le langage naturel, leur souffrance relative à la perte d’un sens. &lt;br /&gt;Posait-on la question de savoir ce qu’était leur sentiment envers leurs bienfaiteurs ? &lt;strong&gt;Massieu &lt;/strong&gt;répondait poétiquement que la reconnaissance était la mémoire du cœur. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Clerc &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Massieu &lt;/strong&gt;rivalisaient en finesse et intelligence. Leurs réponses renvoyaient au premier langage des hommes, selon &lt;strong&gt;Rousseau&lt;/strong&gt;, pour lequel le sentiment précéda la raison. &lt;br /&gt;Les premières langues furent celles de poètes et non de géomètres. &lt;br /&gt;Ce que confirmaient l’iconicité des signes et l’extension de termes concrets aux abstractions par le biais de telles analogies. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Gallaudet &lt;/strong&gt;demanda à visiter Paris où &lt;strong&gt;Sicard &lt;/strong&gt;le reçut en 1816, &lt;strong&gt;Massieu &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Clerc &lt;/strong&gt;le formant à la méthode gestuelle française.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Yves Bernard&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En remontant du paléolithique jusqu’aux temps des Grecs, un point n’a pas pu nous échapper : l’imposition d’un système partriarcal s’est enclenché simultanément avec une religion qui lui est encore associé : la &lt;em&gt;raison&lt;/em&gt;... la « raison éclairée », la raison instrumentale, la raison du plus fort, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;L’histoire de la pensée occidentale&lt;/em&gt; ne doit pas être vue comme une accusation systématique à l’égard des supposés « responsables » de la déshumanisation actuelle des sociétés occidentalisées.&lt;br /&gt;Mais plutôt une base de réflexion qui nous inviterait à faire &lt;em&gt;un pas dans la bonne direction&lt;/em&gt;. Celle que &lt;strong&gt;Heidegger &lt;/strong&gt;indique mais aussi celle que &lt;strong&gt;Robert Graves &lt;/strong&gt;mentionne en nous rappelant que la &lt;strong&gt;Déesse-Lune &lt;/strong&gt;exige de nous un emploi à temps plein.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet appel, ou ce rappel à la Nature, lié plus que jamais aux conséquences catastrophiques de l’occidentalisation technologique de la planète, est une nécessité, y répondre est de l’ordre de l’urgence...&lt;br /&gt;Ce retour à la Nature est la réponse de millénaires d’égarement dans un système patriarcal corrompu par &lt;em&gt;la lumière de l’esprit masculin &lt;/em&gt;vécu comme auto-suffisant, c’est-à-dire détourné et coupé de son rapport naturel et vital avec la « Mère », la Terre, c’est-à-dire aussi avec l’esprit féminin, avec la femme, avec le corps, avec les langages premiers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette corruption technologique du langage opère une sorte « &lt;em&gt;d’impérialisme mâle &lt;/em&gt;», une domination totalitaire des technosciences à l’égard des objets, de la Nature et, de plus en plus, à l’égard des corps et des esprits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La tâche de l’homme est à présent d’accompagner &lt;strong&gt;sa Mère la Terre&lt;/strong&gt;, afin de minimiser les effets de ses activités, de préserver les espaces naturels, de sauvegarder les espèces, mais aussi de soigner les plaies ouvertes du passé.&lt;br /&gt;La tâche de l’homme est à présent de renouer son rapport naturel avec les langues naturelles et originelles...&lt;br /&gt;Sa tâche enfin est de retrouver l’esprit féminin - celui de la &lt;strong&gt;Déesse-Lune&lt;/strong&gt;, de la &lt;strong&gt;Terre-Mère&lt;/strong&gt;, qui ne connaît aucune terminaison en "&lt;em&gt;isme&lt;/em&gt;", comme « &lt;em&gt;féminisme &lt;/em&gt;», qui est encore l’expression de la domination mâle sur la liberté d’expression des femmes -, les activités, les structures et les organisations qui lui sont associés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avions voulu voir, aux cours des siècles accumulés, des guerres de religion, des guerres politiques, des guerres économiques ou philosophiques, des guerres d’opinions ou des guerres d’intérêts commun... en fait, toute cette errance est le fruit de &lt;em&gt;l’inquisition de l’esprit mâle &lt;/em&gt;qui, par le truchement de la guerre, impose sa domination intellectuelle (modèle inquisiteur d’&lt;strong&gt;Alexandre le Grand&lt;/strong&gt;, par exemple, et de ses continuateurs) sans aucune capacité de percevoir qu'un autre modèle existe, du fait de s'en être détourné depuis trop longtemps.&lt;br /&gt;A l’heure actuelle, l’esprit mâle est non seulement dégénéré par sa séparation d’avec son pendant féminin, mais aussi dénaturé par sa corruption à travers la technologie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons besoin des modèles non-occidentaux pour retrouver un équilibre et, pour être plus précis ; les modèles exclusivement mâles plus que bi-millénaires doivent maintenant &lt;em&gt;entrer en complétude &lt;/em&gt;avec le modèle féminin qui est à redécouvrir...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcsV-KL8G0I/AAAAAAAAALg/PhMdVUDeF74/s1600-h/maya.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcsV-KL8G0I/AAAAAAAAALg/PhMdVUDeF74/s400/maya.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5029137566519794498" /&gt;&lt;/a&gt;Le génocide perpétré sur le peuple des Nations Rouges (les Indiens d’Amérique) est l’expression même de l’errance et de l’arrogance de ce modèle qui ne peut accepter autre chose que lui-même. Car en effet, les Amérindiens étaient, et sont encore, les dépositaires d’un savoir ancêstral que les Anciens Grecs (pré-socratiques) connaissaient et que les Irlandais et les Gallois ont préservé quelque peu ; dépositaires de ce qui peut aujourd’hui sauver notre planète, la science exacte d’un rapport magique avec la Nature, en d’autres termes, l’amour authentique pour la Mère. Ils avaient la connaissance précise du culte de la &lt;strong&gt;Déesse-Lune &lt;/strong&gt;et l’amour inaliénable et indestructible à l’égard de la &lt;strong&gt;Terre Mère&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcsW-qL8G1I/AAAAAAAAALo/IR_AqmIzoGQ/s1600-h/peinture_carres-Dogons.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcsW-qL8G1I/AAAAAAAAALo/IR_AqmIzoGQ/s320/peinture_carres-Dogons.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5029138674621356882" /&gt;&lt;/a&gt;Les Nations de l’Occident, et celles désormais occidentalisées, doivent impérativement laisser entrer « l’Autre Modèle », le féminin, qui nous vient, préservé, des Nations Rouges d’Amérique mais aussi du peuple de l’Inde, d'Afrique (et d’ailleurs encore) où le culte pour la &lt;strong&gt;Déesse &lt;/strong&gt;est enraciné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcsZhqL8G2I/AAAAAAAAALw/9xbx5anZx8c/s1600-h/devi.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcsZhqL8G2I/AAAAAAAAALw/9xbx5anZx8c/s400/devi.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5029141474940033890" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A moins de ce Retour à l’équilibre entre les pôles mâles et femels, c’est le monde humain tout entier qui risque d’entrer irrémédiablement dans le déni...&lt;br /&gt;L’appel de la Nature doit lever les Nations comme un seul homme, car l’impératif aujourd’hui est notamment le maintient de l’Ecosystème global de la planète... l’harmonisation des structures dominantes avec les structures minoritaires et le monde naturel...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;_____________________________________________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;strong&gt;Source &lt;/strong&gt;:&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;- &lt;strong&gt;Gilbert Hottois&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; : « &lt;em&gt;De la Renaissance à la Postmodernité &lt;/em&gt;», une histoire de la philosophie moderne et contemporaine. Ed. DeBoeck.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;- &lt;strong&gt;Robert Graves&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; : « &lt;em&gt;Les mythes celtes &lt;/em&gt;», Ed. du Rocher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;- &lt;strong&gt;Yann Cantin&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;, &lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;strong&gt;Christian Cuxac &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;et &lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;strong&gt;Pierre Encrevé&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; ; "&lt;em&gt;&lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/01/la-voix-au-chapitre.html"&gt;La voix au chapitre&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;", documentaire diffusé dans "&lt;strong&gt;l'oeil et la main&lt;/strong&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;- &lt;strong&gt;Yves Bernard &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;: "&lt;em&gt;&lt;a href="http://www.bium.univ-paris5.fr/histmed/medica/orlb.htm"&gt;Quelques traits de la pédagogie curative de l’enfant sourd. Une approche des problématiques de l’Antiquité au début du XXe siècle&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;." Bibliothèque Interuniversitaire de Médecine&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;- &lt;strong&gt;François Legent &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;: "&lt;em&gt;&lt;a href="http://www.bium.univ-paris5.fr/histmed/medica/orld.htm"&gt;Approche de la pédagogie institutionnelle des sourds-muets jusqu’en 1900&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;" Bibliothèque Interuniversitaire de Médecine&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;- &lt;strong&gt;Bernard le Maire&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; : "&lt;em&gt;Histoire des sourds en Belgique, en France et dans les autres pays&lt;/em&gt;" Centre Robert Dresse, 1993&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-8806720441861679431?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/8806720441861679431/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=8806720441861679431&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/8806720441861679431'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/8806720441861679431'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/langage-dnatur.html' title='Langages Premiers'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcsV-KL8G0I/AAAAAAAAALg/PhMdVUDeF74/s72-c/maya.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-4330268485388227312</id><published>2007-02-07T22:06:00.000+01:00</published><updated>2007-02-08T14:47:57.575+01:00</updated><title type='text'>Langage eugéniste</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;Le changement radical de perspective sur la nature et la place de l’homme dans l’univers introduit par &lt;strong&gt;Darwin &lt;/strong&gt;(1809-1882) est probablement encore plus lourd de conséquences que le décentrement copernicien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-slkSPQvI/AAAAAAAAAE8/mG3gIOqRG_E/s1600-h/darwin_beard.gif"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-slkSPQvI/AAAAAAAAAE8/mG3gIOqRG_E/s400/darwin_beard.gif" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025925470564074226" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Darwin &lt;/strong&gt;anticipait parfaitement les implications religieuses, éthiques et sociales de ses hypothèses concernant l’évolution de la vie et, surtout, l’apparition de l’homme. Et ce qu’il prévoyait n’allait pas sans l’inquiéter. Sans doute est-ce l’une des raisons pour lesquelles la question de l’homme n’est pas traité dans l’origine des espèces. Il faudra attendre pour cela l’ouvrage de 1871 : &lt;em&gt;The descent of man, and selection in relation to sex.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1859, &lt;strong&gt;Darwin&lt;/strong&gt;, après vingt ans d’hésitation, publia son livre : « &lt;em&gt;On the origin of species by means of natural selection, or the preservation of favoured races in the struggle for life &lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;Le succès fut immense : la première édition fut épuisée le jour même de la parution. Tout en soulignant l’originalité de son œuvre, Darwin reconnaît ses dettes. Parmi celles-ci, la plus décisive ne semble pas devoir aller vers un naturaliste, mais bien vers un économiste : &lt;strong&gt;Thomas Robert Malthus &lt;/strong&gt;(1766-1834).&lt;br /&gt;Selon celui-ci, une population augmente toujours plus vite que les moyens de subsistance (la production de biens). Ce fait entraîne inévitablement la lutte pour l’existence et la survie du plus fort. L’idée d’une sélection des plus aptes par la lutte pour la vie se trouve donc déjà énoncée et appliquée à la société humaine. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Malthus &lt;/strong&gt;estimait que la seule solution était le contrôle des naissances, grâce à l’abstinence, spécialement dans les classes défavorisées plus prolifiques et moins armées pour la lutte pour la vie. Il déconseillait l’assistance sociale qui aggrave le problème au lieu de le résoudre. Certaines idéologies issues du darwinisme ne cesseront de revenir à ces idées de base pour les radicaliser. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;il semble complètement impossible de juger de la supériorité relative des types de classes distinctes ;  car qui pourra, par exemple, décider si une seiche est plus élevée qu’une abeille(…) Dans la lutte complexe pour l’existence, il est parfaitement possible que des crustacés, même peu élevés dans leur classe, puissent vaincre les céphalopodes, qui constituent le type supérieur des mollusques (…) Nous voyons par là combien il est difficile, pour ne pas dire impossible, de comparer le degré de supériorité relative des organismes imparfaitement connus qui ont composé les faunes des diverses périodes successives&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’origine des espèces&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis deux ou trois décennies la capacité technique de contrôle et de modification directe du génome humain des êtres vivants n’a cessé de croître. Même si &lt;strong&gt;Darwin &lt;/strong&gt;ne pouvait d’aucune manière anticiper la possibilité précise, celle-ci était inscrite d’une certaine manière au cœur de son ambition théorique. En effet, d’une part, son modèle heuristique, source d’inspiration première, était la sélection artificielle (élevage, agriculture, horticulture), c’est-à-dire déjà l’intervention humaine créatrice dans l’évolution ; d’autre part, sa volonté même d’élaborer une biologie scientifique sans finalisme, attachée exclusivement à la détermination des causes efficientes et mécaniques, devait déboucher, en cas de succès du projet, sur des possibilités et des démarches opératoires du manipulation du vivant. Dès lors que l’on connaît l’enchaînement de la cause et de l’effet, rien n’interdit d’essayer de modifier la cause pour modifier et contrôler l’effet. Dès lors que l’on postule que l’évolution est un ensemble de processus aléatoires et aveugles, rien n’interdit d’y intervenir et de l’infléchir localement dans un sens ou un autre. Rien n’interdit d’introduire des finalités (humaines) là où le hasard règne. Pourquoi ne pas modifier génétiquement plantes et animaux afin de les doter de telles ou telles caractéristiques et suivant les but décidés par des êtres humains ?&lt;br /&gt;Pourquoi ne pas appliquer ce savoir-faire aussi à l’homme lui-même, « naturalisé » par la science darwinienne et de plus en plus « opérable » par les biotechnologies et les technosciences biomédicales ? Pourquoi ne pas supprimer ainsi, éventuellement d’une manière héréditaire, des maladies d’origine génétique ?&lt;br /&gt;Pourquoi, et nous arrivons alors à la question de l’eugénique, ne pas manipuler le génome humain afin que les individus présentent telles ou telles caractéristiques souhaitables ?&lt;br /&gt;Toutes ces questions et beaucoup d’autres se posent aujourd’hui dans un champ de réflexion nouveau, interdisciplinaire, complexe, dont les enjeux philosophiques, théoriques et pratiques (éthiques et politiques), sont très importants. Ce champ est communément appelé « bioéthique »&lt;br /&gt;Il ne s’agit plus tant, avec ces interrogations, de problèmes et de théories scientifiques, que de pratiques et d’idéologies. Mais le darwinisme a été très tôt sollicité par des penseurs qui songeaient à l’organisation et à l’évolution de la société des hommes, et pas du tout à la description et à l’explication des transformations des plantes et des animaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le darwinisme social consiste à prétendre qu’il faut laisser s’exercer librement la compétition entre les êtres humains, car la lutte éliminera les individus inférieurs, qui freinent l’évolution et donc le progrès, et assurera le triomphe des individus supérieurs moteurs de la société et de l’avenir.&lt;br /&gt;Il faut « laisser-faire », particulièrement dans le domaine économique, qui ne doit pas être entravé par des politiques d’inspiration sociale et morale. Assistance sociale et charité chrétienne sont également récusées, non seulement comme irréalistes (puisqu’elles ne tiennent pas compte de la loi de l’évolution), mais en définitive, aussi comme immorales, car contre-productives, contraires au progrès et à l’avènement d’une société meilleure peuplée d’individus supérieurs.&lt;br /&gt;Il faut replacer le darwinisme social dans la société anglaise du XIXe siècle, secouée par les conséquences de la Révolution Industrielle, ainsi que dans la tradition foncièrement anglo-saxonne du libéralisme économique remontant à l’ouvrage fondateur d’&lt;strong&gt;Adam Smith&lt;/strong&gt; (1723-1790)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les idées de &lt;strong&gt;Darwin&lt;/strong&gt;, et de tous ceux qui ont marqué le progrès des sciences de l’Evolution, ont connu et continuent de connaître bien des sollicitations et des dérives en directions d’idéologies racistes et eugénistes, notamment. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/langage-utilitariste.html"&gt;Page précédente&lt;/a&gt; - &lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/langage-dnatur.html"&gt;Page suivante &lt;/a&gt;-&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-4330268485388227312?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/4330268485388227312/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=4330268485388227312&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/4330268485388227312'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/4330268485388227312'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/langage-eugniste.html' title='Langage eugéniste'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-slkSPQvI/AAAAAAAAAE8/mG3gIOqRG_E/s72-c/darwin_beard.gif' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-8739295145658818842</id><published>2007-02-07T21:06:00.000+01:00</published><updated>2007-02-08T14:46:58.383+01:00</updated><title type='text'>Langage utilitariste</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;Comment expliquer que le monde anglo-saxon n'a pas adhéré aux huit résolutions du Congrès de Milan, alors que l'Europe toute entière s'est empressée de les mettre en pratique et d'opérer les réformes nécessaires pour respecter les directives énoncées ?&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb_yiESPQ8I/AAAAAAAAAHc/xqoc1d4I248/s1600-h/Gally-faculty-1867.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb_yiESPQ8I/AAAAAAAAAHc/xqoc1d4I248/s400/Gally-faculty-1867.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5026002376248476610" /&gt;&lt;/a&gt;Comment expliquer qu'aujourd'hui, en Amérique, il existe une université pour les Sourds (&lt;a href="http://www.gallaudet.edu/"&gt;&lt;strong&gt;Gallaudet University&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;) où l'on communique en langue des signes, et ce, que l'on soit sourd ou entendant ? Alors qu'en Europe l'éducation et l'instruction pour les sourds en milieu universitaire ou en milieu spécialisé est profondément... "inadapté" ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En même temps, le monde anglo-saxon, en rapport à l'histoire des sourds, se caractérise particulièrement par le conflit &lt;strong&gt;"Bell-Gallaudet"&lt;/strong&gt;, un conflit qui peut rappeler celui de &lt;strong&gt;"Pereire-de l'Epée"&lt;/strong&gt;... qui dépasse et de loin la simple opposition entre "&lt;em&gt;parole et mimique&lt;/em&gt;", "&lt;em&gt;oralisme et langue des signes&lt;/em&gt;". &lt;br /&gt;Il s'agit bien entendu de deux &lt;em&gt;pédagogies&lt;/em&gt;, mais aussi de deux "philosophies" différentes, en apparence (&lt;strong&gt;de l'Epée&lt;/strong&gt; avait accepté dans une certaine mesure d'enseigner la "parole" à certains élèves prédisposés, de même que &lt;strong&gt;Gallaudet &lt;/strong&gt;envisageait une sorte de &lt;em&gt;bilinguisme&lt;/em&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par le fil de "la pensée occidentale" que nous suivons depuis le début (cf. "&lt;em&gt;L'Ancien Langage&lt;/em&gt;"), il est notamment question de mettre en évidence ce qui sépare ces deux approches ; l'une sensible à la nature et à la place réservée de la personne sourde dans la société, mais aussi et surtout respectueuse et pleine de reconnaissance à l'égard du &lt;strong&gt;&lt;em&gt;langage naturel &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;(la LS) ; l'autre est intéressée par, non pas vraiment l'instruction des sourds, mais plutôt leur intégration et leur assimilation dans une société où, de plus en plus, la technique devient le but.&lt;br /&gt;"Faire parler" un sourd est une &lt;em&gt;prouesse technique &lt;/em&gt;tout comme, plus tard, "réparer" ce qui est considéré comme une "infirmité" est envisagé comme une victoire de la science sur la condition humaine et plus particulièrement sur "l'handicap".&lt;br /&gt;Par la même occasion, la question bascule de "l'éducation" à la "santé" par un glissement pour le moins douteux, à savoir que la surdité serait une &lt;em&gt;maladie&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;En favorisant l'intégration plutôt que l'instruction adaptée au monde sourd (comme c'est le cas à l'heure actuelle dans la &lt;strong&gt;Gallaudet University&lt;/strong&gt;), les décisions sont prises en faveur de la normalisation et du &lt;em&gt;&lt;strong&gt;contrôle social du corps &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;dont parlait &lt;strong&gt;Pierre Encrevé&lt;/strong&gt; en faisant référence à &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Michel Foucault&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; (cf. &lt;em&gt;première partie&lt;/em&gt;).&lt;br /&gt;C'est aussi une manière d'appliquer une ancienne décision (notamment revendiquée par &lt;strong&gt;Graham Bell&lt;/strong&gt;), celle de supprimer les établissements spécialisés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces deux approches, nettement en opposition, étaient déjà présentes avec &lt;strong&gt;de l'Epée&lt;/strong&gt;, se sont poursuivis sous de multiples facettes et, ce qui nous ramène à aujourd'hui, semblent s'évertuer à se maintenir en place...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcshqaL8G3I/AAAAAAAAAME/FBHx3gByhXU/s1600-h/gallaudet.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcshqaL8G3I/AAAAAAAAAME/FBHx3gByhXU/s400/gallaudet.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5029150421356911474" /&gt;&lt;/a&gt;Quant à expliquer comment une telle &lt;em&gt;ouverture&lt;/em&gt;, en Amérique, a pu se produire, il y a plusieurs réponses bien entendu.&lt;br /&gt;L'une est liée à l'influence de &lt;strong&gt;Laurent Clerc &lt;/strong&gt;, vers 1816, auprès de &lt;strong&gt;Thomas Hopkins Gallaudet&lt;/strong&gt;, l'autre est présentée par &lt;strong&gt;Cuxac &lt;/strong&gt;de cette façon : &lt;br /&gt;"&lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;C’est aussi une période pour eux [les Américains] où on est pratiquement dans une situation inverse : d’ouverture des frontières, d’accueil d’un maximum de migrants… peu importe la langue pourvu qu’ils viennent. On s’arrangera toujours pour communiquer. Donc une situation de pragmatisme à outrance. Et aussi, peut-être le plus dur problème communautariste que les Américains ont eu à résoudre jusque-là, qui a été celui des Indiens est pratiquement résolu depuis quelques années… Donc par l’extinction ou le quasi-génocide de la population indienne. Ils ne sont plus du tout dans ces problèmes-là. Ils sont au contraire dans l’ouverture et une certaine générosité à l’égard de ce qui peut être différent. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut peut-être formuler une réponse en analysant ici la tradition de la &lt;em&gt;philosophie morale &lt;/em&gt;typiquement anglo-saxonne, incarnée par ce que l'on appellera le courant "utilitariste". &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Apparu au XVIIIe siècle, il s’épanouit et est systématisé au XIXe siècle. L’utilitarisme classique est principalement l’œuvre de trois penseurs : &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jeremy Bentham&lt;/strong&gt; (1748-1832), &lt;strong&gt;John Stuart Mill &lt;/strong&gt;(1806-1873), &lt;strong&gt;Henry Sidgwick &lt;/strong&gt;(1838-1900)&lt;br /&gt;L’utilitarisme s’inscrit dans la grande tradition de l’empirisme anglais, tant du point de vue de la conception du monde, de la théorie de la connaissance que de l’intérêt critique à l’égard du politique. Il fut également fort influencé par le matérialisme des &lt;strong&gt;Lumières&lt;/strong&gt;, spécialement par &lt;strong&gt;Helvétius&lt;/strong&gt;.&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcoyXESPRQI/AAAAAAAAALI/B3Yp95dlZn4/s1600-h/helvetius.bmp"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcoyXESPRQI/AAAAAAAAALI/B3Yp95dlZn4/s320/helvetius.bmp" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5028887305781200130" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut dire que la devise des utilitaristes est « &lt;strong&gt;&lt;em&gt;L’action la meilleure est celle qui procure le plus grand bonheur pour le plus grand nombre.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’utilitariste a confiance dans la capacité de l’homme de prendre en charge son destin et d’améliorer sa condition terrestre. Son éthique est celle de la responsabilité, et il croit dans les progrès de la science et de la technique pour prévoir et modifier le cours des événements. &lt;br /&gt;A certains égards, cette position est proche des &lt;strong&gt;Lumières&lt;/strong&gt;, mais elle accorde une valeur moins idéalisée à la raison et au savoir théorique. La raison est beaucoup moins un idéal qu’un moyen ; le but n’est pas rationnel, il n’est pas donné par la raison, puisqu’il s’agit du plaisir ou du bonheur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’utilitarisme ne peut se comprendre qu’en liaison avec le développement de la pensée économiste, qui s’épanouit en France et davantage encore en Angleterre, dès la seconde moitié du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle (&lt;strong&gt;Adam Smith&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;David Ricardo&lt;/strong&gt;)&lt;br /&gt;L’économie politique, alors naissante, est l’une des sources les plus importantes de la pensée moderne et contemporaine. C’est en elle que se développe une réflexion systématique et empiriquement étayée concernant la manière d’organiser matériellement la société en vue de la production la plus efficace de biens en grand nombre. &lt;br /&gt;La pensée économiste contribue à placer sur l’avant-scène les notions des besoins (naturels et artificiels), d’utilité, d’intérêts (individuel et collectif), de liberté.&lt;br /&gt;L’économie libérale, qui apparaît notamment chez &lt;strong&gt;Adam Smith&lt;/strong&gt;, ne voit entre ces intérêts nulle contradiction, à condition de laisser jouer librement l’offre et la demande sur un marché sans entraves.&lt;br /&gt;Les utilitaristes estimeront nécessaire une organisation et des interventions politiques et juridiques appropriées, si l’on veut que l’intérêt particulier rejoigne l’intérêt général. &lt;br /&gt;Ils seront également favorables à une politique inspirée par les idées de &lt;strong&gt;Thomas Robert Malthus&lt;/strong&gt;, économiste et pasteur anglican, qui prônait la limitation des naissances, particulièrement parmi les classes pauvres, afin d’éviter tout déséquilibre important (et surtout croissant) entre la capacité de production de la nation et la demande de sa population. Le malthusianisme voit dans la surpopulation la cause majeure de la misère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’utilitarisme n’est pas une morale qui inviterait l’individu à se soucier exclusivement ou principalement de son bonheur personnel égoïste. L’utilitarisme se caractérise par le souci concret du bien commun, par la prise en compte des conséquences d’une action ou d’une disposition sur toutes les personnes concernées. &lt;br /&gt;L’utilitariste authentique doit viser le plus grand bonheur du plus grand nombre.&lt;br /&gt;Le calcul utilitariste de la maximisation des plaisirs et de la minimisation des souffrances doit se faire en considérant la somme totale de bonheur et de malheur. Il doit tenir compte de tous les intéressés, c’est-à-dire de l’ensemble d’une nation, ultimement de l’ensemble de l’humanité. Bien qu’il demeure éthique en son principe, l’idéal utilitariste ne peut se concrétiser qu’à travers une politique, plus précisément au moyen d’une organisation institutionnelle et juridique de l’ensemble de la société, inspirée par la rationalité utilitariste. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le principe d’utilité est universel, sa finalité est double : diminuer la douleur et augmenter le plaisir. Il fonctionne comme un critère de la vie morale ; il permet d’évaluer chaque action eu égard à ses conséquences en termes de souffrances et de plaisirs prévisibles. &lt;strong&gt;Bentham &lt;/strong&gt;songeait à une évaluation quasi quantitative, à un calcul. &lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcozcUSPRRI/AAAAAAAAALQ/KbXeS8MSGTU/s1600-h/john_stuart_mill.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcozcUSPRRI/AAAAAAAAALQ/KbXeS8MSGTU/s200/john_stuart_mill.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5028888495487141138" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;Mill &lt;/strong&gt;estime par contre qu’il est possible et nécessaire de hiérarchiser les plaisirs suivant des critères qualitatifs. Il estime en outre que plaisir et douleur sont relativement indissociables. &lt;strong&gt;Mill &lt;/strong&gt;a pu aller très loin sur cette voie de la dématérialisation du principe d’utilité, et juger qu’une souffrance est même quelquefois plus désirable qu’une basse satisfaction.&lt;br /&gt;L’œuvre de &lt;strong&gt;J.-S. Mill &lt;/strong&gt;est l’une des grandes sources de la pensée démocratique libérale. Le principe de base en est que chaque individu est seul juge de son plaisir et de son intérêt.&lt;br /&gt;D’où la défense millienne de trois ensembles de libertés fondamentales : les libertés de conscience, de pensée et de parole ; les libertés de goût et de préférence (chacun doit pouvoir librement déterminer son plaisir et son intérêt) ; la liberté d’association (formation de communauté rassemblant des individus qui partagent les mêmes goûts, intérêts, plaisirs, …).&lt;br /&gt;La société engendrée à partir de ces libertés et soucieuse de leur protection doit avant tout respecter la sphère privée, c’est-à-dire l’espace de vie où les actions d’un individu n’ont de conséquences que pour lui-même. Elle doit aussi respecter le pluralisme, c’est-à-dire la diversité des communautés qui composent la société et qui défendent leurs propres intérêts.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mill &lt;/strong&gt;accorde une énorme importance à la valeur de la diversité et à la prise en considération des minorités. &lt;br /&gt;L’idéal politique de &lt;strong&gt;Mill &lt;/strong&gt;est la démocratie représentative, soucieuse de ne pas écraser l’individu ou le minoritaire sous la masse de la majorité et de l’opinion dominante. &lt;strong&gt;Mill &lt;/strong&gt;accordait une importance capitale à l’éducation, clef d’une application qualitative du principe d’utilité, conforme à ses vœux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/les-positivistes.html"&gt;Page précédente&lt;/a&gt; - &lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/langage-eugniste.html"&gt;Page suivante &lt;/a&gt;-&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-8739295145658818842?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/8739295145658818842/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=8739295145658818842&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/8739295145658818842'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/8739295145658818842'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/langage-utilitariste.html' title='Langage utilitariste'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb_yiESPQ8I/AAAAAAAAAHc/xqoc1d4I248/s72-c/Gally-faculty-1867.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-4565714624174989946</id><published>2007-02-07T19:45:00.000+01:00</published><updated>2007-02-07T20:54:11.881+01:00</updated><title type='text'>Langage technocratique</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;Comment sommes-nous passés des « &lt;strong&gt;Lumières &lt;/strong&gt;» à… ce qui semble être « &lt;em&gt;les Lumières inversées&lt;/em&gt; »… ?&lt;br /&gt;Dans la civilisation technologique, qu’elle soit de régime capitaliste ou socialiste (communiste), &lt;em&gt;la raison instrumentale &lt;/em&gt;est devenue à ce point dominante et englobante qu’elle ignore ou méprise tout ce qui ne s’aligne pas sur elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment en sommes-nous arrivés là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Scandale de la raison et de l’histoire : Comment la « modernité » a-t-elle pu engendrer la barbarie, elle qui a commencé sous le signe des &lt;strong&gt;Lumières&lt;/strong&gt;, du progrès, de l’émancipation, du combat civilisateur contre les obscurantismes, les servitudes et les aliénations ?&lt;br /&gt;L’explication proposée ici est dialectique : la raison émancipatrice, idéaliste et critique des &lt;strong&gt;Lumières &lt;/strong&gt;se serait renversée en son contraire. &lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcosmESPRPI/AAAAAAAAAK4/3y4uiLL2Ot8/s1600-h/descartes.gif"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcosmESPRPI/AAAAAAAAAK4/3y4uiLL2Ot8/s320/descartes.gif" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5028880966409471218" /&gt;&lt;/a&gt;L’analyse des causes montre que la dérive est au départ de la modernité. L’idéal de celle-ci, tel qu’il a été défini par &lt;strong&gt;F. Bacon &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;R. Descartes&lt;/strong&gt;, était de rendre l’homme « maître et possesseur » de la nature. Il s’agit d’un &lt;em&gt;idéal de domination, d’appropriation et d’exploitation &lt;/em&gt;qui instrumentalise la nature au service de l’homme.&lt;br /&gt;En plaçant toute son énergie dans ce projet, la raison moderne s’est comprise de plus en plus exclusivement, aux plans théoriques et pratiques, comme maîtrise et domination.&lt;br /&gt;Etre rationnel est devenu synonyme d’analyser, d’organiser, de manipuler, de contrôler, de déterminer les moyens efficaces et sûrs, les moyens les plus économiques et productifs.&lt;br /&gt;Malheureusement, cette approche qui visait primitivement les objets naturels en est venue, en s’universalisant, à inclure la considération des sujets humains et de la société tout entière.&lt;br /&gt;Pour exploiter la nature, il faut des connaissances sûres et des techniques, mais il faut aussi des hommes pour les mettre en œuvre. Il faut organiser la division du travail humain de la manière la plus efficace. Cette organisation implique des hiérarchies, la domination de l’homme sur l’homme, et, en définitive, l’objectivation et l’instrumentalisation de l’être humain. Dans la société communiste qui a tout misé sur le développement de la technique et sur l’organisation dite rationnelle de la société – sur la planification – l’idéal moderne s’est ainsi enlisé dans la bureaucratie totalitaire, parfaitement irrationnelle et inefficace. Mais un totalitarisme égal sinon identique est le lot de la civilisation américano-occidentale productrice d’une culture de masse, standardisée, négatrice de l’individu, incapable de se mettre encore en question et dispensatrice de libertés apparemment qui ne menacent pas la permanence du système. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui caractérise la raison instrumentale, c’est qu’elle ne porte que sur le calcul des moyens. Cette délimitation est sensée aussi longtemps qu’elle n’ambitionne pas de ramener à elle toute la raison, comme si celle-ci ne pouvait s’occuper légitimement que des moyens.&lt;br /&gt;Le triomphe de la raison instrumentale est dangereux parce qu’il exclut la raison des discours et des pratiques concernant non les moyens, mais les fins, les valeurs, les choix et les décisions. Si la raison est confinée dans la question du « &lt;em&gt;comment réaliser&lt;/em&gt; », quelle instance va définir « &lt;em&gt;ce que nous devons réaliser et pourquoi &lt;/em&gt;» ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les fins et les valeurs, ne pouvant être rationnellement discutées, sont abandonnées à l’arbitraire de décisions irrationnelles, effets des désirs et des intérêts particuliers de ceux qui ont le pouvoir de les imposer. Et ce pouvoir dépendra, pour une part très considérable, de la puissance technique dont dispose ceux qui tentent d’imposer leur volonté. &lt;br /&gt;La rationalité instrumentale peut donc être parfaitement placée au service de l’irraison et aboutir, éventuellement à la destruction de toute raison. Songeons à la seconde guerre mondiale issue du détournement de la raison instrumentale par la barbarie nazie. &lt;br /&gt;D’autre part, le règne de la raison instrumentale en légitimant ceux qui en sont les principaux dépositaires et en écartant tout débat sur les fins et les valeurs, tend à remettre aux technologies (les scientifiques et techniciens experts) la charge de toutes les décisions concernant la société. La technocratie qui en résulte n’a, en principe, d’autre but que de préserver et développer le bon fonctionnement du système, c'est-à-dire d’étendre toujours plus la raison instrumentale, d’accumuler les moyens efficaces de production, de contrôle, de prédiction, de manipulation. L’extension illimitée du pouvoir technique sur les choses et sur les individus chosifiés devient ainsi le seul sens de la société technocratique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus généralement, la société technocratique est tentée de demander aux experts de trancher toutes les questions – sociales, économiques et politiques – qui surviennent, y compris celles relatives aux fins et aux valeurs, pour lesquelles ils n’ont, en principe, aucune compétence particulière. Cette tendance conduit à la dépolitisation des citoyens dans des sociétés pourtant démocratiques, qui s’en remettent pour tout choix aux avis des experts et techniciens. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que la plupart des contraintes du principe de réalité pourraient être supprimées, le capitalisme les maintient en lui substituant le principe de rendement, pour le plus grand profit d’un petit nombre. &lt;br /&gt;C’est en cela que l’idéal des &lt;strong&gt;Lumières &lt;/strong&gt;est &lt;em&gt;renversé &lt;/em&gt;: la technique devait à l’origine libérer l’homme de sa condition, sans répression ni contrôle ni domination, l’humanité était censée trouver un bonheur social grâce à la raison.&lt;br /&gt;Agitant le leurre d’un niveau de vie matérielle toujours plus élevé et la nécessité de la concurrence et de la compétition universelles, le capitalisme technocratique poursuit dans la voie de la domination et de l’exploitation de la nature et de l’être humain au profit de quelques individus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La démocratie à l’américaine n’est, en réalité, qu’un « &lt;em&gt;totalitarisme doux et subtil&lt;/em&gt; » - celui de &lt;em&gt;l’Etat-Providence &lt;/em&gt;– qui ne tolère la liberté que dans la mesure où elle n’excède pas le système : ainsi le consommateur, à condition de se soumettre aux exigences d’un travail efficace et productif, aura-t-il un choix toujours plus ample de produits standardisés.&lt;br /&gt;L’intégration sans reste (ou presque) de toutes les forces révolutionnaires dangereuses dans le système est assuré par deux facteurs : &lt;br /&gt;- la désublimation répressive : elle réduit l’énergie érotique (le désir polymorphe et infini) à la sexualité dont la libération ne menace pas le système matérialiste de la société capitaliste ;&lt;br /&gt;- la technologie sociale : la société tout entière est un système complexe mais fonctionnel dans lequel chaque individu ou chaque groupe occupe une place où un rôle déterminés ; l’ensemble est parfaitement organisé et contrôlé de telle sorte que les dysfonctions sont aussitôt désamorcées. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La raison technologique règne concrètement sur la société industrielle ; sous ses apparences démocratiques, elle est foncièrement totalitaire, car elle s’applique désormais aux êtres humains et aux institutions autant qu’à la nature. &lt;br /&gt;Ces techniques ne sont pas neutres : elles ont une portée politique, puisqu’elles maintiennent et consolident le système capitaliste. Telle qu’elle a été utilisée jusqu’ici, la technologie reste au service de la domination et de l’exploitation ; elle n’est pas libératrice, mais répressive et totalitaire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/la-rvolution-franaise_03.html"&gt;Page précédente&lt;/a&gt; - &lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/les-positivistes.html"&gt;Page suivante&lt;/a&gt; -&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-4565714624174989946?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/4565714624174989946/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=4565714624174989946&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/4565714624174989946'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/4565714624174989946'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/langage-technicien.html' title='Langage technocratique'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcosmESPRPI/AAAAAAAAAK4/3y4uiLL2Ot8/s72-c/descartes.gif' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-226407012760924420</id><published>2007-02-07T19:00:00.004+01:00</published><updated>2008-09-04T10:53:17.082+01:00</updated><title type='text'>L'Ancien Langage</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;Le langage d’un mythe poétique anciennement admis dans l’Europe méditerranéenne et septentrionale fut un &lt;strong&gt;langage magique &lt;/strong&gt;rattaché aux cérémonies religieuses populaires (certaines datant du paléolithiques) en l’honneur de la &lt;strong&gt;Déesse-Lune&lt;/strong&gt; ou d’une muse : ceci demeure le langage de la vraie poésie. &lt;br /&gt;« Vraie » dans le sens nostalgique moderne d’un original inaméliorable. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce langage fut corrompu au temps du minoen récent lorsque les envahisseurs venue de l’Asie centrale commencèrent à substituer des institutions patriarcales aux matriarcales et à remodeler ou à falsifier les mythes pour justifier les bouleversements sociaux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcoZmESPROI/AAAAAAAAAKs/DnKAnZFgKx8/s1600-h/socrate.gif"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcoZmESPROI/AAAAAAAAAKs/DnKAnZFgKx8/s320/socrate.gif" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5028860075688543458" /&gt;&lt;/a&gt;Vinrent alors les premiers philosophes grecs (&lt;strong&gt;Socrate &lt;/strong&gt;et après lui) qui s’opposèrent vigoureusement à la &lt;strong&gt;poésie magique &lt;/strong&gt;accusée de menacer leur nouvelle &lt;em&gt;&lt;u&gt;religion de la logique&lt;/u&gt;&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;Sous leur influence, un &lt;em&gt;langage poétique rationnel &lt;/em&gt;(celui que nous appelons à présent &lt;em&gt;classique&lt;/em&gt;) fut élaboré en l’honneur d’&lt;strong&gt;Apollon&lt;/strong&gt; et imposé de par le monde comme le dernier mot en matière d’illumination spirituelle. C’est une conception qui n’a pas cessé de prévaloir dans les écoles et universités européennes où l’on étudie à présent les mythes seulement comme d’élégantes reliques d’une &lt;em&gt;enfance de l’humanité&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce fut surtout &lt;strong&gt;Socrate &lt;/strong&gt; (469-399 av.J.-C.) qui rejeta sans compromis la mythologie de l’ancienne Grèce. Les mythes l’effrayaient et l’offensaient. Il préféra leur tourner le dos et obligea son esprit à penser scientifiquement « &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;en cherchant la raison de chaque chose, de chaque chose telle qu’elle est et non telle qu’elle apparaît, et en rejetant toute opinion dont on ne peut avancer la raison&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;C’est un fait qu’au temps de &lt;strong&gt;Socrate &lt;/strong&gt;le sens de nombreux mythes appartenant à l’époque précédente était ou bien oublié ou bien dissimulé comme un secret ésotérique. Pourtant on les utilisait encore dans la statuaire, dans l’art religieux et littéralement sous la forme de contes à quoi se référaient les poètes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Invité à croire à la chimère, aux centaures, ou au cheval ailé &lt;strong&gt;Pégase&lt;/strong&gt;, autant d’orthodoxes symboles cultuels pélasges, un philosophe sentait que la limite était atteinte. Il les rejetait comme des &lt;em&gt;improbabilités zoologiques&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rc3IEaL8G4I/AAAAAAAAAMQ/F8kihjukX_k/s1600-h/pegas.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rc3IEaL8G4I/AAAAAAAAAMQ/F8kihjukX_k/s400/pegas.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5029896336917142402" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;On peut déduire du ton acerbe de &lt;strong&gt;Socrate &lt;/strong&gt;qu’il avait du passer un sérieux bout de temps à se tourmenter sur la chimère, les centaures et le reste, mais que « &lt;em&gt;les raisons de leurs existences &lt;/em&gt;» lui avaient échappé parce qu’il n’était pas du tout poète et qu’il se défiait des poètes et enfin parce que, comme il l’admettait devant &lt;strong&gt;Phèdre&lt;/strong&gt;, c’était un urbain invétéré qui ne visitait que rarement les campagnes : « &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;les champs et les bois ne m’apprennent rien ; seuls les hommes m’apprennent quelque chose &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;» Or l’étude de la mythologie est nettement fondée sur la science des arbres et sur l’observation saisonnière de la vie aux champs.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Socrate&lt;/strong&gt;, tournant le dos aux mythes poétiques, tournait réellement le dos à la &lt;strong&gt;Déesse-Lune &lt;/strong&gt;qui les avait inspirés et qui réclamait que l’homme rendît à la femme un hommage spirituel et sexuel. Ce que l’on appelle &lt;em&gt;l’amour platonique&lt;/em&gt;, dans lequel le philosophe se soustrayait au pouvoir de la &lt;strong&gt;Déesse &lt;/strong&gt;par &lt;em&gt;l’homosexualité intellectuelle&lt;/em&gt;, était en réalité de &lt;em&gt;l’amour socratique&lt;/em&gt;. Et &lt;strong&gt;Socrate &lt;/strong&gt;ne pouvait pas plaider l’ignorance, la &lt;strong&gt;Déesse &lt;/strong&gt;l'avait averti. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Socrate &lt;/strong&gt;essayait de &lt;em&gt;se connaître lui-même &lt;/em&gt;dans le style apollonien (&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;*&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;) au lieu d'en laisser le soin à une femme ou à une maîtresse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;C’était &lt;em&gt;l’intelligence mâle &lt;/em&gt;essayant de se rendre spirituellement suffisante à elle-même.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, même après qu'&lt;strong&gt;Alexandre le Grand&lt;/strong&gt; eut tranché le noeud gordien (un acte d'une signification morale bien plus grande qu'on ne le réalise généralement) &lt;strong&gt;l’ancien langage &lt;/strong&gt;survécut, sous une forme assez pure, dans les cultes sacrés des &lt;em&gt;mystères d’Eleusis&lt;/em&gt;, de Corinthe, de Samothrace et d’ailleurs. Et lorsque ceux-ci furent supprimés par les premiers  empereurs chrétiens, on l’enseignait encore en Irlande et au pays de Galles et dans les réunions de sorcières de l’Europe de l’Est.&lt;br /&gt;Si l’on peut encore écrire occasionnellement une poésie de qualité magique, même dans l’Europe industrialisée, cela résulte d’un retour inspiré, presque pathologique, au &lt;strong&gt;langage originel &lt;/strong&gt;(une sorte de &lt;em&gt;sauvage don des langues&lt;/em&gt; de la Pentecôte) plutôt que d’une étude consciencieuse de sa grammaire et de son vocabulaire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est dommage que, malgré la présence d’un important appareil mythique dans la tradition chrétienne, le terme « mythique » en soit venu à signifier « imaginaire, absurde, non historique »&lt;br /&gt;En réalité l’imagination ne joua qu’une part négligeable dans le développement des mythes grecs, latins et palestiniens, ou dans celui des mythes celtes jusqu’à ce que les trouvères franco-normands les eussent trafiqués en irresponsables romans de chevalerie. Ce sont tous des témoignages sérieux d’anciennes coutumes ou de circonstances religieuses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fonction de la poésie est l’invocation religieuse de la &lt;strong&gt;Muse&lt;/strong&gt;. L’usage de la poésie est déterminé par l’expérimentation d’un mélange d’exaltation et d’horreur que sa présence suscite. Mais « de nos jours » ? Fonction et usage demeurent les mêmes ; l’application seule change. &lt;br /&gt;Elle pouvait passer autrefois pour un avertissement donné à l’homme, selon lequel il devait rester en harmonie avec la famille des créatures vivantes parmi lesquelles il était né, et cela par obéissance aux désirs de la maîtresse de ce logis. &lt;br /&gt;C’est à présent un rappel comme quoi il a dédaigné l’avertissement, bousculé sa maison sens dessus-dessous par de capricieuses expériences en philosophie, science et industrie, et attiré la ruine sur lui-même et sa famille.&lt;br /&gt;« De nos jours » désigne une civilisation dans laquelle les premiers emblèmes de la poésie sont déshonorés ; dans laquelle le serpent, le lion et l’aigle appartiennent au chapiteau du cirque, le bœuf, le saumon et le cochon à la boîte en fer blanc, le cheval de course et le lévrier au pari mutuel et le bosquet sacré à la scierie ; dans laquelle la Lune est réduite au rôle d’un satellite éteint de la Terre et la femme comptée comme « &lt;em&gt;personnel auxiliaire de l’état &lt;/em&gt;» ; dans laquelle l’argent peut acheter presque tout, sauf la vérité, et presque tout le monde, sauf le poète possédé par la vérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/ReIE4sFJZKI/AAAAAAAAANA/zHNUnK4g0YY/s1600-h/Auguste.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/ReIE4sFJZKI/AAAAAAAAANA/zHNUnK4g0YY/s320/Auguste.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5035592705305568418" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous le règne d'&lt;strong&gt;Auguste&lt;/strong&gt; (63-14 av. J.-C.), des sourds doués de talents extraordinaires se firent remarquer par l'élégance de leurs gestes naturels, car à cette époque la pantomime devint un art de premier ordre et se répandit promptement en Grèce et en Italie : elle rendait des poèmes entiers à l'aide de gestes seulement.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Cassiodore&lt;/strong&gt;, homme politique et écrivain latin (v.480-v.575), les appelait "&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;em&gt;les sourds, des hommes qui parlaient la bouche fermée, et faisaient entendre, par des gestes, ce qu'à peine pourrait exprimer le discours ou l'écriture ; des hommes dont les mains éloquentes portaient une langue à chaque doigt ; dont le silence avait une voix, et qui, sans parler, exprimaient clairement leurs pensées&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grâce aux mimodrames, les sourds, en révélant de l'intelligence, firent abolir les lois de proscription édictées contre eux. Cependant, on ne les reconnaissait pas encore capables de gérer leurs affaires. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;________________________&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;(&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;strong&gt;*&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;) : &lt;strong&gt;Apollon &lt;/strong&gt;accéda au rang divin par la force des armes, par l'imposition de tribus et par des supercheries, et cela jusqu'à devenir patron de la musique, de la poésie et des arts. Il ôta à &lt;strong&gt;Zeus &lt;/strong&gt;(son Père) la souveraineté de l'univers en s'identifiant lui-même à &lt;strong&gt;Bélinus&lt;/strong&gt;, le dieu intellectuel de la lumière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/langue-lumires.html"&gt;Page précédente&lt;/a&gt; - &lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/le-chemin-du-langage_06.html"&gt;Page suivante&lt;/a&gt; -&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-226407012760924420?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/226407012760924420/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=226407012760924420&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/226407012760924420'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/226407012760924420'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/lancien-langage.html' title='L&apos;Ancien Langage'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcoZmESPROI/AAAAAAAAAKs/DnKAnZFgKx8/s72-c/socrate.gif' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-7926266243483260432</id><published>2007-02-06T20:47:00.001+01:00</published><updated>2007-02-25T22:27:01.256+01:00</updated><title type='text'>Le Chemin du Langage</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’histoire de la pensée ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ou &lt;em&gt;le Chemin du Langage selon &lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Heidegger&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La conception objectivante et théorique rend "oublieux" de la question de l’Etre et attentif seulement aux &lt;em&gt;étants &lt;/em&gt;(« l’être arbre » est différent de « l’être humain », mais ce sont des &lt;em&gt;étants &lt;/em&gt;qui appartiennent à l’Être). &lt;br /&gt;Or, c’est dans le langage (dans la parole) que l’être retentit ; se révèle et se retire. &lt;br /&gt;Le langage demeure donc capital : l’avenir de l’être et de l’homme se jouent dans le langage qui, pas plus que l’homme ou que l’être lui-même, n’est simplement un étant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le règne de la technique invite à caractériser notre époque, c'est-à-dire une certaine époque de &lt;em&gt;l’Histoire de l’Etre &lt;/em&gt;et du rapport de l’homme à l’Etre, en référence au plus extrême oubli. &lt;br /&gt;La technique, qui s’applique de plus en plus à l’homme (objectivation, manipulation, exploitation de l’homme), n’est pas un phénomène dont la portée et la signification s’épuisent avec l’humain. &lt;br /&gt;Le sens et l’essence de la technique ne sont pas compréhensibles en fonction simplement d’une certaine conception de l’homme (anthropologie) et de l’histoire de l’humanité.&lt;br /&gt;La représentation courante qui assimile la technique à un ensemble d’instruments et d’outils au service des hommes et du progrès (sous réserve de leur bon usage) est la vue superficielle, anthropocentriste et instrumentaliste. Cette conception, très répandue, ne permet pas de penser le phénomène technique. Elle fait partie de ce phénomène, elle relève de l’idéologie technicienne et, au-delà, de l’oubli métaphysique de la question de l’Etre. &lt;br /&gt;Comment faut-il dès lors penser le règne contemporain de la technique ? L’unique réponse est : la technique et son primat sont la manière dont, aujourd’hui, l’Etre se dissimule et dont l’homme l’oublie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La technique se situe dans le prolongement de &lt;strong&gt;&lt;em&gt;l’Histoire de la pensée occidentale&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;, depuis le fourvoiement métaphysique platonicien, qui s’intensifie avec &lt;strong&gt;Descartes &lt;/strong&gt;et l’invention de la science moderne et qui culmine dans le nihilisme contemporain&lt;br /&gt;Par conséquent : &lt;br /&gt;- La science (comme projet de connaissance théorique) est foncièrement technicienne. La technique exprime la nature de la science ou son destin profond. Or, celle-ci ne pense pas, elle calcule. Elle est le contraire de la pensée méditante authentique&lt;br /&gt;- l’ensemble de la pensée théorique – la &lt;em&gt;theoria &lt;/em&gt;– à laquelle s’identifie le projet philosophico-métaphysique du savoir, est, dès le départ, un projet technicien. La pensée théorique est technicienne parce qu’elle procède d’une volonté de maîtrise, d’une domination de l’ensemble de l’étant. De la théorie spéculative à la technique opératoire, on passe seulement d’un maîtrise symbolique à une maîtrise effective, concrète, de l’étant. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Depuis 2 500 ans, l’Occident serait donc fondamentalement techno-logique. &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivé à ce point où il n’est plus possible pour l’homme d’aller plus avant sans se nier radicalement, il est permis d’espérer qu’un sursaut salutaire se produise. S’arrachant, enfin, à son égarement plus que bi-millénaire, l’homme est capable de s’arrêter, de renouer avec la pensée méditative, de s’aviser de ce qui s’est passé à l’aube de la philosophie. Et, ayant accompli ce grand « pas en arrière » qui permet de revenir à ce que les penseurs pré-socratiques avaient entrevu, il pourra s’engager sur un autre chemin, non oublieux de la question de l’Etre. Ce chemin est un chemin de langage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien qu’il y ait eu des lueurs de vérités tout au début de la pensée philosophique (les penseurs avant &lt;strong&gt;Socrate&lt;/strong&gt;), la philosophie s’est décidément engagée sur la voie illusoire de la métaphysique. L’erreur de &lt;strong&gt;Platon &lt;/strong&gt;(la réduction de l’Etre à l’étant) se poursuit et s’aggrave dans la « modernité » ; elle culmine avec &lt;strong&gt;Nietzsche &lt;/strong&gt;et s’achève dans notre contemporanéité technologique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La philosophie – &lt;em&gt;la métaphysique&lt;/em&gt; – noue au langage un rapport faussé. &lt;br /&gt;Elle a placé le langage sous le signe de l’étant, c'est-à-dire de l’objet et de l’objectivation universelle. C’est ce rapport faussé et forcé qu’il s’agit de défaire, afin de nouer à la parole et à la pensée une relation libre. &lt;br /&gt;Liée à l’histoire de la métaphysique et de la science (de la pensée théorique), la conception objectivante du langage culmine dans la technologie contemporaine (notamment la cybernétique et l’informatique). Elle est donc étroitement associée à la volonté de maîtrise et de domination calculatrices.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;u&gt;La modernité&lt;/u&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une volonté de certitude, caractéristique de cette modernité, va de pair avec le développement de la pensée analytique, calculante, méthodique (procédurale et technique), qui quantifie et mesure. &lt;br /&gt;De là, l’importance des mathématiques pour la constitution de ce savoir assuré, qui se déploiera sous le nom de science moderne. &lt;br /&gt;Ce savoir certain offre une maîtrise objective de la nature et permet, grâce à la science et à la technique, de la dominer. &lt;br /&gt;Certes, c’est le dieu véridique (selon &lt;strong&gt;Descartes&lt;/strong&gt;) qui assure l’adéquation entre mes représentations évidentes et les lois de la nature, mais la certitude au sujet de l’existence de ce dieu véridique est encore fondée dans l’évidence que j’ai de l’idée d’un tel dieu. &lt;br /&gt;Le sujet pensant humain apparaît bien comme le fondement ultime de toute vérité et de toute réalité.&lt;br /&gt;La &lt;em&gt;philosophie moderne&lt;/em&gt; sera donc une philosophie de la subjectivité – un anthropocentrisme. &lt;br /&gt;L’assurance radicale que le sujet acquiert ainsi concerne : &lt;br /&gt;- &lt;u&gt;le plan théorique du savoir&lt;/u&gt; : une science sûre, objective, vraie ;&lt;br /&gt;- &lt;u&gt;le plan pratique de la survie&lt;/u&gt; : une technique de plus en plus puissante, rendant l’homme « maître et possesseur de la nature » ;&lt;br /&gt;- &lt;u&gt;le plan moral&lt;/u&gt; : l’homme est libre, autonome, il est source et fondement de toutes valeurs et lois. Une règle n’est pas obligatoire parce qu’elle est révélée ou traditionnelle, mais parce que sa représentation sera perçue par le sujet pensant (rationnel) comme évidemment obligatoire. La morale kantienne explicitera cet aspect de la modernité demeuré embryonnaire chez Descartes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;u&gt;Le Nihilisme contemporain&lt;/u&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon &lt;strong&gt;Heidegger&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Nietzsche &lt;/strong&gt;achève l’histoire de la métaphysique occidentale – et donc l’oubli de l’Etre – sans réussir à s’en libérer. &lt;br /&gt;Quels sont les aspects de cet achèvement qui culmine sous la forme du nihilisme contemporain ?&lt;br /&gt;- Il n’y a plus que des étants. Seule la totalité de l’étant est encore considérée. Ceci est déjà vrai pour l’ensemble de la métaphysique. &lt;br /&gt;Fondamentalement, « tout se vaut » et « rien n’a plus de valeur en soi. » &lt;br /&gt;Cette homogénéisation radicale travaille la philosophie depuis son origine et culmine dans le nihilisme contemporain. Toute l’histoire de l’Occident est nihiliste.&lt;br /&gt;- Seul le devenir est considéré. Un devenir que l’homme conçoit comme un processus illimité dépourvu de sens et de but. &lt;br /&gt;- Produit de &lt;em&gt;la volonté de puissance &lt;/em&gt;naturelle, l’homme est devenu le sujet de cette volonté. Une volonté qui ne cesse d’inventer des buts de calculer les moyens pour les atteindre, mais une fois réalisés, elle les abandonne ou les capitalise, pour se tourner vers de nouveaux objectifs, etc.&lt;br /&gt;L’homme devenu le sujet de cette volonté : c’est à travers sa pensée et son action qu’elle s’exprime désormais. C’est l’homme qui invente buts et valeurs à partir d’une liberté et d’une spontanéité radicales. L’homme contemporain ne cesse de réinterpréter l’étant, de le travailler, de l’opérer, de détruire, de stocker et créer de nouvelles formes et de nouveaux contenus. &lt;br /&gt;Tous les buts, toutes les valeurs apparaissent désormais comme posés – sans raison ni nécessité – par la subjectivité humaine. C’est le règne du relativisme et du décisionnisme, des morales et des conceptions du monde, sans autre fondement que l’acte irrationnel et contingent qui les institue de manière éphémère. &lt;br /&gt;L’homme se préoccupe tout particulièrement de sa survie, condition nécessaire du déploiement plus avant de sa volonté de puissance. Aussi attache-t-il une importance capitale à la maîtrise et au contrôle de l’étant en devenir, c'est-à-dire de la nature. &lt;br /&gt;Sciences et techniques apparaissent comme des moyens privilégiés de la volonté de puissance humaine qui réduit la vérité à l’efficacité, la pensée au calcul et le réel à une matière infiniment opérable et exploitable…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Heidegger &lt;/strong&gt;est l’un des plus éminents représentants de l’intérêt, extrême et universel, manifesté par la philosophie à l’égard du langage, au XXe siècle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soulignant la technique et le langage, &lt;strong&gt;Heidegger &lt;/strong&gt;exprime, à sa manière, l’enjeu capital de notre temps.&lt;br /&gt;La seule réponse possible au règne de la technoscience serait une revalorisation du langage, associé à un mode de penser et de dire qui, ne répétant pas l’attitude théorique métaphysique, ne reconduise pas, &lt;em&gt;in fine&lt;/em&gt;, à la technoscience.&lt;br /&gt;La poésie est le lieu où l’être non objectivant du langage a pu, par excellence, s’exprimer. Les poètes, grâce à leur dialogue poétique avec le langage et avec les choses, déploient un monde et une histoire. Ils ne cherchent pas à dominer.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Heidegger &lt;/strong&gt;se défend d’être anti-technoscience. Il ne serait opposé qu’à l’impérialisme des sciences et des techniques. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais &lt;strong&gt;Heidegger &lt;/strong&gt;n’est pas un héritier des &lt;strong&gt;Lumières&lt;/strong&gt;. L’humanisme progressiste est, lui aussi, anthropocentrique, et donc oublieux de la question de l’être. &lt;br /&gt;L’humanisme, associé aux progrès des sciences et des techniques, et fidèle aux notions modernes de raison, sujet, volonté, appartient à la métaphysique. Aussi n’y a-t-il guère de place, chez &lt;strong&gt;Heidegger&lt;/strong&gt;, pour une philosophie sociale et politique, qui nous ferait que nous détourner de la pensée méditante. &lt;br /&gt;Seul compte le face à face entre l’être et l’homme sous la figure du penseur-poète. Certes le langage est dialogue, mais c’est à un dialogue avec l’être et le langage lui-même que nous sommes conviés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/lancien-langage.html"&gt;Page précédente&lt;/a&gt; - &lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/le-sicle-des-lumires.html"&gt;Page suivante &lt;/a&gt;-&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-7926266243483260432?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/7926266243483260432/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=7926266243483260432&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/7926266243483260432'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/7926266243483260432'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/le-chemin-du-langage_06.html' title='Le Chemin du Langage'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-8141478524251880063</id><published>2007-02-06T18:43:00.000+01:00</published><updated>2007-02-06T18:55:18.136+01:00</updated><title type='text'>L’importance du sport dans la vie d’une personne sourde</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;A l’occasion des 110 ans de la &lt;strong&gt;fondation du Cercle de l’Abbé de l’Epée  &lt;/strong&gt;– vendredi 17 novembre 2006 – « &lt;em&gt;Le futur des Sourds a-t-il un avenir ?&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La dimension du sport dans la vie d’une personne sourde est-elle probablement plus importante que celle de l’entendant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour répondre à cette question, je ne pourrai expliquer l’intérêt du sport chez les sourds sans donner un aperçu de l’histoire du sport qui nous permettra de mieux comprendre son importance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pratiqué au départ à titre de loisir, le sport vit le jour durant la 2ième moitié du 19ième siècle avec la pratique de l’aviron, boxe, tennis, cyclisme, etc.&lt;br /&gt;Cette époque coïncide en effet avec le Congrès de Milan et de ses conséquences désastreuses qui s’ensuivirent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l’image des entendants, des personnes sourdes sont tentées de l’intérêt du sport et s’adonnent à la pratique du vélo en participant aux compétitions de course chez les entendants.  Malgré leurs bonnes performances, les sourds causèrent soi-disant des accidents dus à leur surdité.  Ils furent priés de quitter aussitôt la compétition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toujours à cette période, les enseignants sourds furent délaissés petit à petit de leur établissement pour donner place aux entendants, seuls aptes à enseigner la parole, conformément aux exigences du Congrès du Milan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des cours d’éducation physique furent donnés mais s’apparentèrent à de l’éducation militaire – prétexte à un meilleur comportement.  La pratique de la natation fit allusion à un lavage des oreilles pour une meilleure audition de même à  une bonne respiration pour la parole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’épanouissement de la personne sourde fut ignoré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au début du siècle précédent, face à l’oralisme grandissant, les sourds se réunirent et cela déboucha à la création des foyers, existant jusqu’à nos jours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps ne tarda pas à venir à la mise en place des clubs sportifs au sein des foyers à l’exemple d’Anvers, Gand, Liège et Bruxelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous l’impulsion d’un sourd liégeois, &lt;strong&gt;Emile Cornet&lt;/strong&gt;, une fédération sportive est née en 1922 et existe depuis lors.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux ans plus tard déjà, en 1924, le sport dépassa nos frontières puisque &lt;strong&gt;Antoine Dresse&lt;/strong&gt; co-fonda avec un français &lt;strong&gt;Eugène Rubens-Alcais &lt;/strong&gt;une fédération internationale, le &lt;strong&gt;C.I.S.S.&lt;/strong&gt; (&lt;em&gt;Comité International du Sport des Sourds&lt;/em&gt;) intitulée aujourd’hui sous l’appellation : &lt;strong&gt;I.D.C.&lt;/strong&gt; (&lt;em&gt;International Deaflympic Committee&lt;/em&gt;).  Il s’agit de l’équivalent du &lt;strong&gt;I.O.C.&lt;/strong&gt; (&lt;em&gt;International Olympic Comittee&lt;/em&gt;) chez les entendants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La promotion du sport chez les sourds se mit rapidement puisque à cette même année, en 1924 virent le jour les premiers Jeux Olympiques à Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant tout ce temps là, l’enseignement fut enseigné par la parole et cela amena davantage de personnes sourdes à rechercher l’épanouissement dans le sport au sein d’un club.  Le nombre de membres et clubs ne fit que croître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les manifestations sportives permirent d’ailleurs aux artistes sourds de diffuser leurs oeuvres.  Les colloques sur l’éducation se multiplièrent aux quatre coins de l’Europe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces Jeux Olympiques d’été, à l’instar de chez les entendants, se déroulèrent tous les 4 ans puis vint la guerre 40-45.  Cela n’empêcha pas les sourds de reprendre leur passion puisqu’en 1949 furent organisés les premiers Jeux Olympiques d’hiver.  En 1953, les Jeux Olympiques d’été furent confiés chez nous en Belgique, à Bruxelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est que beaucoup plus tard, en 1960 que les handicapés commencèrent à créer leurs propres Jeux sous la dénomination actuelle des Paralympics.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sport chez les sourds émigra des frontières d’Europe en 1965 où les Jeux furent organisés aux U.S.A.  La dimension internationale du sport chez les sourds atteint son apothéose grâce à l’expansion de la langue de signes pouvant être comprise de tous ceux qui la maîtrisent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hélas, cela n’empêcha pas de convaincre les entendants toujours soucieux de réparer notre surdité par la création des appareils auditifs vers les années 60-70 et devenant depuis lors de plus en plus sophistiqués.  Leur dernière invention, à savoir l’implant présente en effet un risque dans la pratique de certains sports.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Durant la 1ière moitié du siècle précédent (1900-1950), l’enseignement au sein des écoles pour sourds chez nous fut &lt;em&gt;la mission des Frères et Soeurs de la Charité&lt;/em&gt;.  Au fil du temps, ceux-ci n’imposèrent plus un oralisme pur dont ils comprirent les méfaits et cela permit à certains sourds de famille à déployer toute la richesse de leur langue à leurs semblables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers les années 70, les Frères ayant atteint l’âge de la retraite... durent être remplacés par un corps professoral qui hélas fut dépourvu de connaissance en langue des signes.  Quant aux sourds, ils furent déjà formés essentiellement dans des tâches manuelles en vue de l’exercice de leur futur métier (tailleur, cordonnier, etc.).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceci eut pour conséquence : la dégradation de la qualité d’enseignement dans ces écoles dites spéciales (type 7) et poussant certains parents à opter l’intégration pour leur enfant au sein de l’enseignement ordinaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années 80, on constata la présence des sourds intégrés au sein des clubs chez les entendants.  Leur but est quasi identique à celui des sourds un siècle plus tôt, à savoir : l’épanouissement grâce au sport.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela aboutit rapidement à une double affiliation d’une part au sein d’un club entendant et d’autre part dans un club pour sourds.  C’est-à-dire un sourd intégré s’affiliant dans un club pour sourds et un sourd dans un club pour entendants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un certain bénéfice pour le sport ressort de cette double affiliation :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;• Le sport chez les sourds permet un épanouissement complet grâce à la langue des signes ;&lt;br /&gt;• Le sport chez les entendants permet de rehausser la qualité du sport vu le nombre élargi de partenaires de tout niveau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par cette double affiliation, le sourd peut retirer un certain profit et donc partager son niveau et expérience à ses semblables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’affiliation d’un club entendant peut être conjointement liée à l’affiliation d’un club pour sourds ainsi que vice-versa.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme tout organe sportif, les clubs pour sourds sont régis par un comité et sont affiliés à une fédération composée d’un comité exécutif ainsi que diverses commissions sportives.&lt;br /&gt;Cette structure permet également aux sourds de s’épanouir, outre la pratique, dans la gestion du sport (ex : secrétaire, délégué, entraîneur, etc.).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En pratiquant un sport, le jeune sourd pourra acquérir une identité de sourd grâce à la présence active d’un adulte sourd en tant que sportif ou administrateur d’un club ou fédération.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En effet la transmission de cette identité et donc de la culture sourde n’est pas toujours faisable dans d’autres domaines tel que la profession où le sourd est souvent isolé chez les entendants ou n’a pas de travail.  De même que dans le privé où le sourd est essentiellement issu d’une génération d’entendants et ne tient qu’un rôle accessoire au sein de sa famille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Problématique actuelle :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;La Fédération Sportive des Handicapés &lt;/em&gt;regroupant les aveugles, moteurs et cardiaques souhaite vivement inclure les sourds au sein de leur organisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec comme première conséquence : notre fédération a été déchu de sa reconnaissance depuis la mise en place du dernier décret datant de 2001.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre fédération n’est donc plus subventionnée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré tous les recours épuisés jusqu’à l’engagement d’un avocat, la seule possibilité qui nous est donnée est de s’intégrer au sein de leur fédération avec les conséquences pouvant survenir :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Les sourds seront inclus immédiatement au sein d’une cellule (physique) composée d’handicapés moteurs et aveugles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Les réunions ne pourront se faire par contact direct puisque personne de cette fédération ne connaît la langue des signes.  Une interprète sera chaque fois nécessaire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* L’intérêt de la réunion sera moindre puisque les points concernant les autres handicaps ne nous concernent pas et vice-versa.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Les sourds seront progressivement voués à un rôle réduit dans la gestion de cette fédération, faute de communication.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En somme le sport des sourds sera géré par les entendants au détriment des sourds à l’image de la langue des signes, oppressée un siècle plus tôt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre histoire ne fait-elle que répéter ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Revenons au thème « &lt;em&gt;l’importance du sport chez nous &lt;/em&gt;»...  Outre les bienfaits du sport (vecteur social, santé, etc.), celui-ci a sans doute été le seul à avoir apporté sa pierre à l’édifice : la sauvegarde de la langue des signes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Nicolas Rettmann&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;nicolas.rettmann@vitalsys.biz&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-8141478524251880063?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/8141478524251880063/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=8141478524251880063&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/8141478524251880063'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/8141478524251880063'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/limportance-du-sport-dans-la-vie-dune.html' title='L’importance du sport dans la vie d’une personne sourde'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-6742116997365884836</id><published>2007-02-03T21:53:00.001+01:00</published><updated>2007-02-27T21:54:03.315+01:00</updated><title type='text'>Langage-Révolution</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;En 1776, l'abbé &lt;strong&gt;de l'Epée&lt;/strong&gt; publia anonymement « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;L’institution des sourds et muets, par la voie des signes méthodiques, ouvrage qui contient le projet d’une langue universelle par l’entremise des signes naturels assujettis à une méthode &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;». Ce livre s’adressait à l’Europe entière et dut déranger bien des précepteurs, dont &lt;strong&gt;Pereire&lt;/strong&gt;, qui tenaient leur méthode secrète.&lt;br /&gt;En 1783, l’Académie de Zurich se prononça en faveur de l’abbé &lt;strong&gt;de l’Épée&lt;/strong&gt;, retenant que l’on n’avait pas accordé suffisamment d’importance chez les sourds au pouvoir idéo-communicatif de signes universels qui véhiculaient le sens de manière plus directe que la parole. Les mots écrits pouvaient devenir l’image des signes comme ils l’étaient des paroles. Il n’était donc pas indispensable d’apprendre à parler pour savoir écrire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1779, &lt;strong&gt;Pierre Desloges &lt;/strong&gt;[un "devenu sourd"] publiait "&lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;strong&gt;Observation d’un Sourd et Muet sur un cours élémentaire d’éducation des Sourds et Muets&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;." &lt;br /&gt;Dans ce livre et dans deux lettres parues dans des journaux, l’auteur racontait les difficultés qu’il avait rencontrées depuis l’apparition de sa surdité à l’âge de sept ans : &lt;br /&gt;« &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Abandonné à moi-même et n’ayant reçu aucune instruction depuis cette époque où je savais seulement lire et un peu écrire …». &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Né près de Tours en 1747, ses parents le conduisirent à Paris à l’âge de 21 ans « &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;pour y trouver asile&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; » … « &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Mis en apprentissage contre le gré et l’avis de mes parents qui me jugeaient incapable de rien apprendre ; obligé de chercher de l’ouvrage pour subsister ; sans appui, sans protection, sans ressource ; réduit deux fois à l’hôpital, faute d’ouvrage ; forcé de lutter sans cesse contre la misère, l’opinion, le préjugé, les injures, les railleries les plus sanglants des parents, d’amis, de voisins, de confrères qui me traitent de bête, d’imbécile,…&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;» … « &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Dans les commencements de mon infirmité, et tant que je n’ai pas vécu avec des sourds-muets, je n’avais d’autre ressource pour me faire entendre que l’écriture ou ma mauvaise prononciation. Je ne me servais que de signes épars, isolés, sans suite et sans liaison. Je ne connaissais point l’art de les réunir pour en former des tableaux distincts au moyen des quels on peut représenter ses différentes idées, les transmettre à ses semblables, converser avec eux en discours suivis et avec ordre &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;». C’est à Paris « &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;qu’un sourd-muet de naissance, de nation italienne qui ne sait ni lire, ni écrire&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; » l’initia au langage des signes à l’âge de 27 ans, 8 ans après son arrivée à Paris.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pierre Desloges&lt;/strong&gt; ne pouvait accepter sans réagir l’attaque de l’abbé &lt;strong&gt;Deschamps &lt;/strong&gt;contre le langage des signes que l’instituteur méconnaissait. « &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Semblable à un français qui verrait décrier sa langue par un allemand, lequel en saurait tout au plus quelques mots, je me suis cru obligé de venger la mienne des fausses imputations dont la charge cet auteur (Abbé &lt;strong&gt;Deschamps &lt;/strong&gt;) ; et de justifier en même temps la méthode de l’abbé &lt;strong&gt;de l’Épée&lt;/strong&gt;, laquelle est toute fondée sur l’usage des signes. J’essaie en outre de donner une idée plus juste qu’on ne l’a communément, du langage de mes compagnons sourds et muets de naissance qui ne savent ni lire, ni écrire, et qui n’ont jamais reçu d’autres leçons que celles du bon sens et de la fréquentation de leurs semblables &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;». Il expliquait que, quand il a commencé à rédiger son livre « &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;pour la défense du langage par signes ou gestes, il ne pensait nullement à l’abbé &lt;strong&gt;de l’Épée&lt;/strong&gt;. … Si la méthode de cet ingénieux Instituteur des sourds et muets se trouve défendue dans mon ouvrage, ce n’est qu’indirectement, c’est qu’elle s’est trouvée nécessairement liée à mon sujet, c’est que je n’ai d’abord voulu justifier la langue des signes que par des autorités et des exemples &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;». &lt;br /&gt;Le mérite de l’abbé &lt;strong&gt;de l’Épée &lt;/strong&gt;est d’avoir observé que « &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;les sourds et muets avaient une langue naturelle au moyen de laquelle ils communiquaient entre eux : cette langue n’étant autre que la langue des signes, il a senti que s’il parvenait à connaître ce langage, rien ne lui serait plus facile que de réussir dans son entreprise. Le succès a justifié une réflexion aussi judicieuse. Ce n’est donc pas l’abbé &lt;strong&gt;de l’Épée &lt;/strong&gt;qui a créé et inventé ce langage ; tout au plus, il l’a appris des sourds et muets ; il a seulement rectifié ce qu’il a trouvé défectueux dans ce langage, il l’a étendu et lui a donné des règles méthodiques&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet ouvrage écrit par un sourd-muet dès 1779 pressentait l’enjeu du combat parole - mimique qui ne va pas cesser pendant deux siècles. &lt;u&gt;Bien au-delà des discussions sur la pédagogie, il s’agit avant tout de la place des sourds dans la société et de la prise en considération de leur &lt;strong&gt;langue naturelle&lt;/strong&gt;.&lt;/u&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce combat, les discussions reprendront sans fin, avec les mêmes arguments et la même demande de la part des sourds-muets. Toute attaque de la langue des signes était désormais ressentie comme une agression à leur dignité, ce que certains partisans de la méthode orale pure ne comprirent pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'accent est mis sur le fait que l'abbé &lt;strong&gt;de l'Epée &lt;/strong&gt;a mis en place, plus encore qu'une méthode, "un nouveau rapport à la surdité" : la reconnaissance d'un langage naturel et par la même occasion de la personne sourde. D'autre part il reconnu également un certain potentiel révolutionnaire dans l'idée d'un langage universel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’abbé &lt;strong&gt;de l‘Épée&lt;/strong&gt; avait considéré la gestualité des sourds comme une langue susceptible de perfectionnement, et l’avait assujettie à la grammaire et la syntaxe françaises. Il songeait à l’étendre aux nations européennes comme langue diplomatique afin d’instaurer la paix universelle dans la fin des disputes de mots. Pour rétablir la vérité, &lt;strong&gt;Pierre Desloges &lt;/strong&gt;décrivait dans son livre une société silencieuse autonome à Paris, avec sa propre langue des signes, différente de celle de l’abbé &lt;strong&gt;de l’Épée&lt;/strong&gt;, ayant une syntaxe et des procédés grammaticaux spécifiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès 1790, dans les documents officiels de la Convention, l’instituteur [l’abbé &lt;strong&gt;de l’Epée&lt;/strong&gt;] était glorifié : « &lt;em&gt;l’immortel l’Épée &lt;/em&gt;», « &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;strong&gt;de l’Épée&lt;/strong&gt;, dépositaire unique de cette précieuse méthode qui nous donne l’espérance de voir réaliser un projet d’une langue universelle&lt;/span&gt; &lt;/em&gt;». &lt;br /&gt;Un projet de décret de 1791 déclarait : « &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;que le nom &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt;… serait placé au rang de ceux qui ont le mieux mérité de l’humanité et de la patrie &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;». &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pereire&lt;/strong&gt;, « le premier instituteur de France », et ses méthodes pédagogiques, étaient totalement oubliés. &lt;br /&gt;La création de deux écoles pour les « indigents sourds-muets », à Paris et Bordeaux, financée par la Nation, condamnait à la clandestinité la pédagogie individuelle de la méthode orale réservée aux enfants de nantis. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au cours du Congrès [de 1878], un participant évoqua une relation de voyage d’un suédois qui avait rencontré &lt;strong&gt;Saboureux de Fontenay&lt;/strong&gt;, le célèbre élève de &lt;strong&gt;J.- R. Pereire &lt;/strong&gt;: « &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Il ne restait chez ce dernier, alors âgé d’environ 30 ans, aucune trace des leçons qu’il avait reçues . Or, il avait parlé devant les commissaires de l’Académie des sciences &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;». &lt;br /&gt;Le directeur de l’école Pereire lui répondit « &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Au reste, dans ces circonstances, nous savons que beaucoup de sourds-muets soit par timidité, soit pour toute autre cause, hésitent à faire usage de la parole en présence de personnes étrangères &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;». L’instruction par la parole du plus célèbre disciple de &lt;strong&gt;J.-R. Pereire &lt;/strong&gt;ne pouvait être un échec aux yeux des fidèles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si on ne parle pas de l’apport révolutionnaire de &lt;strong&gt;de l’Epée&lt;/strong&gt;, on ne peut pas faire clairement le lien avec ce qui s’est passé, et ce qui se passe aujourd’hui, aux Etats-Unis…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les sourds n’ont pas attendu &lt;strong&gt;de l’Epée &lt;/strong&gt;pour vivre en communauté, pour communiquer par le biais d’une langue à part entière, une langue naturellement gestuelle, pour avoir une culture… ou pour être intelligents (sic !)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors qu’est-ce que l’abbé a apporté aux sourds ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;em&gt;Ce fut lui, fils d’architecte du Roi, qui se tourna le premier vers les (...) sourds méprisés et illetrés pour leur dire « &lt;em&gt;soyez mes maitres &lt;/em&gt;» Et cet acte d’humilité lui valut une gloire éternelle. C’est lui qui mérite notre gratitude car en se faisant l’étudiant de ses élèves, en cherchant à apprendre leurs signes, l’abbé s’est donné les moyens de les instruire et de jeter les fondements de l’éducation des sourds. C’est pour cela que les sourds du monde entier lui ont toujours pardonné de n’avoir pas vu que la langue des signes de la communauté sourde française était une langue à part entière, et non une simple collection de signes.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Anonyme, Considérations Générales d’un Sourd-Muet, 1887.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;…les sourds demeuraient entre eux, signaient entre eux, et évitaient probablement de signer « aux yeux de tous »&lt;br /&gt;Parce qu’ils étaient considérés comme des êtres inférieurs ? Ils se cachaient, et lorsqu’ils se montraient c’était sans doute pour mendier.&lt;br /&gt;Pourquoi étaient-ils dans la mendicité ? Parce qu’ils étaient stupides ?&lt;br /&gt;Ils étaient sans doute considérés comme « idiot » et donc aucune place n’existait pour la personne sourde dans la société entendante… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les sourds étaient-ils simplement « socialement inexistant » aux yeux des entendants ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors &lt;strong&gt;de l’Epée &lt;/strong&gt;n’est pas, comme on le présente parfois, celui qui « sauve » les sourds…&lt;br /&gt;Les sauver de quoi ? : de la misère humaine dans laquelle la société les contraignait, ou de la bêtise qu’on leur accordait sans même les côtoyer, ou encore du manque supposé d’instruction, ou enfin de l’état d’être inférieur dans lequel ils étaient scellés a priori par l’entendement limité des entendants… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;De l’Epée&lt;/strong&gt; est celui qui établit, qui met en place un statut où les sourds pourront commencer à exister, socialement parlant… &lt;br /&gt;Quel statut ? En quoi les sourds ont-ils pu commencer à exister ? &lt;br /&gt;Comme si les sourds avaient attendu &lt;strong&gt;de l’Epée &lt;/strong&gt;pour exister… voilà un point qui n’est pas clair.&lt;br /&gt;C’est comme si le monde des entendants avaient pris conscience, et seulement à partir de &lt;strong&gt;de l’Epée&lt;/strong&gt;, « d’une autre manière d’être au monde », celle des sourds, par l’intermédiaire de la noblesse de cœur de cet abbé…&lt;br /&gt;C’est comme si, avant lui, le monde des entendants n’était pas encore prêt ou disposé à comprendre et à observer &lt;em&gt;une autre manière de vivre au monde&lt;/em&gt; que la sienne propre.&lt;br /&gt;Est-ce que l’abbé était lui-même dans cette « prise de conscience » ? &lt;br /&gt;Sans doute que oui, sans quoi le monde des entendants n’aurait pu s’ouvrir lui-même au monde des sourds que l’on commençait à peine à explorer…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que dit-on généralement de l’abbé &lt;strong&gt;de l’Epée &lt;/strong&gt;?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous n'allons pas vraiment en faire l’inventaire, mais plutôt essayer de montrer en quoi ce qu’on en dit, de façon élogieuse, ne va pas forcément à l’avantage de l’abbé… et ce parce que cette façon de le présenter et de présenter l’histoire des sourds occulte des points qui nous semblent très importants… &lt;br /&gt;Importants pour comprendre la suite de l’histoire et comprendre ce qui se passe aujourd’hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- les précepteurs comme &lt;strong&gt;Pereire &lt;/strong&gt;(ou avant lui) s’occupaient des sourds (en général des « devenus-sourds ») nés de parents entendants riches, nobles ou illustres… afin d’assurer la descendance ou la réputation d’une lignée… &lt;br /&gt;Ce qui, par la même occasion, conférait une certaine notoriété et réputation à &lt;strong&gt;Pereire &lt;/strong&gt;lui-même…&lt;br /&gt;Ce n’était peut-être plus aussi systématique qu’avec &lt;strong&gt;&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RdSZ8MFJZII/AAAAAAAAAMo/1Q36BxGCH2U/s1600-h/PedroPonceDeLeon.jpg"&gt;Pedro Ponce de Leon &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;(1508-1584) mais en tout cas cet enseignement était privé et payant, réservé aux nantis.&lt;br /&gt;L’abbé &lt;strong&gt;de l’Epée &lt;/strong&gt;par contre s’est occupé des sourds sans privilégier les classes aisées : son enseignement était gratuit et publique, ouvert avant tout aux démunis. &lt;br /&gt;L’abbé avait une certaine considération à l'égard les sourds… qu’il voyait malgré tout comme des infirmes dont il faudra réordonner la pensée grâce aux &lt;em&gt;signes méthodiques&lt;/em&gt;…&lt;br /&gt;Est-ce cette manière d’aborder les sourds qui fera de l’abbé un « bienfaiteur » ? &lt;br /&gt;Les établissements qui s’ouvriront plus tard pour accueillir cet enseignement basé sur la gestualité allaient devenir par la suite une sorte de refuge pour la langue naturelle des sourds, son apprentissage et sa transmission.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- L’abbé a inventé un langage à mi-chemin entre la langue naturelle des sourds (la LS de l’époque) qu'il a appris auprès des sourds mais qu'il n'enseignait pas, et la grammaire française de l’époque…&lt;br /&gt;On dit souvent que, finalement, « &lt;em&gt;la voie des signes méthodiques &lt;/em&gt;» ne représente pas l’apport réel de &lt;strong&gt;de l’Epée&lt;/strong&gt;… &lt;br /&gt;Du reste, grâce à &lt;strong&gt;Bebian &lt;/strong&gt;on reviendra à la langue des signes naturelle…&lt;br /&gt;L’abbé aurait inventé une sorte de « langue-statut » ; une sorte de « français-signé » qui rendait la langue naturelle des sourds peu praticable, mais qui en contre partie donnait aux sourds l’estime des entendants, fascinés par le spectacle de la culture et surtout de la raison capable de « relever les êtres inférieurs de la bêtise et de la misère humaine. »&lt;br /&gt;C’est significatif : l’abbé utilise une sorte de « français signé » qui manifeste clairement sa manière de considérer la personne sourde : un individu qui, de par son &lt;em&gt;infirmité &lt;/em&gt;(terme qu’il utilise lui-même), use d’un langage naturel, &lt;em&gt;sauvage&lt;/em&gt;, que la raison humaine - celle des entendants - peut parfaire, améliorer… et par la même occasion un individu susceptible d’être instruit et de recevoir la même connaissance que les entendants… &lt;br /&gt;Pour &lt;strong&gt;Pereire &lt;/strong&gt;(et l’ensemble des partisans de l’oralisme ?), la personne sourde est surtout un individu potentiellement « assimilable », modulable, corrélable, qu’on peut soumettre aux méthodes d’intégration qui visent « l’annulation » de l’aspect visible de ce qui était considéré comme un &lt;em&gt;handicap&lt;/em&gt; ou une &lt;em&gt;infirmité&lt;/em&gt; ; la lecture labiale et l’oralisation, en première ligne, sont parmi lesdites méthodes, la technique et les moyens utilisés pour parvenir au but… &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pereire &lt;/strong&gt;comme &lt;strong&gt;de l’Epée &lt;/strong&gt;fascinaient le public qui assistait au « spectacle »&lt;br /&gt;Mais de quel &lt;em&gt;spectacle &lt;/em&gt;s’agissait-il ? Celui qu’on retrouvera d’ailleurs en 1880 ?&lt;br /&gt;Le spectacle fascinant de la méthode ; le public était captivé par la méthode et la raison grâce à laquelle &lt;strong&gt;de l’Epée &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Pereire &lt;/strong&gt;instruisaient/intégraient les sourds, les moulant dans l'univers des entendants... enfin visibles aux yeux des entendants, comme le dira lui-même &lt;strong&gt;de l'Epée&lt;/strong&gt; dès le premier chapitre de son ouvrage de 1776 intitulé : « &lt;em&gt;Pourquoi voit-on aujourd’hui plus de sourds et muets qu’il n’en avait paru jusqu’à présent ?&lt;/em&gt; », l’abbé pressentait l’impact de son « enseignement spectacle » : « &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Les exercices publics ont changé les choses. Ces enfants qu’on avait regardés jusqu’à maintenant comme des rebuts de la nature ont paru avec plus de distinction, et fait plus d’honneurs à leurs pères et mères que les autres enfants. ... On montrait ces acteurs de nouvelle espèce avec autant de confiance et de plaisir qu’on avait pris jusqu’alors de précautions pour les faire disparaître. La surdité, qui semblait ne devoir être le partage que de ces hommes qui mendient leur pain dans la rue en tenant une petite sonnette ne paraît plus qu’une de ces difformités corporelles dont les conditions les plus élevées ne sont point exemptes et aux inconvénients de laquelle il est facile de remédier &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était sans doute très valorisant pour les partisans laïques de cette nouvelle &lt;em&gt;religion de la logique&lt;/em&gt;...&lt;br /&gt;Il faut replacer ces événements dans le contexte de l’époque où les philosophes des &lt;strong&gt;Lumières &lt;/strong&gt;avaient laissé leurs traces et leurs goûts prononcés pour les sciences naissantes, pour l’esprit rationnel capable d’améliorer la condition humaine par la technique… et l’espoir d’un bonheur social et matériel associé…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Du côté du privé, le but c’est toujours l’intégration ; le statut de &lt;em&gt;descendant &lt;/em&gt;et héritier d’une lignée est très important puisque c’est en rapport avec ce statut social que l’oralisation est née, pour ainsi dire… &lt;br /&gt;L’apprentissage de la parole est donc étroitement associé à l’intégration en milieu entendant, lié au prestige, au pouvoir et aux ressources financières d’une lignée, et au fait d’assumer un statut social qu’on dira de « noblesse », lié à la réputation, etc.&lt;br /&gt;(c’est aussi ces lignées de riches héritiers qui financeront les futurs congrès dont celui de 1880 à Milan… la famille &lt;strong&gt;Pereire &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Bell &lt;/strong&gt;en sont certainement les deux les plus influentes)&lt;br /&gt;Par contre, avec &lt;strong&gt;de l’Epée&lt;/strong&gt;, on a l’impression que cette question est inexistante : pourtant l’abbé œuvre dans la même voie que &lt;strong&gt;Pereire&lt;/strong&gt;, pourrait-on dire puisqu'il essaie à sa manière d’insérer les sourds dans le milieu entendant. Et il enseignera même la parole à certains élèves, dans certaines conditions.&lt;br /&gt;Mais &lt;strong&gt;de l’Epée &lt;/strong&gt;cherche vraiment à instruire les sourds beaucoup plus qu’à les intégrer sans doute ; c’est cette noble intention qui fera en sorte qu’il utilisera la langue naturelle des sourds (la langue des signes), pensant pouvoir l’améliorer avec sa méthode, pour permettre aux sourds d’accéder aux connaissances, les mêmes que celles des entendants. &lt;br /&gt;Est-ce cette intention-là qui fera la notoriété de l’abbé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- L’aspect révolutionnaire de l’abbé &lt;strong&gt;de l’Epée &lt;/strong&gt;est lié à son époque, à l’esprit de son époque, et au fait qu’il était lui-même influencé par cet esprit révolutionnaire.&lt;br /&gt;C’est une donnée importante parce que, cet homme qui sera encore vénéré des siècles après, avait prédit l’émancipation des sourds… avait envisagé une langue gestuelle universelle capable de mettre fin aux guerres linguistiques très présentes déjà à l’époque et, dans un certain sens, mettre fin aussi aux guerres idéologiques nationalistes… il envisageait cela pour l’Europe au moins… En cela, on serait tenté de dire qu’il avait vu l’union européenne cimentée dans un langage universel rassembleur des minorités ? Peut-être…&lt;br /&gt;C’est en rupture, bien nette, avec la &lt;em&gt;docilité totalitaire &lt;/em&gt;du « domaine privé » qui cherche avant tout l’intérêt personnel et économique, le maintien du prestige déjà en place… et le contrôle social, le nivellement des différences par le bas…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet &lt;em&gt;avant-gardisme &lt;/em&gt;chez l’abbé n’est pas mis en évidence quand on parle de l’histoire des sourds… serait-il occulté ? Pourquoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au lieu de ça, on présente généralement l’abbé comme un religieux qui cherche à instruire les sourds aux préceptes chrétiens… c’est vrai aussi… mais comment donc les hommes le vénèrent-ils tout en réduisant son apport et son action à presque rien ?!&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RdSeTMFJZJI/AAAAAAAAAM0/RcMe3qCfwnY/s1600-h/massieu-sicard.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RdSeTMFJZJI/AAAAAAAAAM0/RcMe3qCfwnY/s400/massieu-sicard.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5031820736177202322" /&gt;&lt;/a&gt;C’est pourtant crucial puisque, grâce à &lt;strong&gt;de l’Epée &lt;/strong&gt;et ensuite à &lt;strong&gt;Sicard&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Massieu &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Clerc &lt;/strong&gt;vont exporter le modèle français qui sera adapté aux Etats-Unis par &lt;strong&gt;Thomas Hopkins Gallaudet&lt;/strong&gt; et à sa suite son fils &lt;strong&gt;Edward Miner Gallaudet&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;Tout l’aspect révolutionnaire va quitter la France et se loger en Amérique, pour ainsi dire.&lt;br /&gt;Les « penseurs-poètes » (&lt;strong&gt;Massieu &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Clerc&lt;/strong&gt;), dignes représentants de la finesse et de la sensibilité de l’élite sourde, iront vivre la liberté… sans attendre que les rationalistes fassent la paix avec leurs concepts et leurs catégories dévalorisantes, leur volonté de contrôle et de domination de la nature par la technique…&lt;br /&gt;Les premiers adopteront sans tarder la "libre gestualité" et le bilinguisme tandis que les autres essaieront de parvenir à des compromis difficiles entre les langages codés (français signé, etc.), la langue des signes retrouvée et codifiée, et une tentative de bilinguisme tardif...&lt;br /&gt;La polémique « oralisation / gestualité » va continuer à sévir et à diviser l’Europe, qui finira par s’embourber dedans, alors que l’Amérique bénéficie de l’aspect révolutionnaire imprimé par &lt;strong&gt;de l’Epée&lt;/strong&gt;… édifie un collège qui deviendra la première université au monde réservée aux sourds (&lt;em&gt;Gallaudet University&lt;/em&gt;), respectant totalement la langue des signes comme moyen d’instruction, d’éducation et de communication… d'émancipation...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand on analyse les faits, on perçoit avec limpidité que l’essor d’une élite sourde en Amérique est pour une bonne part le fait de l’abbé &lt;strong&gt;de l’Epée&lt;/strong&gt;…&lt;br /&gt;Cet homme n’a pas sauvé les sourds de la soi-disant bêtise dans laquelle ils étaient mais plutôt il aurait permi la diffusion, l'usage indirecte et la sauvegarde de la langue des signes naturelle des sourds... il l'aurait sauvé de &lt;em&gt;l’ignorance rationalisée&lt;/em&gt; des entendants… &lt;br /&gt;Cet homme n’a pas créé une méthode mais une manière d’amener la communauté sourde à la conscience du monde entendant ; grâce à la gestualité et à la raison, unifiées dans un langage qu’on dirait proche d’un « français signé »…&lt;br /&gt;Les « signes méthodiques » étaient une sorte de passerelle qui fut nécessaire pour faire en sorte que les deux mondes puissent enfin se rencontrer…&lt;br /&gt;La création de ces « signes méthodiques » est l’œuvre qui a permis de sauvegarder la communauté des sourds de l’oralisation naissante et grandissante de l’époque, c’était comme un passage obligé entre la gestualité à l’état pur (la langue naturelle des sourds) et la grammaire rationaliste du monde entendant…&lt;br /&gt;…un passage obligé car le monde des entendants n’étaient pas du tout prêt à appréhender la richesse et l’autonomie de la langue naturelle des sourds… en cela, l’abbé n’a fait aucune erreur… bien au contraire… à son insu ou pas, d’ailleurs.&lt;br /&gt;L’abbé a créé cette &lt;em&gt;passerelle&lt;/em&gt;, porteuse aussi d’une reconnaissance sociale, d’un statut social, édifiant une place pour la personne sourde… bien qu’il faudra attendre &lt;strong&gt;Bebian&lt;/strong&gt;, puis &lt;strong&gt;Clerc &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Gallaudet &lt;/strong&gt;pour une réelle compréhension, acceptation et reconnaissance de la langue naturelle des sourds et de leur communauté…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’émancipation des sourds passe par cette expérience américaine… et… celle-ci est intimement liée à l’esprit révolutionnaire incarné en l’abbé &lt;strong&gt;de l’Epée&lt;/strong&gt;…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/le-sicle-des-lumires.html"&gt;Page précédente&lt;/a&gt; - &lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/langage-technicien.html"&gt;Page suivante &lt;/a&gt;-&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-6742116997365884836?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/6742116997365884836/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=6742116997365884836&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/6742116997365884836'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/6742116997365884836'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/la-rvolution-franaise_03.html' title='Langage-Révolution'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RdSeTMFJZJI/AAAAAAAAAM0/RcMe3qCfwnY/s72-c/massieu-sicard.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-2636870763389912521</id><published>2007-02-03T21:15:00.000+01:00</published><updated>2007-02-13T23:11:14.241+01:00</updated><title type='text'>Langage objectivant</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;Chaque époque a son &lt;em&gt;épistémè&lt;/em&gt;, c'est-à-dire la grille symbolique à travers laquelle elle appréhende toute chose et définit, notamment, ce qu’elle appelle &lt;em&gt;savoir &lt;/em&gt;et &lt;em&gt;vérité&lt;/em&gt;. Ces structures ne sont pas des « visions du monde » (notion subjective et idéaliste) ; elles sont inconscientes et, d’une certaine manière, objectives. &lt;br /&gt;Selon &lt;strong&gt;Michel Foucault&lt;/strong&gt;, pour une époque donnée, il y  a une &lt;em&gt;épistémè &lt;/em&gt;commune, souterrainement, aux divers savoirs, aux diverses pratiques et aux multiples facettes de la culture. &lt;br /&gt;Ces structures déterminent des postes, des fonctions, des disciplines, des institutions, des prérogatives, dont les individus sont investis pour les exercer, en pâtir et en jouir. Ce qu’une époque appelle « rationalité » n’est qu’une expression de ces structures qui apparaissent, changent et disparaissent de manière contingente. &lt;br /&gt;D’une &lt;em&gt;épistémè &lt;/em&gt;à l’autre, il n’y a ni continuité ni progrès, mais rupture. Elles sont comme des cristallisations symboliques toujours autres. &lt;br /&gt;Il s'agit ici, par une attention analytique appliquée à l’ensemble du champ symbolique d’une époque, de repérer et d’expliciter l’&lt;em&gt;épistémè&lt;/em&gt; sous-jacente, qui rend compte de l’émergence et du développement de telle science particulière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ces années qui suivirent la Révolution française, un guérisseur «naturaliste», &lt;strong&gt;Urbain-René-Thomas Le Bouvyer-Desmortiers&lt;/strong&gt;, commit de nombreuses et douloureuses expériences para-médicales sur des adolescents sourds. Il consigna sa méthode dans son « &lt;em&gt;Mémoire ou considérations sur les sourds-muets de naissance et sur les moyens de donner l’ouïe à ceux qui en sont susceptibles &lt;/em&gt;», an VIII. La logique de ce «naturaliste» était implacable. Personne ne savait ce qu’était un sourd. Il fallait donc l’isoler, le surveiller, l’observer, noter l’évolution de la population silencieuse, conclure, agir, modifier le cours des choses en provoquant les circonstances d’une vie artificielle qui rendrait les sourds à la société, guéris ou non, mais utiles de quelque manière. Cet isolement thérapeutique se retrouvera en pédagogie. Le projet naturaliste se proposait de corriger l’image des sourds de naissance «défigurée» par les institutions spécialisées, sorte d’asiles dans lesquels ils ne pouvaient que s’étioler. Dans les années tourmentées qui suivirent la Révolution, le régime alimentaire de l’Institution parisienne était comparé à une sorte de mort, et la discipline à une règle monastique illégitime auprès d’enfants déjà reclus depuis leur naissance dans un silence sépulcral. &lt;br /&gt;Le &lt;strong&gt;Bouvyer-Desmortiers&lt;/strong&gt; suggérait un projet démentiel : l’isolement dans une contrée déserte de tous les sourds et muets d’Europe afin que ces «êtres disgraciés» puissent rejoindre leur perfection sauvage, leur vraie nature, préservée des dérèglements de la civilisation. Ainsi, on connaîtrait l’évolution réelle de la population sourde, et l’on démêlerait ce qu’elle devait à l’hérédité, la nature, et la culture. Tout sourd appartenait plus à l’état qu’à sa famille, car seuls des traitements spécifiques pouvaient le guérir. &lt;br /&gt;Le &lt;strong&gt;Bouvyer-Desmortiers &lt;/strong&gt;se confortait d’une espérance d’une guérison sur cent sourds soumis sans aucune réserve à sa médecine. Ce centième serait libéré afin de clamer la grandeur de la science qui l’aura rendu à la société. Pour les autres, on ne les doterait guère d’une culture superficielle et inutile comme dans les institutions. Il suffirait de leur enseigner le peu de paroles utiles et de les adresser pour le reste de leur vie aux manufactures édifiées auprès de cette contre-Atlantide du silence. &lt;br /&gt;Le premier médecin en chef de l’Institution parisienne, &lt;strong&gt;Jean-Marc-Gaspar Itard &lt;/strong&gt;(1774, 1838), s’élèvera contre les expériences voltaïques telles que Le Bouvyer-Desmortiers les avaient conduites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1900, lors du &lt;em&gt;Congrès de Paris&lt;/em&gt;, son président &lt;strong&gt;Ladreit de Lacharrière&lt;/strong&gt; (ancien médecin-chef de l’Institution de Paris) s'est exprimé de la façon suivante : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Au seuil du siècle nouveau, éblouis par les merveilles de l’Exposition, nous avons le devoir de regarder en arrière et de nous demander si les œuvres humanitaires ont progressé comme les sciences, comme les arts, comme l’industrie ! Nous avons pour ainsi dire domestiqué les forces de la nature jusqu’alors inconnues. Nous y avons trouvé des profusions de lumières, des forces incalculables, le pouvoir de transmettre avec la rapidité de l’éclair notre pensée jusqu’au bout du monde. Nous devons à un de nos collègues, &lt;strong&gt;M. Graham Bell&lt;/strong&gt;, la possibilité de transmettre la voix comme la télégraphie transmet l’écrit &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’émergence de la &lt;em&gt;médecine moderne &lt;/em&gt;(objective, causale, expérimentale et technique) se situe à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. Cet avènement postule une mutation épistémologique qui concerne le &lt;em&gt;savoir&lt;/em&gt;, mais aussi les pratiques, les pouvoirs et les institutions : langage, regard et geste ont été transformés. La nature de ce que l’on appelle « maladie » a été radicalement modifiée.&lt;br /&gt;La médecine traditionnelle appréhende les maladies comme des réalités en soi, des entités qui ont leur essence et qui doivent suivre le cours naturel dont la fin est la guérison ou la mort. Le médecin ne peut qu’assister ce cours de la nature au lieu le plus approprié qui est la maison du malade. &lt;br /&gt;Le langage de la médecine moderne est sans commune mesure avec cette approche : il parle de &lt;em&gt;symptômes&lt;/em&gt;, il cherche des causes sous forme d’agents infectueux irritant les tissus, il décrit le rôle du médecin comme actif et décisif. Son regard vise le diagnostic, le pronostic et la détermination de l’intervention la plus efficace. Ce regard objectivant se prolonge dans des gestes techniques et armés de techniques qui permettent de pénétrer les corps. Car le corps objectivé est opaque : la phénoménologie des symptômes ne permet pas de s’assurer, en toute certitude, de la vraie cause. Pour cela, il faut analyser, opérer, ouvrir.&lt;br /&gt;Mais ces pratiques ne s’exercent pas en famille : le lieu approprié de la saisie objective et opératoire des maladies et du traitement des malades devient l’hôpital. Avec le changement épistémique, tout change, y compris le statut institutionnel de la médecine, devenue profession libérale protégée et organisée en un corps. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les &lt;em&gt;épistémè &lt;/em&gt;et les mutations épistémiques sont des réalités dynamiques complexes qui engagent tous les aspects de l’existence humaine. &lt;br /&gt;Le langage est le moyen par excellence d’articulation du pouvoir dès lors qu’il s’exerce sous la forme du savoir. Les sciences existent dans leurs énoncés. Le pouvoir du savoir est concentré dans la vérité des énoncés scientifiques. &lt;br /&gt;Toute société a toujours cherché à canaliser, à contrôler et à réguler le discours : n’importe qui ne dit pas n’importe quoi n’importe comment ni n’importe quand. Or, à l’époque de la volonté de savoir et de vérité, ces régulations, ces partages et délimitations du discours sont soumis à l’autorité de la science. Pour être admis, reconnus, les discours sont de plus en plus contraints de feindre la volonté de vérité, de mimer la science. Ainsi, par exemple, en va-t-il des discours qui parlent de l’homme, obligés de prendre, pour être crédibles, la forme de « sciences humaines » Les discours qui n’adopteraient pas ce style sont exclus ou méprisés comme manquant de sérieux. &lt;br /&gt;Il y a en Occident moderne une crainte de la prolifération libre des discours autres que scientifiques. La peur de la parole « événement », « aléa », « discontinue », la parole en « rupture », « différente », qui n’aurait pas l’apparence de l’expression d’un sujet conscient soucieux de cerner toujours mieux la vérité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’essence du pouvoir n’est pas dans l’imposition par un sujet de sa volonté à un autre sujet. Les sujets occupent des structures de pouvoir et tirent de la jouissance et de la souffrance de cette participation aux jeux du pouvoir. Mais le pouvoir n’est pas non plus objectif, si l’on entend par là des contraintes et forces physiques, matérielles (qui sont bien entendu aussi utilisées par les structures de pouvoir). Ni subjectif ni objectif, le pouvoir est symbolique ou structurel : il ordonne les sujets et, par leur truchement, aussi un certain nombre d’objets et de processus physiques, naturels et techniques. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Saint-Simon&lt;/strong&gt; (1760-1825) est en France, avec &lt;strong&gt;Charles Fourier &lt;/strong&gt;(1772-1837) et &lt;strong&gt;Pierre Joseph Proudhon &lt;/strong&gt;(1809-1865) notamment, l’un des promoteurs de la pensée socialiste naissante au début du XIXe siècle. Elle sera critiquée par &lt;strong&gt;Marx &lt;/strong&gt;comme &lt;em&gt;utopique&lt;/em&gt;, bien qu’elle annonce déjà très nettement une série de thèmes et de valeurs qu’il développera. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parmi d'autres, &lt;strong&gt;Main de Biran &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Saint-Simon&lt;/strong&gt;, faisaient partie de la &lt;em&gt;Société pour l’Instruction primaire &lt;/em&gt;fondée en 1815 et s’inspiraient de l’éducation mutuelle de &lt;strong&gt;Bell &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Lancaster &lt;/strong&gt;qui permettait d’étendre l’instruction en nommant des moniteurs et répétiteurs parmi les élèves en surnombre des classes populaires.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;L’humanisme technophile&lt;/em&gt; que l’on perçoit clairement chez les philosophes des &lt;strong&gt;Lumières &lt;/strong&gt;se retrouve dans les idées de &lt;strong&gt;Saint-Simon&lt;/strong&gt; et de ceux qu'on appellera "positivistes"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcTwkESPRNI/AAAAAAAAAKg/nuTSOXPWXU8/s1600-h/Saint-Simon.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcTwkESPRNI/AAAAAAAAAKg/nuTSOXPWXU8/s320/Saint-Simon.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5027407586468512978" /&gt;&lt;/a&gt;La grande idée de &lt;strong&gt;Saint-Simon &lt;/strong&gt;est que la révolution politique (de 1789) n’est pas déterminante. Plus importante est la révolution industrielle (modèle anglais) : l’organisation politique doit être pensée au service de l’industrialisation et du développement économique, c’est-à-dire du travail producteur et socialement utile. &lt;br /&gt;Pour cela, il faut que la société soit scientifiquement organisée en fonction de la production et que le gouvernement revienne davantage aux savants, aux entrepreneurs et aux ingénieurs.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Saint-Simon &lt;/strong&gt;cherche à constituer une science de la société, une science sociale. D’autres idées annoncent celles d’&lt;strong&gt;A. Comte&lt;/strong&gt; : l’âge d’or de l’humanité est devant, non derrière elle, il est à produire par elle ; la société industrielle et scientifique est pacifique et prospectivement universelle, mondiale ; elle associe les hommes dans l’exploitation commune de la nature en vue d’humaniser la Terre ; elle attend des artistes qu’ils chantent, en hérauts, la nouvelle ère qu’une nouvelle religion d’amour entre tous les hommes viendrait consolider.&lt;br /&gt;Le saint-simonisme s’est constitué en une école et un mouvement qui a survécu à la disparition de son promoteur. Les saint-simoniens ont eu, au cours du XIXe siècle, une influence réelle sur le plan économique, notamment dans le développement du chemin de fer et l’institution de moyens de crédits permettant de financer des entreprises productives. &lt;br /&gt;On perçoit, naissante ici, l’idée d’une nationalisation et d’une étatisation de l’économie associée à une planification socialiste, conçue comme scientifique. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Saint-Simon&lt;/strong&gt; subordonnait le progrès et la prospérité de la société aux développements de l’industrie et de la science. Cet esprit, passe, dans une certaine mesure, dans la pensée comtienne, qui souligne également l’utilité de la science pour la société et la met au service de celle-ci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux aspects dominent la pensée d’&lt;strong&gt;A. Comte&lt;/strong&gt; : d’une part le positivisme proprement dit, à savoir une conception et valorisation des sciences empiriques et mathématiques, capitales pour l’humanité ; d’autre part, un sociocentrisme ou même un anthropocentrisme, qui pose la société, présomptivement étendue à toute l’humanité, comme le sujet ultime de la pensée, du savoir et de l’action. La Société ou l’Humanité, prenant ainsi, d’une certaine façon, la place de dieu, peut faire l’objet d’un culte, d’une religion. &lt;br /&gt;La sociologie pourra devenir l’instrument d’organisation d’une société pacifique et productive de mieux-être. Cette introduction centrale de la société en tant que thème majeur de la philosophie est l’expression d’un sociocentrisme qui prendra de plus en plus d’importance aux XIXe siècle et XXe siècles. Ainsi que nous l’avons déjà souligné, ce n’est plus ni Dieu, ni la Nature, ni l’Homme, ni la Raison ni même la Science qui sont le centre, l’origine et la finalité ultime de la pensée, mais la Société, dont l’étendue se confond, en droit, avec l’Humanité en train de s’unifier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le positivisme qui &lt;em&gt;stricto sensu &lt;/em&gt;correspond à l’esprit de la science moderne, telle qu’il était célébré au XIXe siècle. C’est pourquoi la qualification de « positiviste », même prise de façon non péjorative, tend souvent à connoter certaine limitation, une étroitesse de perspective, voire un manque d’imagination.&lt;br /&gt;Le positivisme valorise les sciences dont l’état de développement (la méthodologie) aurait atteint un stade positif (débarrassé de toute forme de théologie et de métaphysique) : les mathématiques et la physiques ; à un degré nettement moindre, la chimie et la biologie ; la sociologie ou « physique sociale », enfin, que A. Comte contribue à élaborer. En fait, les caractères de l’esprit positiviste sont les caractéristiques des sciences de la nature les plus développées au début du XIXe siècle. &lt;br /&gt;Ce sont : &lt;br /&gt;- &lt;u&gt;l’empirisme&lt;/u&gt; : l’expérience, l’observation des phénomènes sont sources de connaissances objectives.&lt;br /&gt;- &lt;u&gt;le descriptivisme&lt;/u&gt; : la science positiviste prétend moins expliquer les phénomènes naturels que les décrire. &lt;br /&gt;- &lt;u&gt;le parti pris anti-métaphysique&lt;/u&gt;, le positivisme est nominaliste, il refuse l’hypostase d’abstractions ou d’entités non observables empiriquement.&lt;br /&gt;- &lt;u&gt;le relativisme&lt;/u&gt; ; rien ne permet d’affirmer que les régularités naturelles constatées jusqu’ici seront vérifiées dans le futur. &lt;br /&gt;- &lt;u&gt;le pragmatisme&lt;/u&gt;, « Savoir pour pouvoir afin de pourvoir » a été la devise du positivisme. La valeur du savoir scientifique, positif, tient donc à son efficacité et à son utilité sociale. &lt;br /&gt;- &lt;u&gt;le consensualisme&lt;/u&gt; ; les sciences arrivées à l’état positif se caractérisent par une méthode non violente pour régler les conflits d’opinions qui, dans la mentalité religieuse et métaphysique sont interminables ou tranchés d’une manière dogmatique, voire physiquement violente. L’esprit positif permet de régler les différends d’une façon pacifique et consensuelle pour tous ceux qui acceptent de se soumettre à la règle de l’observation empirique, objective, c’est-à-dire répétable et partagée.  &lt;br /&gt;- &lt;u&gt;le statisme&lt;/u&gt; concerne surtout les sciences arrivées à l’état positif. Ces sciences se contentent d’accroître ou de préciser un corpus de lois dont l’essentiel est déjà acquis. Toutes les profondes transformations à venir en mathématique, en logique ou en physique, sont donc hors de la perspective du positivisme. Sa conception de la science positive est close, doctrinale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/langage-technicien.html"&gt;Page précédente&lt;/a&gt; - &lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/langage-utilitariste.html"&gt;Page suivante &lt;/a&gt;-&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-2636870763389912521?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/2636870763389912521/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=2636870763389912521&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/2636870763389912521'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/2636870763389912521'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/les-positivistes.html' title='Langage objectivant'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcTwkESPRNI/AAAAAAAAAKg/nuTSOXPWXU8/s72-c/Saint-Simon.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-3953951995607099833</id><published>2007-02-02T18:37:00.001+01:00</published><updated>2007-02-25T21:40:15.702+01:00</updated><title type='text'>Langage technophile</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’humanisme technophile&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La &lt;em&gt;technophilie &lt;/em&gt;exprime une appréciation positive à l’égard de la technique. Repérable de tous temps, elle n’a revêtu une importance réelle qu’à partir du XVIIIe siècle avec &lt;strong&gt;la philosophie des Lumières&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;Sa forme générale est une instrumentalisation anthropocentrée. Ceci signifie que les techniques sont définies comme un ensemble d’outils, de moyens, d’instruments au service de l’humanité. La technique n’a donc de sens et de légitimité que par rapport à une certaine conception de l’homme – une anthropologie –, qui détermine la « vraie nature humaine », ses « besoins authentiques ». La technique doit permettre la satisfaction de ceux-ci et, par conséquent, l’épanouissement de l’être humain. &lt;br /&gt;L’humanisme technophile nourrit une confiance optimiste dans la nature humaine. Celle-ci est foncièrement bonne. Les problèmes de l’humanité sont donc des problèmes techniques, solubles par le développement des arts et des sciences. Ces problèmes sont relatifs à la nature (qui doit être dominée et exploitée par et pour l’humanité) et à la société (qu’il faut organiser d’une façon juste et fonctionnelle, avec une attention particulière pour l’éducation).&lt;br /&gt;Le progrès des sciences et des techniques coïncide avec celui de l’humanité et le développement d’une « culture technoscientifique » universelle. &lt;br /&gt;L’humanisme technophile caractérise les penseurs qui se réclament des &lt;strong&gt;Lumières&lt;/strong&gt;, mais aussi les philosophes proches du &lt;em&gt;pragmatisme&lt;/em&gt;, les héritiers du marxisme et quelques post-modernes.&lt;br /&gt;D’une certaine manière, pour les citoyens fortunés des sociétés développées, ayant librement accès à toutes les techniques et au grand marché (aussi culturel) du monde, l’utopie de l’humanisme technophile serait réalisée et la fin de l’histoire aurait eu lieu.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est donc avec les Lumières que débute une course de plus en plus profonde pour instrumentaliser et objectiver le réel... pour objectiver le langage...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les Lumières&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;em&gt;Les Lumières&lt;/em&gt;" est l'expression consacrée pour désigner en France, le phénomène européen dénommé "&lt;em&gt;Enlightenment&lt;/em&gt;" en Grande-Bretagne et "&lt;em&gt;Aufklärung&lt;/em&gt;" en Allemagne.&lt;br /&gt;Qu'est-ce que les Lumières ? Sont désignés ainsi les intellectuels français qui ont propagé la confiance humaniste dans les facultés humaines - la raison, mais aussi l'imagination et la volonté - pour connaître le monde et (re)construire la société.&lt;br /&gt;Les Lumières ont réuni de nombreuses personnalités puissantes et originales. Nous ne mentionnons ci-dessous que les plus marquantes, sans dessein d'exhanstivité : &lt;strong&gt;Montesquieu&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Voltaire&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;La Mettrie&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Rousseau&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Diderot&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Condillac&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Helvétius&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;D'Holbach&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Grimm&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;D'Alembert&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Buffon&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Quesnay&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Turgot&lt;/strong&gt;...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’appellation plurielle « les Lumières » invite à une approche globale tout en soulignant la multiplicité. &lt;br /&gt;Ce qui caractérise peut-être le mieux le XVIIIe siècle français est le bouillonnement d’idées. &lt;br /&gt;Une effervescence généralisée de l’intelligence et de la sensibilité, qui va avec l’usage libéré et confiant des facultés de l’homme.&lt;br /&gt;L’époque est à la critique et à l’imagination, à la polémique, à l’échange, à la communication publique, car il faut que l’humanisme se propage. &lt;br /&gt;La confiance humaniste dans les « lumières naturelles » cristallise autour de la foi dans le progrès.&lt;br /&gt;La confiance humaniste concerne la capacité des hommes d’améliorer, grâce au développement des sciences et des techniques ainsi qu’à la réforme de la société, leur condition terrestre. &lt;br /&gt;Les Lumières ont le souci d’être utiles au genre humain et valorisent les plaisirs et le bonheur. Une importance tout à fait déterminante est attribuée à l’éducation. Celle-ci va de pair avec la volonté de communication, d’échange et de publicité, ainsi qu’avec le désir de lutter contre l’obscurantisme, car une grande partie des maux vient de l’ignorance.&lt;br /&gt;Mais, plus fondamentalement, le souci pédagogique des philosophes procède de leur croyance dans la relative malléabilité de la réalité humaine. L’individu est le produit de son temps et de son lieu ; la société peut-être reconstruite ou réformée ; l’humanité est perfectible. &lt;br /&gt;La vocation des intellectuels est de travailler à ce perfectionnement en éclairant les citoyens, mais aussi les dirigeants, qu’il convient d’aider à concevoir les bonnes réformes et à prendre les bonnes décisions.&lt;br /&gt;Le souci pédagogique des Lumières passe, le plus souvent, par le despotisme éclairé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcSjdkSPRLI/AAAAAAAAAKI/hQ1lvNZErpg/s1600-h/diderot.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcSjdkSPRLI/AAAAAAAAAKI/hQ1lvNZErpg/s320/diderot.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5027322812404024498" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcSj-USPRMI/AAAAAAAAAKQ/RUf19BJa9SA/s1600-h/diderot1.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcSj-USPRMI/AAAAAAAAAKQ/RUf19BJa9SA/s320/diderot1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5027323375044740290" /&gt;&lt;/a&gt;"Le dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers" ou &lt;em&gt;Encyclopédie &lt;/em&gt;est l’entreprise qui incarne le plus parfaitement l’esprit des Lumières.&lt;br /&gt;Ouvrage collectif, mais avant tout l’œuvre de &lt;strong&gt;Diderot &lt;/strong&gt;qui y consacra près de la moitié de son existence. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quels sont les aspects du l’Encyclopédie qui représentent si bien l’esprit des Lumières ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;u&gt;L’objet même de l’entreprise&lt;/u&gt; : il s’agit d’une somme détaillée du savoir théorique et pratique de l’époque. Elle constitue un acte de foi extraordinaire dans le progrès des sciences et des techniques, fruits des facultés humaines et instruments du progrès général de l’humanité. &lt;br /&gt;Les techniques sont tout particulièrement bien représentées, grâce à l’effort personnel de &lt;strong&gt;Diderot&lt;/strong&gt;. Elles attestent la confiance dans la capacité humaine de modifier concrètement la condition de l’homme. &lt;br /&gt;- &lt;u&gt;La volonté pédagogique&lt;/u&gt; : l’Encyclopédie constitue un outil pédagogique extraordinaire et indépendant de l’enseignement qui était complètement entre les mains de l’Eglise. &lt;br /&gt;L’ouvrage est le véhicule d’une nouvelle culture, dont les valeurs sont la raison et l’action, la vie terrestre et l’avenir de l’humanité, le mieux-être et le progrès, la tolérance et la liberté, l’avancement des techniques et des sciences. &lt;br /&gt;- &lt;u&gt;La visée universaliste&lt;/u&gt; : elle exprime l’ambition rationaliste des Encyclopédistes et leur volonté de traiter tous les êtres humains d’une manière égale. L’universalisme de l’Encyclopédie se manifeste sous plusieurs formes : &lt;strong&gt;(a)&lt;/strong&gt; le contenu : scientifique et technique pour l’essentiel, il se veut objectif ; &lt;strong&gt;(b)&lt;/strong&gt; le langage : clair, direct et accessible, sans difficulté inutile &lt;strong&gt;(c)&lt;/strong&gt; le public visé : il est illimité ; l’importance accordée aux métiers et aux arts montre que l’Encyclopédie n’a pas seulement les intellectuels pour cible. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La constitution d'une société dans laquelle l'individu puisse à la fois rencontrer la satisfaction de ses besoins, le bonheur et un maximum de liberté, est la préoccupation fondamentale des Lumières. Elle est déjà au centre de L'esprit des lois de &lt;strong&gt;Montesquieu&lt;/strong&gt;, qui voit dans la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) une condition et une garantie pour les libertés personnelles.&lt;br /&gt;Un autre Encyclopédiste, le docteur &lt;strong&gt;François Quesnay &lt;/strong&gt;(1694-1774), est le fondateur français de l'économie politique et le chef de file de la physiocratie. Il croit qu'une science de la production, de la distribution, de l'échange et de la consommation des biens est possible au plan de la société globale, et qu'elle doit servir de base à une politique rationnellement informée. Ces thèses jettent les bases d'une appréhension de la société inspirée par la méthode scientifique et par la confiance dans l'efficacité de réformes techniques imposées par un pouvoir fort et éclairé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Quelle est le rapport que les Lumières ont entretenu avec le monde Sourd ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Leibniz &lt;/strong&gt;avait en son temps dénoncé chez les sourds et les aveugles une double différence : l’une relevant de leur spécificité sensorielle, d’ordre naturel, qu’il fallait respecter, l’autre, beaucoup plus insidieuse, résultant de l’acharnement souvent déplorable de leurs éducateurs qui niant leur particularité provoquaient l’autre différence, celle due à une instruction inadaptée. &lt;br /&gt;C’était déjà reconnaître tout le danger pouvant couver sous le masque de la philanthropie. &lt;br /&gt;Cette différence due à l’éducation faisait justement l’objet des plus grandes attentions chez &lt;strong&gt;Condorcet &lt;/strong&gt;qui désirait par l’étude et la science réduire les inégalités parmi les hommes, rappelant dans son « Fragment sur l’Atlantide… » un retour à l’âge d’or de l’humanité, celui du savoir et de la raison équitablement partagés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour &lt;strong&gt;Denis Diderot&lt;/strong&gt;, « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Pereire &lt;/strong&gt;doit sa méthode à son génie&lt;/em&gt; ». &lt;br /&gt;Ainsi, la situation de « premier instituteur des sourds-muets en France » paraissait bien assise. Parfaitement intégré en France, il élevait les enfants dans la religion des parents. Certes, il n’avait formé aucun disciple ni édité aucun ouvrage précisant sa méthode. Mais aucun concurrent ne semblait faire de l’ombre à sa réputation quand survint l’abbé &lt;strong&gt;de l’Épée&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;Un violent affrontement se produisit entre les deux pédagogues aux conceptions opposées : parole et gestualité, enseignement payant et gratuité, pédagogie individuelle et enseignement collectif. &lt;br /&gt;En moins de deux décennies, la notoriété de &lt;strong&gt;Pereire &lt;/strong&gt;fut totalement éclipsée par celle de l’abbé &lt;strong&gt;de l’Épée&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;Pour ses amis, et plus tard ses descendants, cette situation constituait une injustice. Près d’un siècle plus tard, sa famille voudra honorer sa mémoire par la création d’une école recourant à la « méthode orale » et la promotion des premiers « &lt;em&gt;congrès internationaux pour améliorer le sort des sourds-muets&lt;/em&gt; » aux conséquences désastreuses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1751, &lt;strong&gt;J.-R. Pereire &lt;/strong&gt;présente devant l’Académie royale des sciences un autre élève, &lt;strong&gt;Saboureux de Fontenay&lt;/strong&gt;, pour montrer son degré d’éducation et son élocution. &lt;br /&gt;Dans son « &lt;em&gt;histoire nat&lt;/em&gt;urelle », &lt;strong&gt;Buffon &lt;/strong&gt;écrivait :« &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Nous avons vu ce jeune homme sourd et muet à l’une de nos assemblées de l’Académie ; on lui a fait plusieurs questions par écrit ; il y a très bien répondu, tant part l’écriture que par la parole . Les résultats sont plus que suffisants pour démontrer qu’on peut, avec de l’art, amener tous les sourds et muets de naissance au point de commercer avec les autres hommes.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;» &lt;br /&gt;En 1751, &lt;strong&gt;Diderot &lt;/strong&gt;avait également interrogé l’un des élèves de &lt;strong&gt;Pereire&lt;/strong&gt;. Sa « &lt;em&gt;Lettre sur les Sourds &amp; Muets à l’usage de ceux qui entendent et qui parlent &lt;/em&gt;» proposait une historicité des langues : dans les premiers temps, les hommes communiquaient selon un mélange de cris et de gestes. &lt;strong&gt;Condillac &lt;/strong&gt;avait exposé ces conceptions dans son « &lt;em&gt;Essai sur l’origine des connaissances humaines &lt;/em&gt;», en 1746. Les gestes véhiculaient le sens mais les cris s’y substituèrent progressivement, donnant naissance aux langues orales arbitraires.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Condillac &lt;/strong&gt;affirmait que les sourds n’avaient ni idées abstraites ni mémoire, car elles demandent des symboles, c’est-à-dire le langage ; après avoir un peu fréquenté les sourds, à l’école de l’abbé &lt;strong&gt;de l'Epée&lt;/strong&gt;, il changea cependant d’opinon et &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;tenait à l’honneur de faire justice de ce silence outrageant et de mettre le sceau de la vérité et de l’immortalité à l’oeuvre de son illustre contemporain l’abbé &lt;strong&gt;de l’Epée&lt;/strong&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/le-chemin-du-langage_06.html"&gt;Page précédente&lt;/a&gt; - &lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/la-rvolution-franaise_03.html"&gt;Page suivante&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-3953951995607099833?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/3953951995607099833/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=3953951995607099833&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/3953951995607099833'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/3953951995607099833'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/le-sicle-des-lumires.html' title='Langage technophile'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcSjdkSPRLI/AAAAAAAAAKI/hQ1lvNZErpg/s72-c/diderot.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-4955593220750489170</id><published>2007-02-02T15:31:00.000+01:00</published><updated>2007-02-07T23:23:12.433+01:00</updated><title type='text'>Langue Lumières</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;Comment expliquer que le monde anglo-saxon n'a pas adhéré aux huit résolutions du Congrès de Milan, alors que l'Europe toute entière s'est empressée de les mettre en pratique et d'opérer les réformes nécessaires pour respecter les directives énoncées ?&lt;br /&gt;Comment expliquer qu'aujourd'hui, en Amérique, il existe une université pour les Sourds (&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.gallaudet.edu/"&gt;Gallaudet University&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;) où l'on communique en langue des signes, et ce, que l'on soit sourd ou entendant ? Alors qu'en Europe l'éducation et l'instruction pour les sourds en milieu universitaire ou en milieu spécialisé est profondément... "inadapté" ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la question, comment avons-nous pu passer d'une langue des signes comme projet révolutionnaire d'une langue universelle à, quelques années plus tard, une langue conçue et vécue comme "langue-handicap"... il nous apparaît important de répondre sous l'éclairage de "&lt;em&gt;l'histoire de la pensée&lt;/em&gt;"...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est en parcourant "l'histoire de la pensée" que nous mettrons en évidence un fait important, pour ne pas dire crucial : &lt;strong&gt;La surdité, aujourd'hui plus encore que par le passé, ne peut plus être considérée sans la technologie biomédicale... elles sont devenues quasi indissociables.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Mais on ne peut non plus considérer la surdité sans le langage gestuel ; quel est le rapport exact entre langage et technologie ? S'agit-il du dualisme nature/technologie ? Est-il identique à ce vieux conflit "mimique de la parole" et "mimique gestuelle" ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment dans l'histoire des hommes, une certaine "idéologie technicienne" (notamment dans une volonté de contrôle et de domination calculatrice) est apparue et comment les Sourds se sont retrouvés dans la situation d'un face à face, souvent violent, avec cette idéologie désormais dominante, qui a opéré une occidentalisation technologique de la planète... ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'histoire des Sourds ne commence pas avec le siècle des Lumières... mais on peut dire que quelque chose débute à ce moment-là : une reconnaissance si pleine qu'elle s'institutionnalise sous le génie de l'abbé &lt;strong&gt;de l'Epée&lt;/strong&gt;...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous allons évoquer l'âge des Lumières ; Comment il a donné naissance à d'autres "courant de pensée" qui, de fil en aiguille ont permis de plus en plus de dérives, jusqu'à l'avènement du &lt;strong&gt;troisième Reich&lt;/strong&gt;... et la suite que nous connaissons aujourd'hui même, avec le &lt;em&gt;nihilisme &lt;/em&gt;typique de l'Occident et de son histoire... en passant par la question importante de la bioéthique et de l'eugénique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce trajet, cette ligne de pensée, nous allons la suivre non pas seulement pour redécouvrir le passé, mais surtout pour éclairer les événements du présent.&lt;br /&gt;En quoi l'histoire des Sourds, aujourd'hui, est intimement liée au passé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/lancien-langage.html"&gt;Page suivante&lt;/a&gt; -&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-4955593220750489170?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/4955593220750489170/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=4955593220750489170&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/4955593220750489170'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/4955593220750489170'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/02/langue-lumires.html' title='Langue Lumières'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-1845973995078880693</id><published>2007-01-31T01:34:00.001+01:00</published><updated>2008-09-08T08:55:50.444+01:00</updated><title type='text'>Langue contre-orthopédique, le Contre-Pouvoir</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;François Legent :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, pour la plupart des enfants, les deux méthodes de la mimique et de la méthode orale ne pouvaient donner que des résultats imparfaits car elles comportaient la même tare : la prise en charge vers 8 à 10 ans, beaucoup trop tardive. &lt;br /&gt;Il fallut attendre les années 1970 pour prendre conscience véritablement de l’importance d’une prise en charge très précoce. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour chaque méthode, les pédagogues pouvaient montrer des exemples de réussite, mais ils étaient bien obligés de constater la médiocrité des résultats pour beaucoup d’enfants comme l’avaient fait déjà l’abbé &lt;strong&gt;de l’Épée&lt;/strong&gt; et ensuite &lt;strong&gt;Itard&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;La tentation était grande d’essayer d’améliorer les résultats en changeant de méthode. Aussi n’est-il pas surprenant de constater, depuis l’abbé &lt;strong&gt;de l’Épée&lt;/strong&gt;, le mouvement de balancier entre les deux tendances mimique et parole. La « conversion » des pédagogues ou des médecins a été souvent observée, dans un sens ou dans l’autre, durant une grande partie du XIXe siècle. &lt;br /&gt;Après 1880, il n’était plus permis de se poser la question : le vote des participants aux congrès internationaux avait montré « la vérité ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le congrès de Milan de 1880 est souvent donné comme le symbole de cette fracture entre mimique et parole, ainsi qu'entre les entendants et les sourds-muets. &lt;br /&gt;Mais lors du congrès de 1900, l’échec de la méthode orale pure, révélé aux cours des années précédentes, était patent . &lt;br /&gt;Le mépris vis-à-vis des souhaits raisonnables de la forte représentation sourde à ce congrès allait bien au-delà d’une discussion pédagogique. &lt;br /&gt;La « bienfaisance » et « l’intégration dans la société » passaient avant une véritable instruction développant l’intelligence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Le congrès de Paris de 1900. L’autisme des « entendants »&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce « &lt;em&gt;Congrès international pour l’étude des questions d’assistance et d’éducation des sourds-muets &lt;/em&gt;» s’est déroulé à l’occasion de l’Exposition universelle, comme celui de 1878. &lt;br /&gt;Cette manifestation ne ressembla pas à un congrès ordinaire, mais constitua un événement surréaliste. &lt;br /&gt;D’un côté, des sourds, notamment des Allemands qui insistèrent sur l’échec vécu de « la méthode orale pure ». &lt;br /&gt;D’un autre côté, des entendants qui ont littéralement confisqué la manifestation ; tout en reconnaissant l’échec au moins partiel de la méthode orale pure ; ils refusaient tout dialogue avec les adultes sourds et décidaient de poursuivre la même politique. &lt;br /&gt;Si en 1880, les congressistes avaient l’excuse, du moins pour certains, de ne pas connaître les méfaits de la méthode orale pure, il n’en était plus de même vingt ans après.&lt;br /&gt;Peut-on parler d’un congrès lorsqu’on sait que le Président &lt;strong&gt;Ladreit de Lacharrière&lt;/strong&gt; avait refusé de réunir les participants sourds et les participants entendants. &lt;br /&gt;En pratique, deux congrès juxtaposés se réunirent en même temps. &lt;br /&gt;Le discours du président donnait l’état d’esprit des « entendants » : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Au seuil du siècle nouveau, éblouis par les merveilles de l’Exposition, nous avons le devoir de regarder en arrière et de nous demander si les œuvres humanitaires ont progressé comme les sciences, comme les arts, comme l’industrie ! Nous avons pour ainsi dire domestiqué les forces de la nature jusqu’alors inconnues. Nous y avons trouvé des profusions de lumières, des forces incalculables, le pouvoir de transmettre avec la rapidité de l’éclair notre pensée jusqu’au bout du monde. Nous devons à un de nos collègues, &lt;strong&gt;M. Graham Bell&lt;/strong&gt;, la possibilité de transmettre la voix comme la télégraphie transmet l’écrit &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La caution de &lt;strong&gt;G. Bell&lt;/strong&gt;, fervent défenseur de la méthode orale, ne pouvait que confirmer le président dans son opinion. « &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Un grand principe domine toutes les méthodes, c’est l’éducation orale. Nous voulons que nos frères sourds-muets deviennent nos égaux par l’intelligence, le savoir et l’expression des idées. ... S’il n’y a plus d’adversaire de la méthode orale, on ne peut méconnaître que beaucoup se demandent pourquoi elle n’a pas donné tout ce qu’on pouvait en attendre.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ladreit de Lacharrière&lt;/strong&gt;, ancien médecin-chef de l’Institution de Paris, croyait aux vertus de l’oralisme, même si les résultats ne se confirmaient pas encore. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S’il avait eu la curiosité d’aller dans la salle des « sourds-muets », le président aurait pu apprendre d’un participant sourd allemand « &lt;em&gt;que les tentatives faites jusqu’à présent par les professeurs allemands en faveur de la méthode orale pure ont totalement échoué &lt;/em&gt;». Il expliquait ainsi le développement intellectuel négligé, la perte de la dextérité de la langue après l’école, les grandes difficultés à trouver du travail. Pour lui, « &lt;em&gt;naturellement la parole doit être enseignée mais jamais aux dépens de l’esprit&lt;/em&gt; ». Le congressiste sourd concluait : « &lt;em&gt;Ce que je prétends, c’est qu’avec l’institution de la méthode orale pure, on a commis la plupart des plus grands crimes contre les silencieux&lt;/em&gt; ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les sourds ne partageaient pas cette opinion ; certains se déclarèrent partisans de l’oralisme. De même, quelques « entendants » s’opposaient aux vues du président. &lt;br /&gt;Il en fut ainsi de &lt;strong&gt;Gallaudet&lt;/strong&gt;, représentant avec &lt;strong&gt;Bell &lt;/strong&gt;le gouvernement des Etats-Unis. &lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb_yiUSPQ9I/AAAAAAAAAHk/BmyurJsCClo/s1600-h/Gallaudet-.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb_yiUSPQ9I/AAAAAAAAAHk/BmyurJsCClo/s400/Gallaudet-.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5026002380543443922" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;« &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Il y a vingt ans, le Congrès de Milan dont je faisais partie commit la faute grossière de faire une déclaration au sujet des méthodes d’enseignement &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il rappelait que ce congrès n’était pas représentatif et qu’il avait étudié depuis plus de quarante ans avec soin les méthodes d’enseignement. &lt;br /&gt;« &lt;em&gt;&lt;strong&gt;La vérité démontrée n’a pas besoin d’être soutenue par des résolutions, et ce qui n’est pas la vérité ne saurait le devenir par l’effet du vote d’aucun congrès &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;». &lt;br /&gt;Mais ces paroles pleines de bon sens n’eurent aucun écho chez le président.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La section des « entendants » déclara maintenir les conclusions du congrès de Milan. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les revendications des « sourds-muets » n’étaient pas révolutionnaires. &lt;br /&gt;Ils demandaient notamment que :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- la méthode soit choisie en fonction des aptitudes de l’enfant et que la « mimique » soit réservée aux enfants qui « ne réussissent pas avec l’enseignement par la parole » ;&lt;br /&gt;- des sourds-muets puissent être professeurs ;&lt;br /&gt;- les écoles de sourds-muets soient transférées au Ministère de l’Instruction publique car « &lt;em&gt;ils veulent être des citoyens comme les entendants &lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à la séance de clôture, elle se réduisit à une brève allocution du président pour « &lt;em&gt;affirmer que l’ardent désir d’améliorer la situation sociale des sourds-muets a été et sera toujours l’unique préoccupation des instituteurs et philanthropes qui sont venus à Paris&lt;/em&gt; ». &lt;br /&gt;La préoccupation de &lt;strong&gt;Ladreit de Lacharrière&lt;/strong&gt; n’était pas l’instruction mais « d’améliorer les conditions sociales » comme il avait eu l’occasion de l’exprimer dans un exposé « &lt;em&gt;de titres et travaux &lt;/em&gt;» de 1892, alors que la priorité pour les sourds était l’instruction et l’acquisition des connaissances.&lt;br /&gt;Ainsi, peut-être plus que le mythique congrès de Milan de 1880, ce congrès de Paris de 1900 s’est caractérisé par l’obstination des responsables, et en premier lieu celle de son président &lt;strong&gt;Ladreit de Lacharrière&lt;/strong&gt;, à ne pas vouloir comprendre les revendications des sourds. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Didier Séguillon :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Binet &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Simon &lt;/strong&gt;publient en 1909 une étude restée célèbre. L’enquête porte sur la population sourde adulte. &lt;br /&gt;Il s’agit de la première, à notre connaissance, menée par des psychologues, qui porte sur l’enseignement oral et ses conséquences chez l’adulte sourd. &lt;br /&gt;Les conclusions sont un véritable constat d’échec. &lt;br /&gt;Elles dressent un bilan catastrophique de trente années d’éducation orale pure : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;la méthode orale pure nous paraît appartenir à une pédagogie de luxe qui produit des effets moraux plutôt que des effets utiles et tangibles. &lt;br /&gt;Elle ne sert point au placement des sourds-muets, elle ne leur permet pas d’entrer en relation d’idées avec des étrangers, elle ne leur permet même pas une conversation suivie avec leurs proches, et les sourds-muets qui n’ont point été démutisés gagnent aussi facilement leur vie que ceux qui sont munis de ce semblant de parole &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-0fUSPQ4I/AAAAAAAAAGc/RxIjAPJmuZ4/s1600-h/oralisme.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-0fUSPQ4I/AAAAAAAAAGc/RxIjAPJmuZ4/s200/oralisme.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025934159282914178" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Les psychologues notent l’inefficacité de la méthode orale et son incapacité à atteindre le but assigné, à savoir : que l’enfant sourd prenne place au sein de la société entendante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yves Bernard :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1909, l’« &lt;em&gt;Année psychologique &lt;/em&gt;» donnait à lire un article d’&lt;strong&gt;Alfred Binet &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Théodore Simon &lt;/strong&gt;(1873, 1961), médecin psychiatre, « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Peut-on enseigner à parler aux sourds-muets ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;Les auteurs dénonçaient fort justement l’« échec de la méthode orale » et la « faillite de l’oralisme intégral et universel ». &lt;br /&gt;Ils signalaient notamment combien la précocité et le degré de la surdité importaient dans la réussite en parole, et surtout que la détermination du degré d’intelligence des élèves reposait sur l’estimation subjective des maîtres. &lt;br /&gt;Ayant constaté les faibles résultats d’une pédagogie de luxe qui échouait dans le développement intellectuel et la restauration des relations sociales des sourds-muets, ces maîtres de la psychométrie se prononçaient, comme les associations silencieuses pour un retour indispensable et urgent à une méthode mixte ouvrant à tous les meilleures chances de réussite scolaire, professionnelle et sociale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Didier Séguillon :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si comme le souligne &lt;strong&gt;C. Cuxac&lt;/strong&gt;, les conclusions de &lt;strong&gt;Binet &lt;/strong&gt;n’ont pas été suivies, il semble néanmoins qu’elles ont contribué à un assouplissement de la méthode orale pure, notamment par la réintégration du français écrit dans l’enseignement pour les enfants sourds, lors de la révision des programmes, et la permission, en 1910, de la communication gestuelle entre élèves hors des cours. &lt;br /&gt;La méthode orale, avec quelques modifications mineures, demeurera toutefois au centre de l’éducation des enfants sourds pour de très longues années encore, le jeune sourd gardant pour l’essentiel un statut d’irresponsable, l’adulte sourd restant un être « inférieur » dont le statut juridique demeure précaire. &lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-1KESPQ7I/AAAAAAAAAG0/_wEjVjeUI14/s1600-h/oralisme2.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-1KESPQ7I/AAAAAAAAAG0/_wEjVjeUI14/s200/oralisme2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025934893722321842" /&gt;&lt;/a&gt;Ces représentations et ces considérations auront donc de douloureuses conséquences pour les enfants sourds et plus généralement pour la communauté sourde en France, celle-ci devant impérativement s’organiser et lutter contre ce projet de société afin de maintenir le lien social avec la communauté française entendante. &lt;br /&gt;La préservation de ce lien fut possible pour la communauté sourde par la mise en place de contre-pouvoirs : journaux, congrès, associations de toutes sortes, notamment sportives.&lt;br /&gt;Cette contre-orthopédie revêt différentes formes, mais toutes tentent, souvent avec une énergie étonnante, de lutter contre une normalisation abusive. &lt;br /&gt;Ainsi, en réaction du Congrès de Milan, on assiste à une véritable explosion de la presse silencieuse, une presse faite par les sourds et pour les sourds. &lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-1J0SPQ6I/AAAAAAAAAGs/9ytdrY-2Jc0/s1600-h/oralbpsboys.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-1J0SPQ6I/AAAAAAAAAGs/9ytdrY-2Jc0/s200/oralbpsboys.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025934889427354530" /&gt;&lt;/a&gt;L’ensemble de ces journaux laisse une large place à la réflexion sur l’éducation des enfants sourds et s’oppose, de façon radicale, à la méthode orale pure.&lt;br /&gt;Cette presse est encore au tout début du XXe siècle, l’héritage de l’éducation bilingue "Langue des signes/ Français écrit", partiellement appliquée dans les établissements de jeunes sourds avant le Congrès de Milan. &lt;br /&gt;Elle va progressivement perdre de sa force, les sourds militants vieillissent et ne sont plus remplacés par des sourds plus jeunes possédant les « outils » de la langue écrite française. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-0fUSPQ5I/AAAAAAAAAGk/yLlKIUFoW6Y/s1600-h/oralpupils.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-0fUSPQ5I/AAAAAAAAAGk/yLlKIUFoW6Y/s200/oralpupils.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025934159282914194" /&gt;&lt;/a&gt;On assiste alors à la marginalisation de tout un groupe minoritaire, les sourds devenant pour la très grande majorité analphabètes après plus de quinze années passées dans les prestigieux établissements d’éducation pour jeunes sourds à subir les techniques orthopédiques d’oralisation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant la même période, de très nombreuses associations ont vu le jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Allemagne 1889&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Naecke &lt;/strong&gt;recommande la stérilisation des « dégénérés ». &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;U.S.A. 1922&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Le député &lt;strong&gt;H.H. Laughlin &lt;/strong&gt;rédige un « &lt;em&gt;modèle de loi eugénique de stérilisation &lt;/em&gt;» où sont inclus les sourds. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Allemagne 1933&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Hitler &lt;/strong&gt;promulgue une « &lt;em&gt;loi sur la prévention de la transmission &lt;br /&gt;des maladies héréditaires &lt;/em&gt;» dont la surdité. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Allemagne 1933 à 1939 &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Dans le cadre du programme d’ « hygiène raciale », 17 000 sourds au moins sont stérilisés. &lt;br /&gt;Le tiers d’entre eux a moins de 18 ans. &lt;br /&gt;Dans 9 % des cas, la stérilisation des femmes s’accompagne d’un avortement obligatoire.&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Allemagne 1940 à 1942 &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;1600 sourds au moins sont transférés, puis exterminés dans les camps d’Hadamar, Sonenstein, Grafeneck…&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Ce n’est  qu’un siècle plus tard, au Congrès de la &lt;strong&gt;Fédération Mondiale des Sourds &lt;/strong&gt;de Hambourg en 1980, qu’un accord unanime se dégage pour reconnaître l’erreur commise à Milan, regretter ses conséquences néfastes pour la communauté des sourds et constater que si elles permettent sans doute à une partie des élèves &lt;br /&gt;d’accéder au langage oral et écrit elle en prive beaucoup, pendant près de cent ans, d’un langage. &lt;br /&gt;Le Congrès de 1980 reconnaît les langues de signes comme langue à part entières pouvant être utilisées dans l'enseignement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;..............................................&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;strong&gt;Sources&lt;/strong&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;- Yann Cantin, Christian Cuxac&lt;/span&gt; et &lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Pierre Encrevé&lt;/span&gt; ; "&lt;strong&gt;&lt;a href="http://sentendre1880.blogspot.com/2007/01/la-voix-au-chapitre.html"&gt;La voix au chapitre&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;", documentaire diffusé dans "&lt;a href="http://www.france5.fr/oeil-et-main/archives/24195747-fr.php?page=1"&gt;l'oeil et la main&lt;/a&gt;"&lt;br /&gt;[Texte également posté sur le &lt;a href="http://www.ffsb.be/forum/read.php?1,10855,10919#msg-10919"&gt;forum de la &lt;strong&gt;FFSB&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;- Pierre Encrevé&lt;/span&gt; : "&lt;a href="http://web.culture.fr/culture/dglf/lgfrance/LSFconfEncreve.pdf"&gt;&lt;strong&gt;A Propos des droits linguistiques de l'homme et du citoyen&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;", conférence donnée le 16 décembre 2005 à l'EHESS&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;- Didier Séguillon&lt;/span&gt; : &lt;a href="http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=STA&amp;ID_NUMPUBLIE=STA_058&amp;ID_ARTICLE=STA_058_0021"&gt;&lt;strong&gt;Du langage des Signes à l’apprentissage de la parole ou l’échec d’une réforme&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; Université de Paris X - Nanterre - Laboratoire Sport et Culture [&lt;a href="http://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_REVUE=STA&amp;ID_NUMPUBLIE=STA_058&amp;ID_ARTICLE=STA_058_0021"&gt;pdf&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;- Yves Bernard&lt;/span&gt; : "&lt;a href="http://www.bium.univ-paris5.fr/histmed/medica/orlb.htm"&gt;&lt;strong&gt;Quelques traits de la pédagogie curative de l’enfant sourd. Une approche des problématiques de l’Antiquité au début du XXe siècle.&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;" Bibliothèque Interuniversitaire de Médecine&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;- François Legent&lt;/span&gt; : "&lt;a href="http://www.bium.univ-paris5.fr/histmed/medica/orld.htm"&gt;&lt;strong&gt;Approche de la pédagogie institutionnelle des sourds-muets jusqu’en 1900&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;" Bibliothèque Interuniversitaire de Médecine&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;- Lawrence Surtees&lt;/span&gt; : "&lt;a href="http://www.biographi.ca/FR/ShowBio.asp?BioId=42027&amp;query="&gt;&lt;strong&gt;Bell, Alexander Graham&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;", Dictionnaire Biographique du Canada - Bibliographie et archives, Canada. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;- Alix Bernard :&lt;/span&gt; "&lt;a href="http://www.vacarme.eu.org/article935.html"&gt;&lt;strong&gt;L'oralisme, une demande des parents ?&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;", publié dans le "&lt;a href="http://www.vacarme.eu.org/rubrique13.html"&gt;Vacarme n°2 ; minorités des sourds et des mal entendus&lt;/a&gt;", 1997.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;- Brigitte Lemaine&lt;/span&gt; : "&lt;a href="http://sentendre.blogspot.com/2008/09/la-langue-interdite-des-sourds.html"&gt;&lt;strong&gt;La langue interdite des Sourds&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;- Joe Joseph Murray&lt;/span&gt; : "&lt;a href="http://frontrunnersjerome.blogspot.com/2005/11/joe-murray-fantastique.html"&gt;&lt;strong&gt;L'avant de l'eugénisme et les intermarriages entre sourds.&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;- Bernard le Maire&lt;/span&gt; : "&lt;em&gt;Histoire des sourds en Belgique, en France et dans les autres pays&lt;/em&gt;" Centre Robert Dresse, 1993&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;- Bernard le Maire&lt;/span&gt;, commentaires postés sur le &lt;a href="http://www.ffsb.be/forum/index.php"&gt;forum de la &lt;strong&gt;FFSB&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, notamment dans "&lt;a href="http://www.ffsb.be/forum/read.php?2,10896,10944#msg-10944"&gt;&lt;strong&gt;Congrès de Milan&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le Signe&lt;/strong&gt; : &lt;a href="http://www.lesigne.net/article-3485924.html"&gt;&lt;strong&gt;L'histoire de la Langue des Signes, 2ème partie&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-1845973995078880693?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/1845973995078880693/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=1845973995078880693&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/1845973995078880693'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/1845973995078880693'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/01/paris-lchec-total-de-loralisme-pur.html' title='Langue contre-orthopédique, le Contre-Pouvoir'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb_yiUSPQ9I/AAAAAAAAAHk/BmyurJsCClo/s72-c/Gallaudet-.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-1518047889016825137</id><published>2007-01-30T14:01:00.004+01:00</published><updated>2008-11-08T12:29:56.544+01:00</updated><title type='text'>Langue-Lumière</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb98-kSPQTI/AAAAAAAAAAM/k1nxe1zlCh8/s1600-h/Michel_de_Montaigne_1.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb98-kSPQTI/AAAAAAAAAAM/k1nxe1zlCh8/s200/Michel_de_Montaigne_1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025873123502670130" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Montaigne&lt;/strong&gt;, au chapitre XII du livre II des &lt;em&gt;Essais&lt;/em&gt;, publié en 1580 et 82 :&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;« &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Nos muets disputent, argumentent et content des histoires par signes. J’en ai vu de si souples et formés à cela, qu’à la vérité il ne leur manquait rien à la perfection de se savoir faire entendre. &lt;br /&gt;(…)la nécessité apprend soudain à ceux qui en ont besoin et les alphabets des doigts et grammaires en signes, et les sciences qui ne s’exercent et s’expriment que par ceux-ci. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;»&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pierre Encrevé :&lt;/strong&gt; On n’en finirait pas de dire le génie de &lt;strong&gt;Montaigne&lt;/strong&gt;, qui a compris d’un coup ce que tant d’intellectuels contemporains tardent encore à admettre : que la langue des signes est une langue autonome, dotée des mêmes possibilités d’expression que les autres langues naturelles. Ce texte est aussi une attestation très précieuse de l’usage courant de la langue des signes française au XVIe siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb99UkSPQUI/AAAAAAAAAAU/T3O3BG1kdpw/s1600-h/160px-Abbe-de-l-epee.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb99UkSPQUI/AAAAAAAAAAU/T3O3BG1kdpw/s200/160px-Abbe-de-l-epee.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025873501459792194" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Brigitte lemaine :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;c’est en France qu’ont été créés les premiers instituts pour sourds. Cela, on le doit à l’initiative, au XVIIIème siècle, de l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt; qui parce qu’il estimait que les sourds devaient eux aussi avoir accès aux « lumières » et à la culture, mit au point un système de signes « méthodiques » qui associait le langage gestuel des sourds de Paris et la grammaire française « signée ». &lt;br /&gt;En 1755, il fonda la première école pour sourds. Il y forma une multitude d’instituteurs sourds qui partirent ouvrir à leur tour 21 écoles en France et en Europe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Pierre Encrevé :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers 1760, l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt; avait créé la première école pour sourds. La première institution ou les sourds s’exprimaient en LS, apprenaient à développer cette LS et passaient à la compréhension du français écrit par la LS. Avec des professeurs eux-mêmes sourds s’exprimant en LS. &lt;br /&gt;La France était très en avance. C’est la première nation au monde qui a un enseignement de ce type.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yann Cantin :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt; a créé une méthode d’enseignement basée sur des signes très proche de ce que l’on appelle aujourd’hui le français signé. Il les a appelé les signes méthodiques. &lt;br /&gt;Voilà ce qu’il a mis en place. &lt;br /&gt;Le vocabulaire utilisé, quant à lui, venait de la communauté sourde. Il se l’est approprié et l’a modifié dans le but d’enseigner. Il a créé une méthode. Il n’est pas à l’origine de la LS. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Christian Cuxac :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt;, peut-être sans le savoir, fait cette formidable découverte que les sourds ont toujours communiqué entre eux par gestes. Il suffisait qu’ils se rencontrent. S’ils se rencontraient à plusieurs, ils fondaient, ils créaient, ils inventaient une micro-communauté pratiquant une langue visio-gestuelle. &lt;br /&gt;Son coup de génie sera d’institutionnaliser ça. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yann Cantin :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-cKkSPQbI/AAAAAAAAABg/mGZmK-roscg/s1600-h/pereir.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-cKkSPQbI/AAAAAAAAABg/mGZmK-roscg/s200/pereir.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025907414521561522" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacob Rodrigues Pereire&lt;/strong&gt; n’était pas uniquement axé sur l’oral. Il utilisait la dactylologie comme support de la parole. &lt;br /&gt;Après le Congrès de Milan ce sera différent, il n’y en aura plus que pour l’oralisme. &lt;strong&gt;Pereire &lt;/strong&gt;a utilisé la dactylologie et l’oral comme outil. Il enseignait dans les milieux aisés car il se faisait payer cher. &lt;br /&gt;Au début de sa carrière, il choisissait de préférence des enfants sourds qui avaient déjà reçu l’instruction de moines sourds en LS. Les enfants arrivaient à bien parler grâce à leurs bases en français. &lt;br /&gt;En fin de carrière, lorsqu’il a enseigné à des sourds à qui l’on n’avait jamais rien appris en LS, les résultats sont restés mitigés. Alors qu’à ses débuts ils étaient manifestes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’esprit de la Révolution française et la philosophie de l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt; se rejoignaient. &lt;br /&gt;Pour commencer, l’abbé de L’Epée dispensait un enseignement gratuit et ouvert à tous car l’Eglise s’inquiétait du sort de ces sourds qui n’avaient reçu aucune instruction religieuse et qui risquaient l’enfer après leur mort. Il fallait donc leur montrer la voie. &lt;br /&gt;La Révolution française y voyait un enseignement gratuit ; pour elle, c’est ce qui primait. &lt;br /&gt;Ca allait dans le sens des institutions publiques, de l’élargissement du droit de vote et de l’égalité grâce à cet enseignement public. &lt;br /&gt;Par ailleurs, les effets de la scolarisation se retrouvaient dans la diminution de la mendicité et une augmentation du niveau de vie, qui étaient l’objectif même de la Révolution française : l’égalité pour tous.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-1518047889016825137?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/1518047889016825137/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=1518047889016825137&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/1518047889016825137'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/1518047889016825137'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/01/langue-lumire.html' title='Langue-Lumière'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb98-kSPQTI/AAAAAAAAAAM/k1nxe1zlCh8/s72-c/Michel_de_Montaigne_1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-4440740734352121918</id><published>2007-01-30T13:50:00.000+01:00</published><updated>2007-02-25T22:10:47.535+01:00</updated><title type='text'>Langue Révolutionnaire</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’Assemblée Nationale&lt;/strong&gt; a adopté, le 26 août 1789 la &lt;strong&gt;Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen&lt;/strong&gt;, dont l’article XI :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;« &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès le 14 janvier 1790, &lt;strong&gt;l’Assemblée Nationale &lt;/strong&gt;décide de « &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;faire publier les décrets de l’Assemblée dans tous les idiomes qu’on parle dans les différentes parties de la France. (…) Ainsi, tout le monde va être le maître de lire et écrire dans la langue qu’il aimera mieux&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(&lt;a href="http://web.culture.fr/culture/dglf/lgfrance/LSFconfEncreve.pdf"&gt;Pierre Encrevé, conférence du 16-12-05&lt;/a&gt;)&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-dykSPQdI/AAAAAAAAAB4/5cmAfvolgs4/s1600-h/DelEpee.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-dykSPQdI/AAAAAAAAAB4/5cmAfvolgs4/s400/DelEpee.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025909201227956690" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Pierre Encrevé :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Parler librement » cela inclut, il va sans dire, le parler gestuel.&lt;br /&gt;Contrairement en effet à ce que pensent parfois les entendants autocentrés, rien ni dans l’étymologie (du &lt;em&gt;parabolare &lt;/em&gt;bas-latin, qui provient lui-même du &lt;em&gt;paraballein &lt;/em&gt;grec, qui renvoie au geste de jeter, lancer) ni dans les emplois courant des mots parler et parole n’implique une forme orale (&lt;em&gt;parler avec les mains, parler en langues des signes&lt;/em&gt;).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-c5ESPQcI/AAAAAAAAABs/O2F6xTc-4LA/s1600-h/abbedelepee.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-c5ESPQcI/AAAAAAAAABs/O2F6xTc-4LA/s320/abbedelepee.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025908213385478594" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;La Révolution reconnaît l’apport de l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;En 1790, elle le décrète « &lt;em&gt;bienfaiteur de l’humanité&lt;/em&gt; » &lt;br /&gt;On peut dire qu’en 1789-1790 la Révolution française reconnaît totalement les droits linguistiques de l’homme. La liberté d’expression et de communication : parler et écrire librement comprend à la fois le droit d’écrire et de parler en breton, de lire les lois et décrets dans les différentes langues régionales, mais aussi le fait de pouvoir s’exprimer en LS. &lt;br /&gt;On peut dire que c’est un moment idéal pour les droits linguistiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yves Bernard&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1776, l'abbé &lt;strong&gt;de l'Epée&lt;/strong&gt; publia anonymement « &lt;em&gt;L’institution des sourds et muets, par la voie des signes méthodiques, ouvrage qui contient le projet d’une langue universelle par l’entremise des signes naturels assujettis à une méthode &lt;/em&gt;». Ce livre s’adressait à l’Europe entière et dut déranger bien des précepteurs, dont &lt;strong&gt;Pereire&lt;/strong&gt;, qui tenaient leur méthode secrète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;strong&gt;François Legent :&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès 1790, dans les documents officiels de la Convention, l’instituteur [l’abbé &lt;strong&gt;de l’Epée&lt;/strong&gt;] était glorifié : « &lt;em&gt;l’immortel l’Épée &lt;/em&gt;», « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;de l’Épée&lt;/strong&gt;, dépositaire unique de cette précieuse méthode qui nous donne l’espérance de voir réaliser un projet d’une langue universelle &lt;/em&gt;». &lt;br /&gt;Un projet de décret de 1791 déclarait : « &lt;em&gt;que le nom &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt;… serait placé au rang de ceux qui ont le mieux mérité de l’humanité et de la patrie &lt;/em&gt;». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Christian Cuxac :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grâce à l’expérience de l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt;, se fonde une communauté nationale de sourds qui passe à plusieurs milliers de personnes. On n’est plus du tout dans les mêmes chiffres quantitatifs. &lt;br /&gt;Et sur le plan qualitatif aussi ; une énorme avancée grâce à l’expérience de l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt;. La LS, qui était une langue de la vie quotidienne, une langue des échanges quotidiens, devient une langue institutionnelle de transmission des différents savoirs. &lt;br /&gt;On va pouvoir faire des cours de géographie, d’histoire, de sciences naturelles en LS. &lt;br /&gt;Grâce à la LS, langue première, en travaillant sur le sens, on va permettre aux sourds d’accéder à leur autre langue, celle qui va leur permettre la socialisation avec le monde des entendants : la langue écrite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Brigitte Lemaine :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt; est mort juste avant la révolution, en 1789, mais la République a adopté ses enfants et son école qui devint en 1791 &lt;strong&gt;l’Institution nationale des sourds-muets &lt;/strong&gt;de Paris. &lt;br /&gt;Il a fondé quelque chose qui avait un lien profond avec la République, tellement profond que les révolutionnaires voyaient, comme lui, dans la langue des signes la future langue universelle. &lt;br /&gt;Une langue gestuelle que les entendants de tous les pays pourraient apprendre dans les écoles.  &lt;br /&gt;Après l’interdiction de la langue des signes au congrès de Milan en 1880, les sourds ont été en grande parti évincés de l’enseignement, ce sont les entendants qui ont alors pris en main l’éducation des sourds. &lt;br /&gt;Le congrès de Milan a donc mis un terme à une période d’émancipation pour les sourds, une période où ils avaient la possibilité d’organiser eux-même leur éducation, où leur langue visuelle avait une légitimité. &lt;br /&gt;Comment expliquer un tel retournement dans la perception de la langue des signes ? &lt;br /&gt;J’ai du mal à comprendre comment on a pu passer, en moins d’un siècle, de la langue des signes comme modèle de langue universelle à la langue des signes comme langue archaïque, langue-ghetto, langue-handicap.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Bernard le Maire :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RdSeTMFJZJI/AAAAAAAAAM0/RcMe3qCfwnY/s1600-h/massieu-sicard.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RdSeTMFJZJI/AAAAAAAAAM0/RcMe3qCfwnY/s400/massieu-sicard.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5031820736177202322" /&gt;&lt;/a&gt;Pour succéder à l’abbé &lt;strong&gt;de l’Epée &lt;/strong&gt;(vers 1789), &lt;strong&gt;Sicard &lt;/strong&gt;« proposait d’organiser un concours public, jugé par de grands éurdits, à l’occasion duquel chaque candidat présenterait son meilleur élève et expliquerait ses méthodes d’instruction.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Sicard &lt;/strong&gt;misait tout sur &lt;strong&gt;Massieu &lt;/strong&gt;et sur ses propres dons d’orateur »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yves Bernard :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au cours de séances, &lt;strong&gt;Massieu &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Sicard &lt;/strong&gt;répondaient par écrit aux questions subtiles du public sur l’entendement, l’imagination, le langage naturel, leur souffrance relative à la perte d’un sens. &lt;br /&gt;Posait-on la question de savoir ce qu’était leur sentiment envers leurs bienfaiteurs ? &lt;strong&gt;Massieu &lt;/strong&gt;répondait poétiquement que la reconnaissance était la mémoire du cœur. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Clerc &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Massieu &lt;/strong&gt;rivalisaient en finesse et intelligence. Leurs réponses renvoyaient au premier langage des hommes, selon &lt;strong&gt;Rousseau&lt;/strong&gt;, pour lequel le sentiment précéda la raison. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Bernard le Maire :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par bonheur, les « réponses de &lt;strong&gt;Massieu &lt;/strong&gt;aux questions les plus sérieuses prenaient la forme d’élégants mélanges de description et de définition qu’il tissait sans la moindre hésitation. Elles semblaient lui venir spontanément. &lt;strong&gt;Sicard &lt;/strong&gt;disait de &lt;strong&gt;Massieu &lt;/strong&gt;« &lt;em&gt;il suffit de frapper la pierre avec le fer et l’étincelle jaillissait instantanément.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lors d’une démonstration publique, un participant lui posa la question traduite par &lt;strong&gt;Sicard &lt;/strong&gt;: &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Qu’est-ce que l’espérance ?&lt;br /&gt;- L’espérance est la fleur du bonheur&lt;br /&gt;- Qu’est-ce que le temps ?&lt;br /&gt;- Une ligne qui a deux extrémités, un chemin qui commence au berceau et se termine dans la tombe&lt;br /&gt;- Qu’est-ce que l’intelligence ? &lt;/em&gt;lui demanda &lt;strong&gt;Sicard&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- C’est le pouvoir qu’à l’esprit de se déplacer le long de la ligne droite de la vérité, écrivit-il au tableau, de distinguer le bien du mal, le nécessaire du superflu, de voir avec clarté et précision. C’est la force, le courage et la vigueur de l’esprit. &lt;br /&gt;- Qu’est-ce que Dieu ?&lt;br /&gt;- L’être nécessaire, le soleil de l’éternité, l’horloger de la Nature, le machiniste de l’univers, l’ami du monde.&lt;br /&gt;- Quelle différence y a t il entre le désir et l’espérance ?&lt;br /&gt;- Le désir est une inclination du coeur, l’espérance un arbre en feuille et en fleurs, la jouissance un arbre en fruits mûrs. &lt;/em&gt;&lt;em&gt;- Qu’est-ce que la reconnaissance ?&lt;br /&gt;- La reconnaissance&lt;/em&gt;, signa &lt;strong&gt;Massieu &lt;/strong&gt;en regardant &lt;strong&gt;Sicard &lt;/strong&gt;au fond des yeux, &lt;em&gt;est la mémoire du coeur&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Londres, « un parlementaire britannique lui demanda : &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Qu’est-ce que l’éternité ?&lt;br /&gt;- L’aujourd’hui sans hier, ni demain, le jour circulaire sans succession.&lt;br /&gt;- Qu’est-ce qu’une difficulté ?&lt;br /&gt;- Une possibilité avec obstacle.&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Sir James Mackintosh&lt;/strong&gt; posa perfidement la question suivante :&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Dieu raisonne-t-il ?&lt;br /&gt;- L’homme raisonne parce qu’il doute ; il délibère et décide.&lt;br /&gt;Dieu est omniscient ; il ne doute jamais ; par conséquent, il ne raisonne jamais.&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-4440740734352121918?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/4440740734352121918/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=4440740734352121918&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/4440740734352121918'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/4440740734352121918'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/01/langue-rvolutionnaire.html' title='Langue Révolutionnaire'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-dykSPQdI/AAAAAAAAAB4/5cmAfvolgs4/s72-c/DelEpee.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-5736403422519436980</id><published>2007-01-30T13:41:00.000+01:00</published><updated>2007-02-14T23:27:06.396+01:00</updated><title type='text'>Langue d’or</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Pierre Encrevé :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 27 janvier 1794, &lt;strong&gt;Barère&lt;/strong&gt;, dans son &lt;em&gt;Rapport du Comité Public sur les idiomes&lt;/em&gt;, déclara, on le sait, une guerre totale auxdits « idiomes » et formula le premier l’idée redoutable qu’une nation républicaine est nécessairement unilingue : « &lt;em&gt;Citoyens, la langue d’un peuple libre doit être une et la même pour tous. &lt;/em&gt;» &lt;br /&gt;Il ne suffisait pas de répandre le français, il fallait encore détruire les autres langues majeures.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-mUESPQnI/AAAAAAAAADs/R8Bsq1YjYCc/s1600-h/abbeGregoire.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-mUESPQnI/AAAAAAAAADs/R8Bsq1YjYCc/s200/abbeGregoire.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025918572846596722" /&gt;&lt;/a&gt;L’abbé &lt;strong&gt;Grégoire &lt;/strong&gt;qui, moins de six mois plus tard, propose lui d’ « anéantir », c’est son propre terme, toutes les langues de France autres que le français, dans son célèbre rapport du 6 juin 1794, « &lt;em&gt;Sur la nécessité et les moyens d’anéantir les patois et d’universaliser la langue française.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;En purs jacobins, &lt;strong&gt;Barère &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Grégoire &lt;/strong&gt;s’attaquaient aux langues régionales comme vecteur du fédéralisme ; mais la langue des signes n’était aucunement pour eux une langue de minorité menaçant l’unité nationale. &lt;br /&gt;Je ne pense même pas que &lt;strong&gt;Grégoire &lt;/strong&gt;y ait vu vraiment une langue, mais plutôt un instrument pour faire apprendre le français aux jeunes sourds, et il n’y trouvait rien à redire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais au début des années 1880, les &lt;strong&gt;lois Ferry &lt;/strong&gt;instaurent l’enseignement gratuit et obligatoire de 6 à 13 ans et dispensé exclusivement en français.&lt;br /&gt;C’est ainsi que la &lt;strong&gt;IIIème République &lt;/strong&gt;fit de l’école l’instrument privilégié du réveil du projet de &lt;strong&gt;Barère &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Grégoire&lt;/strong&gt;, stigmatisant tout usage des « patois », interdits en principe jusque dans la cour d’école.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yann Cantin :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt;, les sourds étaient ouvriers, artisans, mendiants. Très peu sortait du lot. &lt;br /&gt;L’action de l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt; a permis aux sourds d’accéder à un meilleur niveau de français écrit, à des métiers mieux considérés, et donc à une vie meilleure. &lt;br /&gt;Le propos n’était pas à la reconnaissance identitaire, mais une vie respectueuse des préceptes religieux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Christian Cuxac :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans son expérience l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt; invente un nouveau métier pour les sourds : professeur auprès des enfants sourds. &lt;a href="http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-e9USPQfI/AAAAAAAAACM/2FlUWftZwZQ/s1600-h/Abbe-Sicard.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-e9USPQfI/AAAAAAAAACM/2FlUWftZwZQ/s320/Abbe-Sicard.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025910485423178226" /&gt;&lt;/a&gt; Du vivant de l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt;, il n’y aura pas un professeur ayant ce titre auprès des enfants sourds. Mais dès la génération suivante, avec celui qui va prendre le relais de l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt;, l’abbé &lt;strong&gt;Sicard&lt;/strong&gt;, il y a sous la direction et dans l’établissement de &lt;strong&gt;Sicard &lt;/strong&gt;deux professeurs sourds : &lt;strong&gt;Jean Massieu &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Laurent Clerc&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-gOUSPQhI/AAAAAAAAACk/3goATWtwo-0/s1600-h/jeanMassieu.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-gOUSPQhI/AAAAAAAAACk/3goATWtwo-0/s200/jeanMassieu.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025911876992582162" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yann Cantin :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le changement va mettre du temps à se propager dans la société. Mais pour les sourds, être capables d’écrire signifiait être à égalités avec les entendants, pouvoir faire son chemin et progresser. Ca été un déclencheur. &lt;br /&gt;Il existait bien quelques sourds lettrés auparavant, mais peu et ils passaient inaperçus. Par la suite il y en a eu beaucoup plus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Pierre Encrevé :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant un siècle la France est vraiment un modèle. Les droits linguistiques des sourds sont absolument respectés. Ceci est totalement exemplaire car au même moment en Allemagne se développe un enseignement inverse, qui est du côté de l’oralisme exclusif. &lt;br /&gt;C’est-à-dire qu’en France aussi, étant donné qu’il y a beaucoup de variétés dans la surdité, un certain nombre de sourds, en plus de la LS, accédaient plus ou moins selon leurs possibilités et leur volonté à l’oral.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yann Cantin :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme je l’ai expliqué, l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Pereire &lt;/strong&gt;étaient rivaux. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pereire &lt;/strong&gt;et son enseignement n’ont pas survécu à la Révolution. Son fils n’a pas repris le flambeau. Il faudra attendre l’intervention de ses petits-fils, entre 1825 et 1835, à la fin de la dernière monarchie. &lt;br /&gt;Alors que l’enseignement de l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt; avait ses fidèles partisans. Les petits-fils de &lt;strong&gt;Pereire &lt;/strong&gt;retrouvent ses écrits, entreprennent de redorer son blason et de promouvoir à nouveau ses idées et de les remettre au goût du jour. &lt;br /&gt;Ils étaient dans la finance et à l’origine des chemins de fer, ils brassaient énormément d’argent. C’est ce qui leur a permis de financer la création d’une école conçue comme un laboratoire de l’oralisme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yves Bernard :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RdOMEKL8G5I/AAAAAAAAAMc/4Ba79rkbRzE/s1600-h/clerc.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RdOMEKL8G5I/AAAAAAAAAMc/4Ba79rkbRzE/s400/clerc.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5031519211784772498" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;Gallaudet &lt;/strong&gt;réussit à décider &lt;strong&gt;Clerc &lt;/strong&gt;de le suivre en Amérique. &lt;br /&gt;En 1817, après un cycle de conférences destinées à réunir les fonds philanthropiques, la première école d’importance du nouveau monde fut créée dans un hôtel d’Hartford, Connecticut. &lt;br /&gt;En 1818, &lt;strong&gt;Clerc &lt;/strong&gt;lut un discours aux deux Chambres et fut reçu par le président &lt;strong&gt;James Monroe&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;En 1821, l’&lt;em&gt;American Asylum for the Instruction and Education of Deaf and Dumb &lt;/em&gt;fut construit, avec un programme pédagogique gestualiste mixte, respectant les aptitudes de chaque élève. &lt;br /&gt;En 1864, lors de la Guerre de Sécession, le gouvernement ouvrait le &lt;em&gt;National College for the Deaf&lt;/em&gt;, à Washington, où une élite silencieuse pouvait suivre des cursus selon la méthode gestuelle mixte et obtenir les diplômes équivalents à ceux dispensés aux entendants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Christian Cuxac :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-gxUSPQiI/AAAAAAAAACs/xrI9z36axl4/s1600-h/FerdinandBerthier.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-gxUSPQiI/AAAAAAAAACs/xrI9z36axl4/s400/FerdinandBerthier.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025912478288003618" /&gt;&lt;/a&gt;Dans les institutions nationales, il faut être suffisamment compétents en LS. &lt;br /&gt;Qui est juge de la compétence des enseignants entendants en LS ? &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ferdinand Berthier&lt;/strong&gt;, qui est souverain, qui regarde : « &lt;em&gt;Ah non, pas lui ! Lui, ça va…Lui à peu près… &lt;/em&gt;» &lt;br /&gt;Alors vous imaginez ! &lt;br /&gt;En plus &lt;strong&gt;Berthier &lt;/strong&gt;vient d’obtenir la légion d’honneur… &lt;br /&gt;Il commence à y avoir des jalousies très profondes entre les enseignants entendants et ces prestigieux enseignants sourds que sont &lt;strong&gt;Berthier &lt;/strong&gt;ou &lt;strong&gt;Péllisier&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Péllisier &lt;/strong&gt;qui est un autre enseignant, fait paraître des recueils de poèmes… et il est sourd. Alors que, souvent, les professeurs entendants eux restent anonymes… donc des jalousies. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yves Bernard&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Bébian &lt;/strong&gt;conçut en 1825 la « &lt;em&gt;Mimographie, ou Essai d’écriture mimique propre à régulariser le langage des sourds-muets &lt;/em&gt;». &lt;br /&gt;Dans le cadre de la pédagogie institutionnalisée, &lt;strong&gt;Bébian &lt;/strong&gt;avait compris le danger qu’il y avait à utiliser les signes des sourds hors de leurs contextes. Les signes s’effectuent à des endroits précis, leur localisation : ils figurent les personnages et les éléments du discours dans l’espace comme ceux d’une pièce de théâtre. Cette localisation suit un ordre immuable, énonçant l’époque, le lieu, situant les acteurs une fois pour toute afin de réaliser les interactions qui les lient. La direction des signes participe à leur signification. &lt;br /&gt;Les modifications de la gestualité, lente, saccadée, vive, et la répétition font encore varier qualitativement et quantitativement le contenu du message. Enfin, la gestualité se prête aisément à des variations esthétiques et poétiques qui la font accéder aux plus hauts registres de toute langue à part entière. &lt;br /&gt;Ainsi, avec &lt;strong&gt;Bébian&lt;/strong&gt;, le langage naturel des sourds-muets n’était-il plus ce langage d’action primitif et originel des historicités linguistiques, ni ce mimodrame des « miracles » du Moyen Âge, mais un vecteur de communication aussi performant que les langues orales, comme &lt;strong&gt;Desloges &lt;/strong&gt;l’avait publié en 1779 : à Paris, rien de ce qui touchait au monde n’était ignoré des sourds, ceux qui vivaient de leur travail et pratiquaient une langue des signes riches et respectueuses de ses modalités syntaxiques à quatre dimensions, l’espace et le geste s’unissant dans une grammaire visuelle alliant la liberté et la discipline. &lt;br /&gt;Les français signés de l’abbé &lt;strong&gt;de l’Épée &lt;/strong&gt;et de l’abbé &lt;strong&gt;Sicard&lt;/strong&gt;, et d’autres pédagogues, transformaient une syntaxe visuelle signée en syntaxe orale linéaire, non modulable et non répétitive, qui non seulement neutralisait le contenu sémantique de la gestualité mais encore provoquait des équivoques et des contresens donnant à voir aux sourds combien les entendants, dans leur démarche charitable, s’éloignaient de l’authentique nature des signes dans leur quête d’une langue universelle. &lt;br /&gt;Cependant, &lt;strong&gt;Bébian &lt;/strong&gt;rencontra l’opposition des enseignants encore trop attachés aux français signés de l’abbé &lt;strong&gt;de l’Épée &lt;/strong&gt;et de &lt;strong&gt;Sicard&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;Nommé Censeur, il dut démissionner en 1821. On lui doit un « &lt;em&gt;Examen critique de la nouvelle organisation de l’enseignement dans l’Institution royale des sourds-muets de Paris &lt;/em&gt;», en 1834, attaque prenant la défense des enseignants sourds lors de la première tentative de parole à outrance conduite par &lt;strong&gt;Désiré Ordinaire &lt;/strong&gt;dans cet établissement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yann Cantin :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre 1790 et 1820, la période est … disons plus axé sur l’enseignement et la place de l’écrit. Il y a une volonté de transmission, mais on n’est pas encore dans la revendication identitaire. &lt;br /&gt;La situation commence à se dégrader et c’est là que les sourds se constituent en association et se mettent en action. &lt;br /&gt;Nous sommes en 1823 et l’abbé &lt;strong&gt;Sicard &lt;/strong&gt;vient de décéder, et le nouveau directeur placé à la tête de Saint-Jacques impose l’usage de l’oral. &lt;br /&gt;Les professeurs sourds sont alors relégués au simple rang de répétiteurs et vont manifester leur profond désaccord.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-5736403422519436980?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/5736403422519436980/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=5736403422519436980&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/5736403422519436980'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/5736403422519436980'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/01/langue-dor.html' title='Langue d’or'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-mUESPQnI/AAAAAAAAADs/R8Bsq1YjYCc/s72-c/abbeGregoire.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-8005945193268687423</id><published>2007-01-30T13:33:00.000+01:00</published><updated>2007-02-25T22:18:40.387+01:00</updated><title type='text'>Langue-handicap</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Didier Séguillon :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la mort de l’abbé &lt;strong&gt;Sicard&lt;/strong&gt;, premier directeur de &lt;strong&gt;l’Institut National de Jeunes Sourds &lt;/strong&gt;de Paris, le 11 mai 1822, l’école, sans véritable politique éducative claire, est en quelque sorte à l’abandon. &lt;br /&gt;S’annonce alors un mouvement de reprise en main par les tendances dites « oralistes », sous l’impulsion notamment de &lt;strong&gt;Joseph Marie de Gérando&lt;/strong&gt;, président du Conseil d’Administration et de &lt;strong&gt;Jean Marc Gaspard Itard&lt;/strong&gt;, médecin chef de l’institution.&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-ob0SPQrI/AAAAAAAAAEY/u-aIaZ9s8LE/s1600-h/itard.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-ob0SPQrI/AAAAAAAAAEY/u-aIaZ9s8LE/s320/itard.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025920905013838514" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;L’« oralisme » avait déjà fait son entrée au début des années 1800 après la nomination de ce dernier.&lt;br /&gt;C’est le discours et la caution médicale qui, massivement légitimés, ont contribué à promouvoir l’éducation de la parole pour les enfants sourds. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Itard&lt;/strong&gt;, dans différentes publications ou communications, n’a de cesse d’affirmer que la plupart des surdités sont traitables, voire guérissables et qu’il serait donc préférable de tenter de soigner la surdité plutôt que de s’en accommoder en imaginant des procédés d’instruction spécifique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Bernard le Maire :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dr Itard&lt;/strong&gt;, premier médecin ORL à St Jacques à Paris, a fait des expériences aussi ridicules qu’inutiles (et surtout douloureuses !!) : il a essayé de faire entendre les sourds en vain mais il a fait casser plusieurs tympans des sourds. &lt;br /&gt;Sur le plan pédagogique, &lt;strong&gt;Itard &lt;/strong&gt;a un objectif précis : il faut, pour leur plus grand bien, faire parler les sourds à tout prix en stimulant leurs restes auditifs. Il crée des classes d'enseignement de la parole. &lt;br /&gt;Conclusion : les sourds sont devenus des infirmes, des malades qu’il faut soigner, en bref des êtres inférieurs ; les écoles des sourds ne seront plus contrôlés par le ministère de l’éducation mais par celui de la santé … &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Christian Cuxac :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seulement à ce moment-là, dans les institutions nationales de jeunes sourds, il y a de vieux profs entendants qui signent bien et défendent la LS. &lt;br /&gt;Il y a &lt;strong&gt;Bebian&lt;/strong&gt;, un professeur entendant qui signe comme un sourd et va prendre fait et cause avec les sourds contre ces nouvelles mesures. &lt;br /&gt;Et puis bien sûr, il y a les professeurs sourds – et qui se posent là ! &lt;br /&gt;Ils sont quand même quelques-uns… et tous y vont de leur réfutation de ces nouvelles mesures. &lt;br /&gt;Et il y a une révolte des élèves. Les élèves se mettent en quelque sorte en grève.&lt;br /&gt;Vous imaginez, en 1830 ! &lt;br /&gt;Une grève d’élèves dans un institut spécialisé pour mettre un terme à cette volonté de minimiser progressivement la LS. &lt;br /&gt;Tout au long du XIXème siècle, il va y avoir des luttes comme celle-ci.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-8005945193268687423?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/8005945193268687423/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=8005945193268687423&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/8005945193268687423'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/8005945193268687423'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/01/langue-handicap.html' title='Langue-handicap'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-ob0SPQrI/AAAAAAAAAEY/u-aIaZ9s8LE/s72-c/itard.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-2125506780356780094</id><published>2007-01-30T13:20:00.000+01:00</published><updated>2007-01-30T21:38:39.324+01:00</updated><title type='text'>Langue-déficience</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Pierre Encrevé :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’une manière générale, on peut dire qu’on est dans une phase, après la guerre de 1870… pour ce qui est de l’enseignement et l’éducation, la France va être fascinée par l’Allemagne. &lt;br /&gt;L’école obligatoire n’est pas du tout une notion française. Ce n’est pas la République, comme on dit souvent. C’est la mission de &lt;strong&gt;Bismark&lt;/strong&gt;, c’est la Prusse. &lt;br /&gt;On va s’aligner sur le modèle prussien pour l’école obligatoire, s’aligner sur le modèle prussien pour l’université. &lt;br /&gt;On va essayer de reconstruire l’université française sur le modèle prussien. &lt;br /&gt;De construire, parce qu’il n’y avait pas une vraie université française, au sens allemand. &lt;br /&gt;On va également s’aligner sur le modèle allemand pour l’éducation des sourds. &lt;br /&gt;A cause de l’annexion de l’Alsace-Lorraine, il y a un resserrement autour de l’unité française et donc de l’uniformité française, de l’unique langue française. Et un refus du droit à la différence : différence linguistique, et beaucoup d’autres…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Lawrence Surtees :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-sWkSPQuI/AAAAAAAAAE0/DupGXrfbci4/s1600-h/Y-GBell.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-sWkSPQuI/AAAAAAAAAE0/DupGXrfbci4/s400/Y-GBell.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025925212866036450" /&gt;&lt;/a&gt;L'idée qu'on puisse apprendre à des enfants sourds à parler était nouvelle en Amérique du Nord. On estimait généralement, à l'époque, que les personnes sourdes étaient nécessairement muettes et n'avaient pas de place dans la société. &lt;br /&gt;Les &lt;strong&gt;Bell &lt;/strong&gt;n'étaient pas d'accord avec ce point de vue et &lt;strong&gt;Alexander Graham Bell&lt;/strong&gt; réussit à démontrer, à Boston, comment utiliser les techniques du « langage visible » pour former les professeurs. &lt;br /&gt;En quelques semaines, il parvint à enseigner aux enfants à prononcer plus de 400 syllabes. Ce progrès l'amena à faire des démonstrations à la &lt;strong&gt;Clarke Institution for Deaf-Mutes&lt;/strong&gt; de Northampton ainsi qu'à l'&lt;strong&gt;American Asylum for the Education and Instruction of the Deaf and Dumb&lt;/strong&gt; à Hartford, au Connecticut. &lt;br /&gt;La demande devint telle que, en octobre 1872, &lt;strong&gt;Bell &lt;/strong&gt;ouvrit sa propre école à Boston. Il exigeait de ses professeurs qu'ils aient « &lt;em&gt;une bonne éducation à l'anglaise, [...] une oreille juste, une connaissance pratique de l'enseignement et [soient] aimables envers les enfants&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;      Jusqu'à sa mort, Bell se définirait avant tout comme un professeur pour les sourds et considérerait ce travail comme son plus grand apport à l'humanité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est en 1871 que &lt;strong&gt;Charles Darwin &lt;/strong&gt;publie « &lt;em&gt;La Descendance de l’homme et la sélection sexuelle &lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;« &lt;em&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Tous ceux qui ne peuvent éviter une abjecte pauvreté pour leurs enfants devraient éviter de se marier, car la pauvreté est non seulement un grand mal, mais elle tend à s’accroître en entraînant à l’insouciance dans le mariage. D’autre part, comme l’a fait remarquer &lt;strong&gt;M. Galton&lt;/strong&gt;, si les gens prudents évitent le mariage, pendant que les insouciants se marient, les individus inférieurs de la société tendent à supplanter les individus supérieurs.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; » &lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt; &lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-slkSPQvI/AAAAAAAAAE8/mG3gIOqRG_E/s1600-h/darwin_beard.gif"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-slkSPQvI/AAAAAAAAAE8/mG3gIOqRG_E/s400/darwin_beard.gif" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025925470564074226" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yves Bernard :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le rêve américain avait pris pour les sourds l’allure d’un cauchemar sous les effets du darwinisme social et la volonté de réduire les déviances et « tares » dans une nouvelle confusion catégorielle amalgamant chômeurs, mendiants, criminels, valétudinaires, infirmes et déficients mentaux ou sensoriels. &lt;br /&gt;Ces tendances culminèrent en Europe avec la théorie de la dégénérescence, et aux États-Unis, avec de nouvelles conceptions eugénistes : notamment, &lt;strong&gt;Alexander Graham Bell &lt;/strong&gt;(1847, 1922), précepteur d’enfants sourds, dont la mère et la femme étaient devenues sourdes, inventait en 1876 une oreille artificielle : le téléphone était né.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec les énormes profits bientôt réalisés, il va soutenir la cause de l'oralisme à coup de publicité et la financer massivement. &lt;br /&gt;Il lui importait par dessus-tout que les sourds paraissent « normaux »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Joe Joseph Murray :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Bell&lt;/strong&gt;, avec l’utilisation du téléphone et le soutien des lobbies auprès du gouvernement, donne seulement une éducation orale aux jeunes sourds. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Bell &lt;/strong&gt;proposait de supprimer l'utilisation de la langue des signes – ainsi supprimer les écoles pour les jeunes sourds – il décourageait ainsi les associations des personnes sourdes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Brigitte Lemaine :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un des opposants les plus farouches à la langue des signes a été &lt;strong&gt;Graham Bell&lt;/strong&gt;, l’inventeur du téléphone, ce qui est assez révélateur. &lt;br /&gt;La langue des signes c’est quelque chose qui court-circuite le lobby médical et l’industrie des media. C’est quelque chose de gratuit, qui ne nécessite pas d’appareillage et ne génère pas de profits. &lt;br /&gt;Bref, ça sort les sourds du monde des handicapés sur lesquels on peut se faire beaucoup d’argent. L’intérêt des médecins, de l’industrie et aujourd’hui des biotechnologies c’est de maintenir les sourds dans l’assistance médicale et technologique.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-2125506780356780094?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/2125506780356780094/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=2125506780356780094&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/2125506780356780094'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/2125506780356780094'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/01/langue-dficience.html' title='Langue-déficience'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-sWkSPQuI/AAAAAAAAAE0/DupGXrfbci4/s72-c/Y-GBell.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-7404743829916426812</id><published>2007-01-30T05:22:00.000+01:00</published><updated>2007-01-31T10:25:12.865+01:00</updated><title type='text'>Milan, le coup monté et la Langue interdite</title><content type='html'>&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;Les adeptes de l’oralisme pur organisent deux congrès, en 1878 et 1879, réunissant des spécialistes de l’éducation des Sourds. &lt;br /&gt;Ils espèrent un vote majoritaire qui influencerait les politiques nationales d’éducation.&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yann Cantin :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1878 à Paris et en 1879 à Lyon, les sourds ont eu la chance de pouvoir intervenir et de couper court au débat [au sujet de la montée de l’oralisme pur]. &lt;br /&gt;Résultat, ils ont pu conserver la LS, en ajoutant un peu d’oralisme. Mais la langue des signes a été maintenue. &lt;br /&gt;A Paris, les sourds étaient nombreux, à Lyon aussi. &lt;br /&gt;A Paris ils étaient nombreux à Saint-Jacques. &lt;br /&gt;A Lyon, il y avait plusieurs instituts de sourds signeurs. &lt;br /&gt;C’est alors qu’il a été décidé d’organiser secrètement un congrès à Milan l’année suivante. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Christian Cuxac :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce sont donc les petits-fils &lt;strong&gt;Pereire &lt;/strong&gt;qui ont financé la participation au congrès de Milan. Donc, voyage tous frais payés à condition que la personne dont ils financent le voyage et l’hébergement leur convienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yves Bernard :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour les 18 Frères de Saint-Gabriel, le voyage avait été offert par &lt;strong&gt;Eugène Pereire&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcBfE0SPRKI/AAAAAAAAAJ8/64YhNwN2MtI/s1600-h/eug%C3%A8nePereire.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcBfE0SPRKI/AAAAAAAAAJ8/64YhNwN2MtI/s200/eug%C3%A8nePereire.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5026121720504730786" /&gt;&lt;/a&gt;Deux sourds français assistèrent au Congrès. &lt;strong&gt;Théobald&lt;/strong&gt;, professeur à Paris et &lt;strong&gt;Forestier&lt;/strong&gt;, directeur de l’école de Lyon. &lt;br /&gt;Les Américains, trop gestualistes, avaient été avertis peu avant le Congrès. &lt;br /&gt;Parmi eux se trouvait &lt;strong&gt;Denison&lt;/strong&gt;, le Principal sourd de la &lt;strong&gt;Kendall School&lt;/strong&gt;, placée sous la tutelle d’&lt;strong&gt;Edward Miner Gallaudet&lt;/strong&gt;, du &lt;strong&gt;National College&lt;/strong&gt; de Washington. &lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-uc0SPQwI/AAAAAAAAAFM/KWVQOIJg-dI/s1600-h/Y-Gallaudet.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-uc0SPQwI/AAAAAAAAAFM/KWVQOIJg-dI/s320/Y-Gallaudet.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025927519263474434" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;Septembre 1880, un congrès international se tient à Milan sur l’éducation des sourds. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans son &lt;strong&gt;article I&lt;/strong&gt; : &lt;br /&gt;« &lt;em&gt;&lt;span style="color:#990000;"&gt;Le Congrès déclare que la méthode orale doit être préférée à celle de la mimique pour l’éducation et l’instruction des sourds-muets.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; »&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Brigitte Lemaine :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La langue des signes a été interdite en 1880, à Milan, lors du congrès international des éducateurs pour sourds (où les enseignants sourds ne votèrent pas). &lt;br /&gt;Les entendants avaient décidé que la langue des signes était nocive pour les sourds, qu’elle les contraignait à rester entre eux, qu’elle contrariait l’acquisition de la parole. &lt;br /&gt;C’était l’époque du scientisme, on voulait tout résoudre par la science, grâce aux progrès de la technique et de la science on pensait pouvoir soigner les sourds. &lt;br /&gt;Il fallait donc qu’ils oublient cette langue archaïque et tout axer sur la méthode oraliste. &lt;br /&gt;La France, avec bien d’autres pays, a aussitôt mis en application cette interdiction qu’elle maintiendra jusqu’au début des années 1980.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yves Bernard :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En Europe, la pédagogie oraliste se renforça. &lt;br /&gt;L’alliance des petites institutions privées se concrétisa par une union lors des Congrès de Paris et de Lyon en 1878 et 1879. &lt;br /&gt;Dans les recommandations, la langue des signes restait toujours un moyen auxiliaire d’accès à la langue française, au grand désespoir des fervents oralistes qui désiraient vivement son éradication. &lt;br /&gt;En Italie, la majorité des écoles avaient été contraintes à l’abandon de la gestualité. Ces écoles étaient confessionnelles et se trouvaient alors en compétition avec les écoles protestantes oralistes. Les élèves risquaient de rejoindre la parole qui représentait le progrès. &lt;br /&gt;La formation de l’unité italienne imposait l’unification linguistique. &lt;br /&gt;Les abbés &lt;strong&gt;Tarra &lt;/strong&gt;de Milan, &lt;strong&gt;Pendola &lt;/strong&gt;de Sienne, et &lt;strong&gt;Balestra &lt;/strong&gt;de Côme, dirigeaient désormais la pédagogie par l’entremise de l’« &lt;em&gt;Educazione del sordomuto &lt;/em&gt;». &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Balestra &lt;/strong&gt;proposa de supprimer les subventions aux écoles réfractaires à cette nouvelle voie d’accès à la spiritualité : la parole rend égal à Dieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Bernard le Maire :&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1880, toutes les écoles italiennes se sont déjà converties à l'oralisme pur depuis déjà longtemps (cad vers 1870)&lt;br /&gt;Comme directeur de l’école des sourds de Côme, l’abbé &lt;strong&gt;Balestra &lt;/strong&gt;a réussi à imposer l’oralisme pur dèjà vers 1854 et a même convaincu le directeur de l’école des sourds de Milan, l’abbé &lt;strong&gt;Tarra &lt;/strong&gt;(déjà âgé de 70 ans) d’abandonner la langue des signes (que ce dernier aimait particulièrement avant) au profit de l’oral pur !! &lt;br /&gt;L'italien abbé &lt;strong&gt;Balestra&lt;/strong&gt;, le défenseur le plus fanatique de l'oralisme pur veut même "l’imposer" dans toute l'Europe : il est parvenu à toutes ses fins au congrès de Milan !! Ses mots préférés sont : "&lt;em&gt;Vive la parole ! Vive la parole !&lt;/em&gt;". &lt;br /&gt;Après cela, il est même allé prêcher l'oralisme pur en Argentine et y attrapa une maladie mortelle et y mourut, mais on le considère comme un fou (plus exactement une personne gravement déséquilibrée)... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Didier Séguillon :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le choix de la ville s’explique par le fait que les Institutions milanaises ont été parmi les premières d’Europe à pratiquer la méthode orale pure et celui du pays parce que les problèmes d’unification linguistique ne sont nulle part aussi vifs qu’en Italie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yann Cantin :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi pas Berlin ? L’Allemagne à l’époque était championne de l’oralisme. &lt;br /&gt;Alors pourquoi l’Italie ? &lt;br /&gt;Eh bien, parce que la France et l’Allemagne sortaient de la guerre de 1870. &lt;br /&gt;La France vaincue avait perdu du territoire et si le congrès avait eu lieu en Allemagne, les Français auraient refusé d’y aller. &lt;br /&gt;Et en France la LS aurait pu perdurer. &lt;br /&gt;Si l’Italie a été choisie c’est à cause du lien fort qu’elle avait avec la France. En 1860, l’Italie avait accepté la remise de Nice et de la Savoie à la France. Leurs relation étaient meilleures qu’avec l’Allemagne. &lt;br /&gt;Les Italiens ont donc accueilli le congrès, et les Français ont accepté de s’y rendre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Christian Cuxac :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce congrès qui va durer une semaine et s’ouvrir en septembre 1880 à Milan va réunir des spécialistes de l’éducation des sourds. &lt;br /&gt;Pour donner une idée de la représentativité internationale de chacun des pays participant au congrès de Milan ; pour la France environ 80 participants, pour l’Italie pas loin de 160… Chiffre total des participants : 260… 256 à quelques individus près. &lt;br /&gt;On voit tout de suite que la représentation du reste du monde, à part la France et l’Italie, est vraiment peu représentative. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yann Cantin :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une poignée d’extrémistes souhaitait la suppression totale de la langue des signes et l’oralisme sans partage. &lt;br /&gt;Ils avaient sélectionné quelques enfants sourds italiens qu’ils ont présentés à l’assemblée. Tous avaient une voix magnifique, preuve de la réussite de l’oralisme. &lt;br /&gt;En fait, ces enfants étaient devenus sourds depuis peu. Ils avaient conservé leur voix. &lt;br /&gt;L’assemblée a été conquise et a voté &lt;em&gt;oui&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;Les 80% de Français et d’Italiens qui constituaient l’assemblée ont voté pour, et les Américains, les Anglais et les Suédois contre. &lt;br /&gt;Mais comme ils étaient minoritaires, le résultat a été celui qu’on sait. &lt;br /&gt;La langue des signes a donc été ouvertement et totalement bannie. Le congrès a opté pour l’oralisme à 100%. &lt;br /&gt;A partir de ce moment-là, les deux premières années passées dans un institut étaient consacrées à la « démutisation » de l’élève. Et ce n’est qu’ensuite qu’il apprenait à écrire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Didier Séguillon :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les principales décisions prises lors de ce Congrès aboutissent à la suppression de la méthode utilisant exclusivement la langue des signes, puis de la méthode mixte (langue des signes et expression orale). &lt;br /&gt;Ces orientations suffiront, à elles seules, à changer radicalement le sort des sourds. &lt;br /&gt;Ainsi, la &lt;strong&gt;résolution 1&lt;/strong&gt; stipule : &lt;br /&gt;« &lt;em&gt;&lt;span style="color:#990000;"&gt;Le Congrès, considérant l’incontestable supériorité de la parole sur les signes pour rendre le sourd-muet à la société et lui donner une plus parfaite connaissance de la langue, déclare : que la méthode orale doit être préférée à celle de la mimique pour l’éducation et l’instruction des sourds-muets&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;La &lt;strong&gt;résolution 2&lt;/strong&gt; ajoute : « &lt;em&gt;&lt;span style="color:#990000;"&gt;Le Congrès, considérant que l’usage simultané de la parole et des signes a l’inconvénient de nuire à la parole, à la lecture sur les lèvres et à la précision des idées, déclare : que la méthode orale pure doit être préférée&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;François Legent :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au cours de ce congrès présidé par un ecclésiastique Italien, l’abbé &lt;strong&gt;Balestra&lt;/strong&gt;, zélé propagateur de la méthode orale pure en Italie, furent adoptées &lt;u&gt;huit résolutions&lt;/u&gt; dont les deux premières marquèrent les esprits pour longtemps . &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les autres résolutions&lt;/strong&gt; indiquaient aussi que :&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#990000;"&gt;&lt;strong&gt;-&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; la méthode orale pure devait se rapprocher le plus possible de l’enseignement des entendants ;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#990000;"&gt;&lt;strong&gt;-&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; pour acquérir la connaissance de la langue de son pays, il fallait recourir à la méthode intuitive, consistant à désigner d’abord par la parole, ensuite par l’écriture, les objets et les faits placés sous les yeux des élèves ;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#990000;"&gt;&lt;strong&gt;-&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; l’âge le plus favorable auquel le sourd-muet peut être admis dans une école est de huit à dix ans ;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#990000;"&gt;&lt;strong&gt;-&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; il fallait séparer dans les écoles les anciens élèves enseignés par la mimique et les nouveaux enseignés par la parole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yves Bernard :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne s’étonnera pas des recommandations du Congrès de Milan qui imposaient l’application de la méthode orale pure à l’exclusion de toute autre, et proscrivaient implicitement signes, langage d’action, mimique et dactylologie. &lt;br /&gt;Les livres d’images, jugés trop visuels, diviseraient l’attention et entraveraient la lecture qui devait suivre la parole. La parole devait être prioritaire. La lecture labiale privilégierait encore la vision au détriment de l’audition. L’écriture était donc enseignée tardivement, toujours dans cette perspective d’une concurrence sensorielle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Christian Cuxac :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a un sourd qui arrive malgré tout en payant à ses frais la participation au congrès. Il n’aura pas de chance, il n’y a pas d’interprète, et donc la plupart des débats lui passeront au-dessus de la tête. Peut-être même n’aura-t-il pas vu, n’aura-t-il pas compris l’événement qui était en train de se dérouler autour de lui faute de pouvoir communiquer en langue des signes. &lt;br /&gt;Le débat se clot en préconisant l’interdiction absolue d’utiliser la LS dans les établissements scolaires, et le congrès de Milan se clot sur le cri (quasi) unanime de : « &lt;em&gt;Vive la parole !&lt;/em&gt; » &lt;br /&gt;Les seuls réfractaires à ce qui était en train de se produire, ce coup monté – disons-le, c’était un coup monté ! – eh bien, ce sont les Américains qui avec leur tradition gestuelle ont très mal pris ce qui se déroulait à Milan… et sont partis avant la fin du congrès en claquant la porte. &lt;br /&gt;Ce qui va faire des Etats-Unis le seul pays à n’avoir pas suivi les recommandations prises à Milan. On comprend aussi pourquoi les Américains ont si durement réagi aux décisions du congrès de Milan. C’est aussi une période pour eux où on est pratiquement dans une situation inverse : d’ouverture des frontières, d’accueil d’un maximum de migrants… peu importe la langue pourvu qu’ils viennent. On s’arrangera toujours pour communiquer. Donc une situation de pragmatisme à outrance. &lt;br /&gt;Et aussi, peut-être le plus dur problème communautariste que les Américains ont eu à résoudre jusque-là, qui a été celui des Indiens est pratiquement résolu depuis quelques années… Donc par l’extinction ou le quasi-génocide de la population indienne. Ils ne sont plus du tout dans ces problèmes-là. Ils sont au contraire dans l’ouverture et une certaine générosité à l’égard de ce qui peut être différent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Didier Séguillon :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le principal argument développé est d’ordre médical, argument déjà énoncé de son vivant par le docteur &lt;strong&gt;Itard &lt;/strong&gt;: l’apprentissage de la parole et son usage constitueraient un élément prophylactique essentiel pour la santé même de l’élève sourd, que la mauvaise respiration et l’inaction des poumons prédisposeraient aux phtisies pulmonaires. &lt;br /&gt;L’angoisse de la phtisie pulmonaire, fléau majeur en cette fin de siècle, s’accompagne d’un intérêt particulier pour le souffle et d’une grande attention pour la respiration. L’articulation exercerait une influence salutaire sur la santé des élèves en donnant « &lt;em&gt;de la souplesse et de la vigueur aux poumons &lt;/em&gt;». &lt;br /&gt;L’air sera donc aussi au centre des nouvelles préoccupations en matière d’éducation des enfants sourds.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Pierre Encrevé :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suppose qu’une des raisons, c’est aussi le lien avec le colonialisme. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La IIIème République&lt;/strong&gt; est colonialiste et veut imposer un modèle de civilisation aux populations qui sont considérées, hélas !, comme inférieures. &lt;br /&gt;Donc il faut les élever à notre niveau. C’est aussi déni total du droit à la différence, un déni des droits de l’homme extrêmement grave. &lt;br /&gt;Mais en toute bonne conscience, la &lt;strong&gt;IIIème République &lt;/strong&gt;pense qu’elle doit développer un modèle idéal de l’homme français, occidental. &lt;br /&gt;Et dans ce modèle idéal, il n’y a pas de place pour les sourds. &lt;br /&gt;Le sourd ne correspond pas au modèle idéal. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Didier Séguillon :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question de l’unité nationale est toujours à l’ordre du jour en ces années 1880. &lt;a href="http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-w2USPQzI/AAAAAAAAAFw/_KcsPtmr9JE/s1600-h/Ferry.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp1.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-w2USPQzI/AAAAAAAAAFw/_KcsPtmr9JE/s320/Ferry.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025930156373394226" /&gt;&lt;/a&gt;Pour les décideurs politiques de la &lt;strong&gt;IIIe République &lt;/strong&gt;tels &lt;strong&gt;Jules Ferry &lt;/strong&gt;ou &lt;strong&gt;Jean Jaurès&lt;/strong&gt;, la réalisation de l’unité nationale doit passer par l’abandon des langues régionales ou minoritaires : le breton, le basque, le corse… et la langue des signes pour les sourds. &lt;br /&gt;L’exclusion de la langue des signes serait donc l’expression d’une volonté politique, les sourds constituant un groupe minoritaire dissident par la langue qu’ils utilisent, groupe qu’il est urgent de normaliser, et qui doit, à l’instar des autres groupes minoritaires, s’exprimer dans la langue de son pays : le français. &lt;br /&gt;La deuxième motivation est plus politique encore. Les grandes institutions nationales pour jeunes sourds sont des lieux qui posent problème. &lt;br /&gt;En effet, « &lt;em&gt;les institutions de sourds au XIXe siècle sont alors des lieux éducatifs qui dérangent par le fait du mélange des classes sociales qui y règne. La plupart des enfants qui y sont scolarisés, s’ils avaient été entendants, n’auraient pas bénéficié d’une instruction. &lt;/em&gt;» (&lt;strong&gt;Cuxac C.&lt;/strong&gt; (1989). "&lt;em&gt;Le Congrès de Milan, catalogue de l’exposition Le pouvoir des signes.&lt;/em&gt;" Paris : I.N.J.S. de Paris éditeur.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yann Cantin :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La période qui s’étend de 1870 à 1880 est assez terrible avec cette image de l’être humain de race blanche, supérieur. &lt;strong&gt;Darwin &lt;/strong&gt;était passé par là, aux alentours de 1840, avec sa théorie de l’évolution des espèces et de la sélection naturelle par l’adaptation des plus forts. &lt;br /&gt;Cette théorie a été reprise par son neveu, qui l’a appliquée aux groupes humains : les peuples les plus adaptés luttant pour leur survie tandis que les plus faibles disparaissent. &lt;br /&gt;Le tout est véhiculé par une Europe puissante qui construisait des usines et des bateaux à vapeur en comparaison d’une Afrique sous-developpée. &lt;br /&gt;A l’époque, cette idéologie instituait une hiérarchie des races et l’Européen à peau blanche se trouvait en haut de l’échelle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Pierre Encrevé :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette volonté est liée, dans toute cette époque, à ce que &lt;strong&gt;Michel Foucault &lt;/strong&gt;appelait la montée du contrôle social, ce qu’il appelle aussi le bio-politique. Le contrôle social du corps. &lt;br /&gt;Il y a un contrôle social général, mais le contrôle social du corps va être extrêmement fort. &lt;br /&gt;Lié à l’hygiénisme, au développement de la médecine et énormément de choses qui y sont associées. &lt;br /&gt;Et parler en gestes est ressenti comme un non-contrôle du corps. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Didier Séguillon :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a une motivation plus profonde, de nature philosophique, elle est liée au corps, à son statut dans cette deuxième moitié de XIXe siècle. &lt;br /&gt;Le corps est nié en tant qu’objet de plaisir et de communication. Il est alors perçu et envisagé tel un instrument, un objet utilitaire dans une visée positiviste qui doit servir aussi à inculquer l’ordre républicain : la promulgation de la &lt;strong&gt;loi George &lt;/strong&gt;le 27 janvier 1880 qui rend l’enseignement de la gymnastique obligatoire dans tous les établissements d’instruction publique de garçons dépendant de l’État, des départements et des communes peut en être une illustration, de même que la mise en place des bataillons scolaires dans les établissements d’éducation en France, par le décret signé par &lt;strong&gt;Jules Ferry &lt;/strong&gt;le 6 juillet 1882. &lt;br /&gt;Le corps est alors un corps « outil », un « capital humain » qu’il faut préserver, mais aussi qu’il faut contrôler davantage encore, afin de mieux le maîtriser, le normaliser. Cette réalité a conduit à la négation du corps expressif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Christian Cuxac :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a ceux qui ont une sainte horreur des signes, car le signe c’est vulgaire, c’est grossier, alors que la parole est spirituelle… enfin bon, on voit tout ce discours auquel on était habitué. &lt;br /&gt;Déjà au XVIII ème siècle, contre l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt;, il y a eu des discours un peu similaires : « &lt;em&gt;L’élévation de la pensée, c’est par la parole car c’est abstrait. Les signes ça colle à la chose.&lt;/em&gt; » Vous avez ce curé qui dénonce les signes en disant : « &lt;em&gt;Le problème avec les signes, c’est la répétition. Les signes répètent l’action car c’est du langage d’action. &lt;/em&gt;» C’est comme ça qu’il appelle les signes. Il dit encore : « &lt;em&gt;Ils sont amenés à répéter l’action, donc à refaire. Imaginez un sourd venant au confessionnal pour se confesser d’une mauvaise action. Il est obligé de répéter cette mauvaise action.&lt;/em&gt; » On imagine ce qu’il a en tête. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Didier Séguillon :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les conclusions du Congrès de Milan sont fortement teintées de cette perception du corps, de cet amalgame qui aboutit à la négation de la langue des signes dans la société de la fin du XIXe siècle, et à la mise en œuvre de l’entreprise orthopédique de prévention et de correction, sous contrôle médical, des difformités du corps du jeune sourd, notamment de la prétendue difformité de sa communication. &lt;br /&gt;Dans le contexte d’une foi dans les sciences et les techniques, capables de gommer la déficience, les sourds pourraient alors véritablement intégrer la société et ainsi rompre avec l’idée toujours présente d’une certaine animalité, afin d’appartenir sans ambiguïté à la communauté humaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Pierre Encrevé :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est, en France, une forme pathologique de la passion de l’égalité : uniformer, assimiler, ramener à l’unité sous le signe du même, dont l’école a été le lieu d’exercice par excellence : des enfants parlant toux exclusivement la même langue, même dans leurs jeux, quelle que soit leur langue maternelle ; et sous forme orale, qu’ils soient entendants ou sourds ; et qui écrivent tous de la main droite, même s’ils sont gauchers.&lt;br /&gt;Le monolinguisme d’Etat, poussé à ce point, est une violence permanente, et une négation des droits linguistiques de la personne.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-7404743829916426812?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/7404743829916426812/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=7404743829916426812&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/7404743829916426812'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/7404743829916426812'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/01/milan-le-coup-mont-contre-la-langue.html' title='Milan, le coup monté et la Langue interdite'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/RcBfE0SPRKI/AAAAAAAAAJ8/64YhNwN2MtI/s72-c/eug%C3%A8nePereire.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-5419434259124626272</id><published>2007-01-30T04:50:00.000+01:00</published><updated>2007-02-25T22:21:08.024+01:00</updated><title type='text'>Après Milan, la Langue-ghetto et l’eugénisme</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Bernard le Maire :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'oralisme pur fut terriblement imposé durant les premières années après 1880 : on a percé des trous dans les portes des chambres des élèves sourds pour s'assurer qu'ils ne signent pas dans leurs chambres !! &lt;br /&gt;De plus, tous les professeurs sourds sont mis à la porte quand leurs vieux élèves finissent leurs études (vers 1882-1885)... &lt;br /&gt;Les intellectuels sourds ont beaucoup réagi contre les décisions du Congrès de Milan en écrivant leurs journaux : &lt;em&gt;la Défense des sourds &lt;/em&gt;(1885) et &lt;em&gt;le courrier français des sourds &lt;/em&gt;(1887) : beaucoup d'articles superbes de leur part mais ils sont complètement ignorés par les politiciens qui préfèrent écouter les éducateurs entendants ...&lt;br /&gt;Exemples : "&lt;em&gt;parole artificielle&lt;/em&gt;", "&lt;em&gt;langage mimique très propre à développer rapidement l'intelligence des sourds&lt;/em&gt;", "&lt;em&gt;la ténébreuse méthode orale pure fait des enfants sourds des perroquets (...) et même des idiots dans toute l'horrible acception du mot&lt;/em&gt;", "&lt;em&gt;tueur de l'Intelligence et de l'âme des enfants sourds&lt;/em&gt;" et beaucoup d'autres !! ...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Christian Cuxac :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après Milan, il y aura des discours horribles sur les sourds, sur la communauté des sourds, que jamais personne n’aurait osé tenir avant. &lt;br /&gt;Car avant il y avait des profs sourds, parce qu’avant il y avait &lt;strong&gt;Berthier&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;Parce qu’avant il y avait aussi des professeurs entendants qui défendaient l’idée que, pour les sourds, le mieux c’est quand même d’utiliser la LS. &lt;br /&gt;Le discours par exemple de &lt;strong&gt;Rognard&lt;/strong&gt;, qui est inspecteur de l’Education nationale – je ne sais plus s’il était inspecteur de l’Education nationale ou auprès du ministre de l’intérieur mais il est inspecteur – et il déteste la langue des signes, il déteste les sourds et il défend l’idée de créer des colonies agricoles où les sourds seront massés… un peu comme du bétail ou des sous-hommes… travaillant la terre pour nourrir l’extérieur, etc., dans un monde complètement clos et complètement fermé comme une espèce de goulag. &lt;br /&gt;Tout simplement parce qu’ils sont sourds. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yves Bernard&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Valade-Gabel&lt;/strong&gt; devint après 1850 inspecteur des établissements non subventionnés par l’état, une soixantaine d’écoles, dont la moitié sans ateliers. &lt;br /&gt;Ce qui impliquait l’usage de la parole comme chance ultime d’une insertion artisanale ultérieure. Il étendit sa méthode qui unifia la pédagogie française et permettait tout de même une survie minimaliste des signes. &lt;br /&gt;Les oralistes français les plus intransigeants l’appliquèrent. &lt;br /&gt;Cette lutte contre le déclassement ciblait une réduction des mutités afin de privilégier l’insertion socioprofessionnelle, la parole facilitant l’instruction post-scolaire, un cinquième des élèves quittant les écoles sans qualification. &lt;br /&gt;Demi-ouvriers, d’origine terrienne pour la plupart, ils sombraient dans la misère, la maladie, le crime. La théorie de la dégénérescence établissait la constitution lymphatique de ces enfants sourds, rendus malingres dans les conditions d’internats aux budgets à l’étiage. &lt;br /&gt;Pour fortifier une constitution défaillante, des projets naquirent afin de créer des colonies agricoles. Au cours de ses visites d’inspection, &lt;strong&gt;Valade-Gabel &lt;/strong&gt;compléta sa catégorisation d’une seconde échelle mettant en corrélation l’intelligence et la parole : parmi les sourds, 5 % étaient idiots, mais il fallait en supposer bien plus ; 20 % étaient arriérés ; 55 % avaient une intelligence normale ; 20 % avaient une intelligence supérieure, dont les deux tiers ayant parlé au-delà de la cinquième année. &lt;br /&gt;Les sourds eux-mêmes reprirent ce projet de &lt;em&gt;colonie agricole&lt;/em&gt;, s’inspirant des utopies de l’époque, dont &lt;strong&gt;Saint-Simon&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Fourier&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Victor Considérant&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Godin &lt;/strong&gt;: un professeur sourd de Paris, &lt;strong&gt;Théobald&lt;/strong&gt;, en constitua un programme intitulé « &lt;em&gt;Projet d’une colonie agricole de sourds-muets&lt;/em&gt; », en 1870. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Itard &lt;/strong&gt;lui-même, dans un élan généreux testamentaire, y avait songé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Lawrence Surtees :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-ybkSPQ0I/AAAAAAAAAF8/cT6jVRlVoCc/s1600-h/G-Bell.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-ybkSPQ0I/AAAAAAAAAF8/cT6jVRlVoCc/s400/G-Bell.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025931895835149122" /&gt;&lt;/a&gt;En 1882, &lt;strong&gt;Bell &lt;/strong&gt;avait ouvert à Washington un externat privé pour les sourds, mais, occupé par les contestations de brevets, il dut le fermer en 1885. &lt;br /&gt;Son questionnement sur le caractère héréditaire de la surdité l’amena à la génétique. Dans le titre d’un article paru en 1884, il avait malencontreusement utilisé l’expression « &lt;em&gt;une variété sourde de la race humaine &lt;/em&gt;». &lt;br /&gt;Les journaux rapportèrent son exposé hors contexte, ce qui irrita encore davantage des groupes de personnes atteintes de surdité. En 1887, il profita d’une conférence devant le &lt;strong&gt;National Deaf-Mute College&lt;/strong&gt; pour mettre les choses au point.&lt;br /&gt;L'intérêt de &lt;strong&gt;Bell &lt;/strong&gt;pour l’hérédité l’amena aussi à l’eugénique – son élevage de moutons à Beinn Bhreagh serait son expérience la plus longue et la plus constante – quoique, foncièrement sceptique, il se soit méfié des « maniaques de l’eugénique ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Alix Bernard :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Graham Bell&lt;/strong&gt; développa parallèlement un projet à visée eugéniste : dans son Mémoire sur &lt;em&gt;la formation d’une variété sourde de la race humaine &lt;/em&gt;publié en 1883, il préconisait en effet la fermeture des internats spécialisés afin d’éviter les unions entre sourds et recommandait de légiférer sur les conditions de mariage des personnes sourdes ou ayant des sourds dans leur famille. Ces propositions ne visaient cependant pas ses proches car elles concernaient des personnes nées-sourdes ; elles aboutirent par la suite à la stérilisation de certaines d’entre elles. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Joe Joseph Murray :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Bell &lt;/strong&gt;a donc sûrement initié l’eugénisme puisque encore, les nazis sont venus en Californie pour être renseigné sur l’eugénisme. &lt;br /&gt;Attention, tout cela n’est pas directement lié avec &lt;strong&gt;Bell &lt;/strong&gt;puisque les idées se sont construites au fur et à mesure des années après. La longue politique de l’eugénisme a réellement commencé au début du XXe siècle aux Etats-Unis et la politique d’hygiène raciale nazie n’est que la suite d’une longue histoire lancée par &lt;strong&gt;Bell &lt;/strong&gt;et la science.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Brigitte Lemaine :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec le « handicap », il y a toujours eu ce côté : « &lt;em&gt;Laissez-le nous pour faire des expérimentations ! &lt;/em&gt;», mais avec les sourds c’est encore pire puisqu’il y a cette impossibilité de parler, de dire ce qui se passe. &lt;br /&gt;La politique d’hygiène raciale du &lt;strong&gt;troisième Reich &lt;/strong&gt;n’est que la suite d’une longue politique eugéniste commencée au début du XXème siècle aux Etats-Unis.&lt;br /&gt;Que l’on soit orphelin, sourd, handicapé ou jeune délinquant, c’est le même traitement (fréquence de l’arbitraire et de la maltraitance…), celui des institutions spécialisées et de la &lt;strong&gt;DASS &lt;/strong&gt;; c’est cette même population qui a été la cible première de l’eugénisme occidental et de l’hygiène raciale nazie…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yves Bernard :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb_yiESPQ8I/AAAAAAAAAHc/xqoc1d4I248/s1600-h/Gally-faculty-1867.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb_yiESPQ8I/AAAAAAAAAHc/xqoc1d4I248/s400/Gally-faculty-1867.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5026002376248476610" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;Alexander Graham Bell&lt;/strong&gt; représenta la tendance oraliste qui s’éleva aux États-Unis dans le dernier quart du XIXe siècle contre le mouvement identitaire silencieux et la méthode mixte du &lt;strong&gt;Gallaudet College&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Bell &lt;/strong&gt;prônait une période courte d’apprentissage des instruments fondamentaux (lecture et écriture) en Kindergarten Froebel, puis une intégration dans les écoles ordinaires, les enfants étant totalement isolés afin qu’aucun recours à la langue des signes ne soit possible. &lt;br /&gt;Les grands internats spécialisés devaient disparaître. &lt;br /&gt;La langue des signes devait être éradiquée. &lt;br /&gt;Les manifestations culturelles devaient être interdites et les journaux des associations silencieuses supprimés. &lt;br /&gt;Enfin, il organisa des réunions pour dissuader les sourds de se marier entre eux, craignant l’apparition d’une &lt;em&gt;variété sourde de la race humaine&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;Il soumit un projet de loi qui n’aboutit guère (1883). &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Bell &lt;/strong&gt;avait créé le &lt;em&gt;Volta Bureau&lt;/em&gt;, centre de recherche sur la surdité destiné à promouvoir la formation de logopèdes afin d’étendre la méthode orale aux États-Unis et d’endiguer la langue des signes. &lt;a href="http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-zlESPQ3I/AAAAAAAAAGU/eQKX3T6Nw8k/s1600-h/gally-studs-1859.jpg"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp0.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-zlESPQ3I/AAAAAAAAAGU/eQKX3T6Nw8k/s200/gally-studs-1859.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025933158555534194" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fort heureusement, il publia en 1898 « &lt;em&gt;Marriages of the deaf in America&lt;/em&gt;…», un recensement effectué par &lt;strong&gt;Fay&lt;/strong&gt;, vice-président du &lt;strong&gt;Gallaudet College&lt;/strong&gt;, qui démontrait les dérives des théories génétiques issues de &lt;strong&gt;Mendel&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Galton &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Spencer&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Lawrence Surtees :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-zB0SPQ2I/AAAAAAAAAGM/hQ2fDyBJXgA/s1600-h/Bell-Gallaudet.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp3.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-zB0SPQ2I/AAAAAAAAAGM/hQ2fDyBJXgA/s200/Bell-Gallaudet.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025932552965145442" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;Bell &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Gallaudet &lt;/strong&gt;défendaient avec une ferveur égale des techniques irréconciliables, à savoir respectivement l’oralisme et le langage gestuel. &lt;br /&gt;Chacun soutenait que c'était sa méthode qui convenait tout naturellement aux personnes atteintes de surdité. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Gallaudet&lt;/strong&gt;, comme son père &lt;strong&gt;Thomas Hopkins Gallaudet&lt;/strong&gt;, affirmait que le geste était la forme ultime de communication humaine, un don de Dieu qui pouvait remédier à la surdité. Il déclara à la commission britannique que la meilleure façon d’enseigner à des sourds était de les confier à des instituteurs eux-mêmes sourds qui utilisaient la langue des signes. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Bell&lt;/strong&gt;, à l’instar de son père et de son grand-père, avait la conviction que le propre de l’être humain était la parole. Dans une lettre dont il fit lecture à la commission, il avait dit à &lt;strong&gt;Edward Miner Gallaudet &lt;/strong&gt;que, même avec une prononciation imparfaite, la parole était d’une importance capitale pour les sourds. Confier leur éducation à des instituteurs souffrant du même handicap était néfaste parce que, à son avis, ils ne pouvaient pas enseigner l’articulation et perpétuaient donc la surdité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Yann Cantin :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les instituts, les sourds signeurs et les oralistes ont été séparés. Ils n’ont plus entretenu aucune relation. Leurs emplois du temps et heures de sortie ont été décalés pour éviter qu’ils ne se rencontrent et dans le but de couper les liens qui les unissaient. &lt;br /&gt;En 1886, les établissements scolaires sont devenus totalement oralistes. Les enfants ne savaient plus signer, ils oralisaient, ils suivaient le mouvement. &lt;br /&gt;Les sourds plus âgés ont alors cherché les moyens des les ramener vers leur communauté. Pour leur transmettre cette LS, ils sont allés les chercher à la fin des cours pour les réunir autour d’un verre. &lt;br /&gt;Mais c’était insuffisant, le lien entre les générations s’est petit à petit relâché. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Pierre Encrevé :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc il y a non seulement l’interdiction de l’usage mais même l’interdiction de la transmission. Il y a donc au fond la volonté d’éradiquer une langue naturelle. Langue naturelle que &lt;strong&gt;Montaigne &lt;/strong&gt;considérait comme la langue naturelle de toute l’humanité. &lt;br /&gt;C’est un événement extrêmement grave dont on ne prend absolument pas conscience. &lt;br /&gt;Et jusque Mai 68, la question n’est pas reposée. &lt;br /&gt;Après Mais 68, toutes les questions de libertés sociétales reviennent.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-5419434259124626272?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/5419434259124626272/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=5419434259124626272&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/5419434259124626272'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/5419434259124626272'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/01/aprs-milan-la-langue-ghetto-et.html' title='Après Milan, la Langue-ghetto et l’eugénisme'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_K05wR1UsOcI/Rb-ybkSPQ0I/AAAAAAAAAF8/cT6jVRlVoCc/s72-c/G-Bell.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-7433775810597020383</id><published>2007-01-29T20:41:00.000+01:00</published><updated>2007-01-29T21:02:55.281+01:00</updated><title type='text'>La reconnaissance officielle de la Langue des Signes ?</title><content type='html'>Reconnaissance officielle de notre langue des signes le 21 octobre 2003 (avant-projet de décret relatif à cette reconnaissance reconnu le 4 juillet 2003) ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A noter que la &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.ffsb.be"&gt;Fédération Francophone des Sourds de Belgique &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;(FFSB), en collaboration avec les Rotary Clubs de Liège (surtout grâce à &lt;strong&gt;Alain Klinkerberg&lt;/strong&gt;) et de Bruxelles-Est, a organisé, le 16 mars 2002 au château de Colonster à Liège, un colloque international intitulé &lt;br /&gt;" &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Parle-t-on sourd ? Quelle(s) langue(s) choisir pour l'éducation et la formation des sourds ? &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;". &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Alain Klinkerberg&lt;/strong&gt; m’a écrit : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Le colloque de Colonster a été l'élément déclencheur du processus d'établissement du décret. C'est au lendemain du colloque que les gouvernements régionaux et communautaires ont décidés de faire l'étude de faisabilité après que les Ministres Maréchal et Detienne se soient engagés le jour du colloque à légiférer dans un délai fixé la reconnaissance. &lt;br /&gt;Je crois que les diverses interventions du colloque ont presque obligé les Ministres dans ces engagements. De plus le colloque a montré l'unité francophone du mouvement car organisaient des Bruxellois et des Liégeois qui ont fait appel aux témoignages de personnes de toute la région francophone. &lt;br /&gt;Et pour finir, nous avons pu constater ce jour la sensibilisation des personnes entendantes aux problèmes des Sourds. Nombreuses personnes ont enfin compris ce jour-là la problématique de l'enseignement aux Sourds et l'importance de la Langue des Signes dans leur éducation. &lt;br /&gt;Je peux te dire que le lobbying a beaucoup fonctionné après le colloque notamment au niveau du Rotary (cela m'a été confirmé par les membres du Gouvernement ce mardi après le vote). &lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Bernard le Maire&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Source : &lt;a href="http://www.ffsb.be/forum/read.php?2,6086,6094#msg-6094"&gt;FFSB&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-7433775810597020383?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/7433775810597020383/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=7433775810597020383&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/7433775810597020383'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/7433775810597020383'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/01/la-reconnaissance-de-la-langue-des.html' title='La reconnaissance officielle de la Langue des Signes ?'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-1018449296794953395</id><published>2007-01-29T18:28:00.000+01:00</published><updated>2007-01-29T18:45:46.397+01:00</updated><title type='text'>Causes du congrès de Milan</title><content type='html'>&lt;u&gt;Epoque de l’Abbé de l’Epée (18è siècle)&lt;/u&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;strong&gt;La philosophie des Lumières&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;br /&gt;désignant le mouvement intellectuel qui s’est développé à cette période autour d’idées pré-démocratiques, telles que le renouvellement de l’éthique, de l’esthétique et sur un savoir fondé sur la « raison éclairée » de l’homme. &lt;br /&gt;Les inspirateurs de ce mouvement se voyaient comme une élite courageuse d’intellectuels œuvrant pour un progrès du monde, dépassant des siècles d’irrationalité, de superstition et de tyrannie passée. &lt;br /&gt;Source : Wikipedia. &lt;br /&gt;Les philosophes sont &lt;strong&gt;Diderot &lt;/strong&gt;(dictionnaire français), &lt;strong&gt;Rousseau &lt;/strong&gt;(ami de la vérité et aussi de la nature), &lt;strong&gt;Voltaire&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Montesquieu&lt;/strong&gt;, … &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela veut dire clairement que, sous &lt;strong&gt;de l’Epée&lt;/strong&gt;, tout le monde est très ouvert et curieux aux nouvelles découvertes dont par exemple notre belle langue des signes : donc la langue des signes était fort appréciée et avait beaucoup de succès à cette époque-là. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dr Paddy Ladd&lt;/strong&gt;, professeur (lui-même sourd) de la culture des sourds (= Deaf Studies) à Bristol (vous pouvez connaître ses écrits philosophiques dans Internet) : c’est lui qui a dit au 6è congrès international de l’histoire des sourds à Berlin que notre langue des signes est très proche de la nature alors que les langues orales sont considérées « artificielles » : hmmm … &lt;br /&gt;De plus, &lt;strong&gt;Dr Ladd &lt;/strong&gt;a créé le mot « &lt;em&gt;deafhood &lt;/em&gt;» (voir Internet). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;u&gt;Epoque du Congrès de Milan&lt;/u&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1)&lt;/strong&gt; &lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;strong&gt;Industrialisation &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;br /&gt;processus de fabrication moderne de produits manufacturés avec des techniques permettant une forte productivité du travail et qui regroupe les travailleurs dans un lieu clos avec des horaires fixes et une réglementation stricte. &lt;br /&gt;Source : Wikipedia. &lt;br /&gt;Aussi époque triste de l’émigration des paysans ruinés vers les villes, de la misère ouvrière … Les esprits sont beaucoup renfermés, structurés, rationnels contrairement à l’époque de la philosophie des lumières : le progrès technique apportera aux sourds, avec le début de l'appareillage, l'espoir de rejoindre en toutes choses le monde des entendants. L'industrialisation aussi va dans ce sens par son credo volontariste : le progrès technique apportera aux sourds, avec le début de l'appareillage, l'espoir de rejoindre en toutes choses le monde des entendants. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;2)&lt;/strong&gt; &lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;strong&gt;Contrôle du gouvernement&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;à partir de 1800 ,l'Etat subventionne les établissements pour sourds et y introduit des instances de contrôle. (&lt;a href="http://www.lesigne.net/article-3485924.html"&gt;http://www.lesigne.net/article-3485924.html&lt;/a&gt;) &lt;br /&gt;Vers le milieu du XIXè siècle, le nombre des écoles de sourds a grandi plus vite que celui des enseignants formés à la langue des signes. Les enseignants entendants ont toujours été majoritaires, mais l'éducation s'est trouvée de nouveau dominée par des gens n'ayant aucune attache avec la culture des sourds. Ces entendants n’ont pas le « courage » d’apprendre notre propre langue des signes considérée comme une langue étrangère pour eux …. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;3)&lt;/strong&gt; &lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;strong&gt;Médicalisation &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dr Itard&lt;/strong&gt;, premier médecin ORL à St Jacques à Paris, a fait des expériences aussi ridicules qu’inutiles (et surtout douloureuses !!) : il a essayé de faire entendre les sourds en vain mais il a fait casser plusieurs tympans des sourds. &lt;br /&gt;Sur le plan pédagogique, &lt;strong&gt;Itard &lt;/strong&gt;a un objectif précis : il faut, pour leur plus grand bien, faire parler les sourds à tout prix en stimulant leurs restes auditifs. Il crée des classes d'enseignement de la parole. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a aussi dit que l’apprentissage de la parole et son usage constitueraient un élément prophylactique essentiel pour la santé même de l’élève sourd, que la mauvaise respiration et l’inaction des poumons prédisposeraient aux phtisies pulmonaires. L’angoisse de la phtisie pulmonaire, fléau majeur en cette fin de siècle, s’accompagne d’un intérêt particulier pour le souffle et d’une grande attention pour la respiration. L’articulation exercerait une influence salutaire sur la santé des élèves en donnant « &lt;em&gt;de la souplesse et de la vigueur aux poumons &lt;/em&gt;». L’air sera donc aussi au centre des nouvelles préoccupations en matière d’éducation des enfants sourds. (&lt;a href="http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=STA&amp;ID_NUMPUBLIE=STA_058&amp;ID_ARTICLE=STA_058_0021"&gt;http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=STA&amp;ID_NUMPUBLIE=STA_058&amp;ID_ARTICLE=STA_058_0021&lt;/a&gt;) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Conclusion :&lt;/strong&gt; les sourds sont devenus des infirmes, des malades qu’il faut soigner, en bref des êtres inférieurs =&gt; les écoles des sourds ne seront plus contrôlés par le ministère de l’éducation mais par celui de la santé … &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;4)&lt;/strong&gt; &lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;strong&gt;Nationalisme &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;La poussée en faveur de l'instruction obligatoire pour tous, qui va aboutir à la loi de &lt;strong&gt;Jules Ferry&lt;/strong&gt;, appelle l'uniformisation des matériaux et méthodes d'éducation et l'étouffement des langues minoritaires comme le breton, le provençal … et donc la langue des signes !! Tout le monde doit parler en français pur en France = une sorte d'unification linguistique en France ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;5)&lt;/strong&gt; &lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;strong&gt;Eugénisme &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;C’était en 1883 que le terme de l'eugénisme est apparu : chacun devrait copier l'homme parfait donc le sourd doit prendre la peau de l'homme entendant, beau et intelligent etc ... Donc, le sourd devrait s'exprimer oralement comme un entendant &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;6)&lt;/strong&gt; &lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;strong&gt;L'oralisme pur&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;En 1880, toutes les écoles italiennes se sont déjà converties à l'oralisme pure depuis déjà longtemps (cad vers 1870) : l'italien abbé &lt;strong&gt;Balestra&lt;/strong&gt;, le défenseur le plus fanatique de l'oralisme pur, en est la principale cause et veut même "imposer" l'oralisme pur dans toute l'Europe : il est parvenu à toutes ses fins au congrès de Milan !! Ses mots préférés sont : "&lt;em&gt;Vive la parole ! Vive la parole !&lt;/em&gt;". &lt;br /&gt;Après cela, il est même allé prêcher l'oralisme pur en Argentine et y attrapa une maladie mortelle et y mourut, mais on le considère comme un fou (plus exactement une personne gravement deséquilibrée) ... &lt;br /&gt;En Italie (plus tard en Europe), on dit que "le sourd parle" mais en réalité, ce sont les malentendants qui sont désignés à répondre oralement aux questions des visiteurs émerveillés (bcp de politiciens ont visité les écoles des sourds italiens) tandis que les sourds profonds (= vrais sourds) sont mis en cachette au fond de l'école et vite oubliés ... On ne comprenait pas bien la différence entre un sourd profond et un malentendant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;u&gt;Notes supplémentaires&lt;/u&gt; : Comme directeur de l’école des sourds de Côme, Abbé &lt;strong&gt;Balestra &lt;/strong&gt;a réussi à imposer l’oralisme pur dèjà vers 1854 et a même convaincu le directeur de l’école des sourds de Milan, l’abbé &lt;strong&gt;Tarra &lt;/strong&gt;(déjà âgé de 70 ans) d’abandonner la langue des signes (que ce dernier aimait particulièrement avant) au profit de l’oral pur !! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suite : influence des écoles oralistes allemandes et la mauvaise organisation du Congrès = très mauvais système de votes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;http://www.ffsb.be/forum/read.php?2,10896,10928#msg-10928&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-1018449296794953395?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/1018449296794953395/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=1018449296794953395&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/1018449296794953395'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/1018449296794953395'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/01/causes-du-congrs-de-milan.html' title='Causes du congrès de Milan'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3532452389825625913.post-5170466345232624663</id><published>2007-01-29T17:13:00.000+01:00</published><updated>2007-01-29T18:02:39.431+01:00</updated><title type='text'>La voix au chapitre</title><content type='html'>Source : documentaire "&lt;strong&gt;La voix au chapitre&lt;/strong&gt;" diffusé dans &lt;a href="http://www.france5.fr/oeil-et-main/archives/24195747-fr.php?page=1"&gt;&lt;strong&gt;"l'oeil et la main"&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;[Texte posté sur le &lt;a href="http://www.ffsb.be/forum/read.php?1,10855,10919#msg-10919"&gt;forum de la FFSB&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici les interventions &lt;br /&gt;- du socio-linguiste &lt;strong&gt;Pierre Encrevé&lt;/strong&gt;, &lt;br /&gt;- de l'historien sourd &lt;strong&gt;Yann Cantin &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;- et du linguiste &lt;strong&gt;Christian Cuxac&lt;/strong&gt;, &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;Septembre 1880, un congrès international se tient à Milan sur l’éducation des sourds. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans son &lt;strong&gt;article I&lt;/strong&gt; : &lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Le Congrès déclare que la méthode orale doit être préférée à celle de la mimique pour l’éducation et l’instruction des sourds-muets.&lt;/em&gt; »&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pierre Encrevé&lt;/strong&gt; :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Vers 1760, l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée &lt;/strong&gt;avait créé la première école pour sourds. La première institution ou les sourds s’exprimaient en LS, apprenaient à développer cette LS et passaient à la compréhension du français écrit par la LS. Avec des professeurs eux-mêmes sourds s’exprimant en LS. La France était très en avance. C’est la première nation au monde qui a un enseignement de ce type. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;span style="font-size:150%;"&gt;Le père fondateur&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Yann Cantin&lt;/strong&gt; : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée &lt;/strong&gt;a créé une méthode d’enseignement basée sur des signes très proche de ce que l’on appelle aujourd’hui le français signé. Il les a appelé les signes méthodiques. &lt;br /&gt;Voilà ce qu’il a mis en place. &lt;br /&gt;Le vocabulaire utilisé, quant à lui, venait de la communauté sourde. Il se l’est approprié et l’a modifié dans le but d’enseigner. Il a créé une méthode. Il n’est pas à l’origine de la LS. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Christian Cuxac &lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;L’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt;, peut-être sans le savoir, fait cette formidable découverte que les sourds ont toujours communiqué entre eux par gestes. Il suffisait qu’ils se rencontrent. S’ils se rencontraient à plusieurs, ils fondaient, ils créaient, ils inventaient une micro-communauté pratiquant une langue visio-gestuelle. &lt;br /&gt;Son coup de génie sera d’institutionnaliser ça. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Yann Cantin &lt;/strong&gt;: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacob Rodrigues Pereire &lt;/strong&gt;n’était pas uniquement axé sur l’oral. Il utilisait la dactylologie comme support de la parole. Après le Congrès de Milan ce sera différent, il n’y en aura plus que pour l’oralisme. &lt;strong&gt;Pereire &lt;/strong&gt;a utilisé la dactylologie et l’oral comme outil. Il enseignait dans les milieux aisés car il se faisait payer cher. &lt;br /&gt;Au début de sa carrière, il choisissait de préférence des enfants sourds qui avaient déjà reçu l’instruction de moines sourds en LS. Les enfants arrivaient à bien parler grâce à leurs bases en français. &lt;br /&gt;En fin de carrière, lorsqu’il a enseigné à des sourds à qui l’on n’avait jamais rien appris en LS, les résultats sont restés mitigés. Alors qu’à ses débuts ils étaient manifestes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’esprit de la Révolution française et la philosophie de l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée &lt;/strong&gt;se rejoignaient. &lt;br /&gt;Pour commencer, l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée &lt;/strong&gt;dispensait un enseignement gratuit et ouvert à tours car l’Eglise s’inquiétait du sort de ces sourds qui n’avaient reçu aucune instruction religieuse et qui risquaient l’enfer après leur mort. Il fallait donc leur montrer la voie. &lt;br /&gt;La Révolution française y voyait un enseignement gratuit ; pour elle, c’est qui primait. Ca allait dans le sens des institutions publiques, de l’élargissement du droit de vote et de l’égalité grâce à cet enseignement public. &lt;br /&gt;Par ailleurs, les effets de la scolarisation se retrouvaient dans la diminution de la mendicité et une augmentation du niveau de vie, qui étaient l’objectif même de la Révolution française : l’égalité pour tous. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pierre Encrevé &lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La Révolution reconnaît l’apport de l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt;. En 1790, elle le décrète « &lt;em&gt;bienfaiteur de l’humanité &lt;/em&gt;» &lt;br /&gt;On peut dire qu’en 1789-1790 la Révolution française reconnaît totalement les droits linguistiques de l’homme. La liberté d’expression et de communication : parler et écrire librement comprend à la fois le droit d’écrire et de parler en breton, de lire les lois et décrets dans les différentes langues régionales, mais aussi le fait de pouvoir s’exprimer en LS. &lt;br /&gt;On peut dire que c’est un moment idéal pour les droits linguistiques. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Christian Cuxac &lt;/strong&gt;: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grâce à l’expérience de l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt;, se fonde une communauté nationale de sourds qui passe à plusieurs milliers de personnes. On n’est plus du tout dans les mêmes chiffres quantitatifs. Et sur le plan qualitatif aussi ; une énorme avancée grâce à l’expérience de l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt;. La LS, qui était une langue de la vie quotidienne, une langue des échanges quotidiens, devient une langue institutionnelle de transmission des différents savoirs. &lt;br /&gt;On va pouvoir faire des cours de géographie, d’histoire, de sciences naturelles en LS. &lt;br /&gt;Grâce à la LS, langue première, en travaillant sur le sens, on va permettre aux sourds d’accéder à leur autre langue, celle qui va leur permettre la socialisation avec le monde des entendants : la langue écrite. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;span style="font-size:150%;"&gt;L'âge d'or&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Yann Cantin &lt;/strong&gt;: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt;, les sourds étaient ouvriers, artisans, mendiants. Très peu sortait du lot. L’action de l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée &lt;/strong&gt;a permis aux sourds d’accéder à un meilleur niveau de français écrit, à des métiers mieux considérés, et donc à une vie meilleure. &lt;br /&gt;Le propos n’était pas à la reconnaissance identitaire, mais une vie respectueuse des préceptes religieux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Christian Cuxac &lt;/strong&gt;: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans son expérience l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée &lt;/strong&gt;invente un nouveau métier pour les sourds : professeur auprès des enfants sourds. &lt;br /&gt;Du vivant de l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt;, il n’y aura pas un professeur ayant ce titre auprès des enfants sourds. Mais dès la génération suivante, avec celui qui va prendre le relais de l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt;, l’abbé &lt;strong&gt;Sicard&lt;/strong&gt;, il y a sous la direction et dans l’établissement de &lt;strong&gt;Sicard &lt;/strong&gt;deux professeurs sourds : &lt;strong&gt;Jean Massieu &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Laurent Clerc&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Yann Cantin &lt;/strong&gt;: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le changement va mettre du temps à se propager dans la société. Mais pour les sourds, être capables d’écrire signifiait être à égalités avec les entendants, pouvoir faire son chemin et progresser. Ca été un déclencheur. &lt;br /&gt;Il existait bien quelques sourds lettrés auparavant, mais peu et ils passaient inaperçus. Par la suite il y en a eu beaucoup plus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pierre Encrevé &lt;/strong&gt;: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant un siècle la France est vraiment un modèle. Les droits linguistiques des sourds sont absolument respectés. Ceci est totalement exemplaire car au même moment en Allemagne se développe un enseignement inverse, qui est du côté de l’oralisme exclusif. &lt;br /&gt;C’est-à-dire qu’en France aussi, étant donné qu’il y a beaucoup de variétés dans la surdité, un certain nombre de sourds, en plus de la LS, accédaient plus ou moins selon leurs possibilités et leur volonté à l’oral. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Yann Cantin &lt;/strong&gt;: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme je l’ai expliqué, l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Pereire &lt;/strong&gt;étaient rivaux. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pereire &lt;/strong&gt;et son enseignement n’ont pas survécu à la Révolution. Son fils n’a pas repris le flambeau. Il faudra attendre l’intervention de ses petits-fils, entre 1825 et 1835, à la fin de la dernière monarchie. Alors que l’enseignement de l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée &lt;/strong&gt;avait ses fidèles partisans. Les petits-fils de &lt;strong&gt;Pereire &lt;/strong&gt;retrouvent ses écrits, entreprennent de redorer son blason et de promouvoir à nouveau ses idées et de les remettre au goût du jour. &lt;br /&gt;Ils étaient dans la finance et à l’origine des chemins de fer, ils brassaient énormément d’argent. C’est ce qui leur a permis de financer la création d’une école conçue comme un laboratoire de l’oralisme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Christian Cuxac &lt;/strong&gt;: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les institutions nationales, il faut être suffisamment compétents en LS. &lt;br /&gt;Qui est juge de la compétence des enseignants entendants en LS ? &lt;strong&gt;Ferdinand Berthier&lt;/strong&gt;, qui est souverain, qui regarde : « &lt;em&gt;Ah non, pas lui ! Lui, ça va…Lui à peu près… &lt;/em&gt;» Alors vous imaginez ! En plus &lt;strong&gt;Berthier &lt;/strong&gt;vient d’obtenir la légion d’honneur… Il commence à y avoir des jalousies très profondes entre les enseignants entendants et ces prestigieux enseignants sourds que sont &lt;strong&gt;Berthier &lt;/strong&gt;ou &lt;strong&gt;Péllisier&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Péllisier &lt;/strong&gt;qui est un autre enseignant, fait paraître des recueils de poèmes… et il est sourd. Alors que, souvent, les professeurs entendants eux restent anonymes… donc des jalousies. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Yann Cantin &lt;/strong&gt;: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre 1790 et 1820, la période est … disons plus axé sur l’enseignement et la place de l’écrit. Il y a une volonté de transmission, mais on n’est pas encore dans la revendication identitaire. &lt;br /&gt;La situation commence à se dégrader et c’est là que les sourds se constituent en association et se mettent en action. &lt;br /&gt;Nous sommes en 1823 et l’abbé &lt;strong&gt;Sicard &lt;/strong&gt;vient de décédé, et le nouveau directeur placé à la tête de Saint-Jacques impose l’usage de l’oral. &lt;br /&gt;Les professeurs sourds sont alors relégués au simple rang de répétiteurs et vont manifester leur profond désaccord. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Christian Cuxac &lt;/strong&gt;: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seulement à ce moment-là, dans les institutions nationales de jeunes sourds, il y a de vieux profs entendants qui signent bien et défendent la LS. Il y a &lt;strong&gt;Bebian&lt;/strong&gt;, un professeur entendant qui signe comme un sourd et va prendre fait et cause avec les sourds contre ces nouvelles mesures. Et puis bien sûr, il y a les professeurs sourds – et qui se posent là ! Ils sont quand même quelques-uns… et tous y vont de leur réfutation de ces nouvelles mesures. Et il y a une révolte des élèves. Les élèves se mettent en quelque sorte en grève. Vous imaginez, en 1830 ! Une grève d’élèves dans un institut spécialisé pour mettre un terme à cette volonté de minimiser progressivement la LS. &lt;br /&gt;Tout au long du XIXème siècle, il va y avoir des luttes comme celle-ci. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pierre Encrevé &lt;/strong&gt;: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’une manière générale, on peut dire qu’on est dans une phase, après la guerre de 1870… pour ce qui est de l’enseignement et l’éducation, la France va être fascinée par l’Allemagne. &lt;br /&gt;L’école obligatoire n’est pas du tout une notion française. Ce n’est pas la République, comme on dit souvent. C’est la mission de &lt;strong&gt;Bismark&lt;/strong&gt;, c’est la Prusse. On va s’aligner sur le modèle prussien pour l’école obligatoire, s’aligner sur le modèle prussien pour l’université. On va essayer de reconstruire l’université française sur le modèle prussien. De construire, parce qu’il n’y avait pas une vraie université française, au sens allemand. &lt;br /&gt;On va également s’aligner sur le modèle allemand pour l’éducation des sourds. &lt;br /&gt;A cause de l’annexion de l’Alsace-Lorraine, il y a un resserrement autour de l’unité française et donc de l’uniformité française, de l’unique langue française. Et un refus du droit à la différence : différence linguistique, et beaucoup d’autres… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;Les adeptes de l’oralisme pur organisent deux congrès, en 1878 et 1879, réunissant des spécialistes de l’éducation des Sourds. &lt;br /&gt;Ils espèrent un vote majoritaire qui influencerait les politiques nationales d’éducation.&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Yann Cantin &lt;/strong&gt;: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1878 à Paris et en 1879 à Lyon, les sourds ont eu la chance de pouvoir intervenir et de couper court au débat. Résultat, ils ont pu conserver la LS, en ajoutant un peu d’oralisme. Mais la langue des signes a été maintenue. &lt;br /&gt;A Paris, les sourds étaient nombreux, à Lyon aussi. A Paris ils étaient nombreux à Saint-Jacques. A Lyon, il y avait plusieurs instituts de sourds signeurs. &lt;br /&gt;C’est alors qu’il a été décidé d’organiser secrètement un congrès à Milan l’année suivante. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Christian Cuxac &lt;/strong&gt;: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce sont donc les petits-fils &lt;strong&gt;Pereire &lt;/strong&gt;qui ont financé la participation au congrès de Milan. Donc, voyage tous frais payés à condition que la personne dont ils financent le voyage et l’hébergement leur convienne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;span style="font-size:150%;"&gt;Le congrès de Milan&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Yann Cantin &lt;/strong&gt;: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi pas Berlin ? L’Allemagne à l’époque était championne de l’oralisme. &lt;br /&gt;Alors pourquoi l’Italie ? &lt;br /&gt;Eh bien, parce que la France et l’Allemagne sortaient de la guerre de 1870. La France vaincue avait perdu du territoire et si le congrès avait eu lieu en Allemagne, les Français auraient refusé d’y aller. Et en France la LS aurait pu perdurer. Si l’Italie a été choisie c’est à cause du lien fort qu’elle avait avec la France. En 1860, l’Italie avait accepté la remise de Nice et de la Savoie à la France. Leurs relation étaient meilleures qu’avec l’Allemagne. Les Italiens ont donc accueilli le congrès, et les Français ont accepté de s’y rendre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Christian Cuxac&lt;/strong&gt; : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce congrès qui va durer une semaine et s’ouvrir en septembre 1880 à Milan va réunir des spécialistes de l’éducation des sourds. &lt;br /&gt;Pour donner une idée de la représentativité internationale de chacun des pays participant au congrès de Milan ; pour la France environ 80 participants, pour l’Italie pas loin de 160… Chiffre total des participants : 260… 256 à quelques individus près. &lt;br /&gt;On voit tout de suite que la représentation du reste du monde, à part la France et l’Italie, est vraiment peu représentative. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Yann Cantin&lt;/strong&gt; : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une poignée d’extrémistes souhaitait la suppression totale de la langue des signes et l’oralisme sans partage. Ils avaient sélectionné quelques enfants sourds italiens qu’ils ont présentés à l’assemblée. Tous avaient une voix magnifique, preuve de la réussite de l’oralisme. En fait, ces enfants étaient devenus sourds depuis peu. Ils avaient conservé leur voix. L’assemblée a été conquise et a voté oui. Les 80% de Français et d’Italiens qui constituaient l’assemblée ont voté pour, et les Américains, les Anglais et les Suédois contre. &lt;br /&gt;Mais comme ils étaient minoritaires, le résultat a été celui qu’on sait. &lt;br /&gt;La langue des signes a donc été ouvertement et totalement bannie. Le congrès a opté pour l’oralisme à 100%. &lt;br /&gt;A partir de ce moment-là, les deux premières années passées dans un institut étaient consacrées à la « démutisation » de l’élève. Et ce n’est qu’ensuite qu’il apprenait à écrire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Christian Cuxac&lt;/strong&gt; : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a un sourd qui arrive malgré tout en payant à ses frais la participation au congrès. Il n’aura pas de chance, il n’y a pas d’interprète, et donc la plupart des débats lui passeront au-dessus de la tête. Peut-être même n’aura-t-il pas vu, n’aura-t-il pas compris l’événement qui était en train de se dérouler autour de lui faute de pouvoir communiquer en langue des signes. &lt;br /&gt;Le débat se clot en préconisant l’interdiction absolue d’utiliser la LS dans les établissements scolaires, et le congrès de Milan se clot sur le cri (quasi) unanime de : « &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Vive la parole !&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; » &lt;br /&gt;Les seuls réfractaires à ce qui était en train de se produire, ce coup monté – disons-le, c’était un coup monté ! – eh bien, ce sont les Américains qui avec leur tradition gestuelle ont très mal pris ce qui se déroulait à Milan… et sont partis avant la fin du congrès en claquant la porte. &lt;br /&gt;Ce qui va faire des Etats-Unis le seul pays à n’avoir pas suivi les recommandations prises à Milan. On comprend aussi pourquoi les Américains ont si durement réagi aux décisions du congrès de Milan. C’est aussi une période pour eux où on est pratiquement dans une situation inverse : d’ouverture des frontières, d’accueil d’un maximum de migrants… peu importe la langue pourvu qu’ils viennent. On s’arrangera toujours pour communiquer. Donc une situation de pragmatisme à outrance. Et aussi, peut-être le plus dur problème communautariste que les Américains ont eu à résoudre jusque-là, qui a été celui des Indiens est pratiquement résolu depuis quelques années… Donc par l’extinction ou le quasi-génocide de la population indienne. Ils ne sont plus du tout dans ces problèmes-là. Ils sont au contraire dans l’ouverture et une certaine générosité à l’égard de ce qui peut être différent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pierre Encrevé&lt;/strong&gt; : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suppose qu’une des raisons, c’est aussi le lien avec le colonialisme. &lt;br /&gt;La IIIème république est colonialiste et veut imposer un modèle de civilisation aux populations qui sont considérées, hélas !, comme inférieures. Donc il faut les élever à notre niveau. C’est aussi déni total du droit à la différence, un déni des droits de l’homme extrêmement grave. Mais en toute bonne conscience, la IIIème république pense qu’elle doit développer un modèle idéal de l’homme français, occidental. Et dans ce modèle idéal, il n’y a pas de place pour les sourds. Le sourd ne correspond pas au modèle idéal. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Yann Cantin&lt;/strong&gt; : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La période qui s’étend de 1870 à 1880 est assez terrible avec cette image de l’être humain de race blanche, supérieur. &lt;strong&gt;Darwin &lt;/strong&gt;était passé par là, aux alentours de 1840, avec sa théorie de l’évolution des espèces et de la sélection naturelle par l’adaptation des plus forts. &lt;br /&gt;Cette théorie a été reprise par son neveu, qui l’a appliquée aux groupes humains : les peuples les plus adaptés luttant pour leur survie tandis que les plus faibles disparaissent. &lt;br /&gt;Le tout est véhiculé par une Europe puissante qui construisait des usines et des bateaux à vapeur en comparaison d’une Afrique sous-developpée. &lt;br /&gt;A l’époque, cette idéologie instituait une hiérarchie des races et l’Européen à peau blanche se trouvait en haut de l’échelle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pierre Encrevé&lt;/strong&gt; : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette volonté est liée, dans toute cette époque, à ce que &lt;strong&gt;Michel Foucault &lt;/strong&gt;appelait la montée du contrôle social, ce qu’il appelle aussi le bio-politique. Le contrôle social du corps. Il y a un contrôle social général, mais le contrôle social du corps va être extrêmement fort. Lié à l’hygiénisme, au développement de la médecine et énormément de choses qui y sont associées. &lt;br /&gt;Et parler en gestes est ressenti comme un non-contrôle du corps. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Christian Cuxac&lt;/strong&gt; : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a ceux qui ont une sainte horreur des signes, car le signe c’est vulgaire, c’est grossier, alors que la parole est spirituelle… enfin bon, on voit tout ce discours auquel on était habitué. Déjà au XVIII ème siècle, contre l’abbé &lt;strong&gt;de L’Epée&lt;/strong&gt;, il y a eu des discours un peu similaires : « &lt;em&gt;L’élévation de la pensée, c’est par la parole car c’est abstrait. Les signes ça colle à la chose.&lt;/em&gt; » Vous avez ce curé qui dénonce les signes en disant : « &lt;em&gt;Le problème avec les signes, c’est la répétition. Les signes répètent l’action car c’est du langage d’action.&lt;/em&gt; » C’est comme ça qu’il appelle les signes. Il dit encore : « &lt;em&gt;Ils sont amenés à répéter l’action, donc à refaire. Imaginez un sourd venant au confessionnal pour se confesser d’une mauvaise action. Il est obligé de répéter cette mauvaise action. &lt;/em&gt;» On imagine ce qu’il a en tête. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;&lt;span style="font-size:150%;"&gt;Après le congrès de Milan&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Christian Cuxac&lt;/strong&gt; : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après Milan, il y aura des discours horribles sur les sourds, sur la communauté des sourds, que jamais personne n’aurait osé tenir avant. Car avant il y avait des profs sourds, parce qu’avant il y avait &lt;strong&gt;Berthier&lt;/strong&gt;. Parce qu’avant il y avait aussi des professeurs entendants qui défendaient l’idée que, pour les sourds, le mieux c’est quand même d’utiliser la LS. &lt;br /&gt;Le discours par exemple de &lt;strong&gt;Rognard&lt;/strong&gt;, qui est inspecteur de l’Education nationale – je ne sais plus s’il était inspecteur de l’Education nationale ou auprès du ministre de l’intérieur mais il est inspecteur – et il déteste la langue des signes, il déteste les sourds et il défend l’idée de créer des colonies agricoles où les sourds seront massés… un peu comme du bétail ou des sous-hommes… travaillant la terre pour nourrir l’extérieur, etc., dans un monde complètement clos et complètement fermé comme une espèce de goulag. Tout simplement parce qu’ils sont sourds. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Yann Cantin&lt;/strong&gt; : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les instituts, les sourds signeurs et les oralistes ont été séparés. Ils n’ont plus entretenu aucune relation. Leurs emplois du temps et heures de sortie ont été décalés pour éviter qu’ils ne se rencontrent et dans le but de couper les liens qui les unissaient. &lt;br /&gt;En 1886, les établissements scolaires sont devenus totalement oralistes. Les enfants ne savaient plus signer, ils oralisaient, ils suivaient le mouvement. &lt;br /&gt;Les sourds plus âgés ont alors cherché les moyens des les ramener vers leur communauté. Pour leur transmettre cette LS, ils sont allés les chercher à la fin des cours pour les réunir autour d’un verre. Mais c’était insuffisant, le lien entre les générations s’est petit à petit relâché. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pierre Encrevé&lt;/strong&gt; : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc il y a non seulement l’interdiction de l’usage mais même l’interdiction de la transmission. Il y a donc au fond la volonté d’éradiquer une langue naturelle. Langue naturelle que &lt;strong&gt;Montaigne &lt;/strong&gt;considérait comme la langue naturelle de toute l’humanité. &lt;br /&gt;C’est un événement extrêmement grave dont on ne prend absolument pas conscience. &lt;br /&gt;Et jusque Mai 68, la question n’est pas reposée. &lt;br /&gt;Après Mais 68, toutes les questions de libertés sociétales reviennent.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3532452389825625913-5170466345232624663?l=sentendre1880.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sentendre1880.blogspot.com/feeds/5170466345232624663/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3532452389825625913&amp;postID=5170466345232624663&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/5170466345232624663'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3532452389825625913/posts/default/5170466345232624663'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sentendre1880.blogspot.com/2007/01/la-voix-au-chapitre.html' title='La voix au chapitre'/><author><name>exoseth</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
